vendredi 20 juillet 2018

Stages d'émaux et autres aventures d'une potière

Si j'écris moins souvent sur le blog, c'est que je consacre tout mon temps libre à plein d'autres activités sympathiques.

Stages d'émaux avec Christine Bruckner.
En février, j'ai passé trois jours au musée de la poterie à Ger pour un stage d'émail mené par Christine Bruckner. Au cours du stage, nous avons fabriqué plus de 70 émaux et approfondi notre savoir à propos des composantes fondamentaux des émaux.

Je fabrique mes émaux à partir de matières premières et je fais de temps à autre des tests dans l'idée de trouver des nouvelles couleurs, mais je suis loin de maîtriser les subtilités de la création d'un émail. Le stage était très informatif : en plus des connaissances riches du maître, on profitait des questions posées par les autres et du fait qu'à plusieurs on peut réaliser beaucoup plus d'échantillons.
En mars et avril, j'y suis retournée pour la suite : une journée sur les shinos...

(avec de superbes résultats qui me donnent très envie de faire des cuissons à bois)

...et une journée sur les céladons. Ce sont des émaux à faire en réduction, donc pas possible dans mon four électrique actuel; mais je voulais y assister pour mon éducation personnelle. C'est fascinant de penser que des siècles avant l'électricité, certains potiers faisaient des cuissons très pointues avec des résultats raffinés réservés aux rois. Si moi, je m'inquiète des résultats sortant de mon four électrique, imaginez le stress des potiers chinois du 13e siècle.

Faute de temps, je n'ai poursuivi que trois émaux découverts lors du premier stage;  deux marchent bien et le troisième reste à perfectionner.

Le chocolat mat marche bien et le craquelé blanc est super pour l'extérieur des vases.
J'adore la couleur de l'émail à droite, mais j'aimerais éliminer les
trous d'épingle avant de le poser sur des pièces utilitaires.

Sorties près de Pontrieux
Il m'arrive encore de faire des choses non liées à la poterie (étonnant mais vrai) et Pontrieux nous offre une suite d'activités adaptées à nos envies. Cette année nous avons profité du club de badminton à Pontrieux et de l'association de jeu de société Grimoires à Pleudaniel: une activité pour le corps et une autre pour l'esprit. Et puis la dance Bretonne ! Grace à l'asso Plijadur an dans je me sens capable de rentrer dans le cercle aux Fest Noz. Avant d'arriver en Bretagne, je ne connaissais pas ces fêtes où un ou plusieurs groupes jouent de la musique Bretonne en live et les gens dansent en cercle ou en couple, selon la chanson. C'est vraiment génial car dans le cercle on voit des gens de tous les ages. De plus la musique est bonne, parfois avec des instruments, parfois en a cappella. J'ai même vu des chanteurs s'intégrer au cercle de danse : ils doivent avoir des poumons en acier !

J'en profite pour vous inviter au Fest Noz de Pontrieux le 28 juillet !

Avec l'été, c'est génial de sortir dans la nature avant ou après une journée dans l'atelier. Nous sommes allés en canoë de chez nous jusqu'au Leff (rivière qui rejoint le Trieux à 5 ou 6 kilomètres de Pontrieux) et j'ai enfin nagé dans la mer, pour la première fois depuis notre emménagement ! Merci I. pour ton conseil de plage et L. pour les sauts du rocher ! Je retournerai nager dans ces endroits idylliques.



Quelques mots sur l'atelier et la boutique 
Nous sommes très contents de notre première année à Pontrieux ! Je suis ravie des contacts que j'ai eu avec mes élèves et enchantée qu'ils aient envie de continuer en septembre. J'ai eu aussi deux stagiaires du lycée Savina à Tréguier qui étaient adorables : ils m'ont bien aidé avec diverses taches (émaillage, créations en terre papier, préparation du tournage...) et en échange ils ont pu découvrir le tournage, d'autres techniques de création, les joies du marché d'artisanat, etc. Une bonne ambiance règne parmi les artisans du coin... sur le marché de potiers à Belle Isle en Terre, sur d'autres petits marchés du coin, et dans Pontrieux (avec l'arrivée d'Eva Chevrier et ses bijoux en porcelaine, et d'Agnes Guillot avec son travail d'émail sur cuivre et ses dessins). Il y a vraiment un esprit d'accueil et de partage ici. 

Lucia de l'Atelier de la Luciole m'a donné un Totoro !!!
Elle a aussi mené une séance raku avec mes élèves - c'est à refaire l'année prochaine !

Côté boutique, ça tourne au niveau attendu - on ne roule pas sur l'or mais on peut acheter des produits frais/locaux toutes les semaines sur le marché - que demander de plus ? (J'ai mangé des kilos de fraises cette année. Merci S. de m'avoir fait découvrir la cueillette à la ferme Goazio !) Et au niveau personnel dans l'atelier, je suis contente de mes progrès en tant que potière. Je tourne plus fin et surtout un peu plus vite, avec le rythme imposé par la boutique. Je suis plus rodée dans les finitions et dans l'émaillage. Après l'été, j'espère avoir le temps d'écrire un billet sur le travail dans l'atelier : techniques, formes, émaillage... mais pour l'instant, il faut que j'aille tournasser les tasses expresso tournées hier sur la motte !

dimanche 21 janvier 2018

Inspirée par les élèves

Je me préparais à passer un hiver calme à Pontrieux, mais finalement non, nous sommes très occupés. Je voudrais remercier les élèves et clients qui font que les jours restent aussi dynamiques même en dehors de la période estivale ! J'étais ravie de faire des ventes aux alentours des fêtes, sachant que c'était surtout des gens du coin. Vraiment, ça fait plaisir et j'espère que ceux qui ont reçu ces cadeaux vont aimer les céramiques et s'en servir.

Depuis septembre j'ai le plaisir de donner régulièrement des cours. Les élèves, adultes et enfants, ont la liberté de choisir leurs projets, mais il y a des contraintes, définis par la matière et par les capacités de la personne. Parfois l'élève arrive avec des envies concrètes, parfois il/elle préfère suivre une suggestion. Une fois le projet défini, il y a souvent plusieurs façons de le réaliser et c'est intéressant de choisir ensemble les techniques à employer.

Voici quelques projets complétés et en cours :

On faisait des pots "pincés" dans la masse, 
et en pinçant le bol, il nous a chuchoté que
son destin était de devenir un éléphant.

J'aime beaucoup l'idée de mon élève d'attacher ses feuilles en céramique 
à une branche. Ça donne envie d'expérimenter des projets multimédia, n'est-ce pas ? 

Cette fille aux lunettes de natation est le fruit d'un
cadavre exquis. Au départ mon élève ne savait pas trop 
quoi faire,  alors nous avons joué et le dessin sorti du jeu 
est devenu le plan pour sa figurine.

L'élève avec la tête de licorne sur son t-shirt, par contre,
savait tout de suite ce qu'elle voulait faire.

Le lion pot-à-fleurs est trop beau.

Last but not least, je suis ravie d'avoir une élève qui vient
apprendre le tournage. Elle vient régulièrement : du coup
elle arrive déjà à faire des belles tasses avec 400g de grès ! 


L’enthousiasme des élèves est contagieux. J'ai naturellement tendance à faire des objets utilitaires, surtout tournés. Après un cours de tournage, j'ai encore plus envie de tourner. Après un cours de modelage je me demande si je devrais pas faire moi aussi des choses figuratives. Ces derniers temps j'ai pu satisfaire les deux envies à la fois, avec le châtophore et le poulpe. 

Le château était composé de trois tours et deux "toits" tournés. Le reste c'est du colombin. Pour le poulpe, seulement la tête était tournée. La tortue, par contre était moulée sur un saladier biscuité.

Il faut dire que les châteaux et les poulpes sont des choses que j'ai déjà faites par le passé et que j'avais le projet de refaire depuis un petit moment. Les tasses, les porte-savons, les bols et les autres petits objets occupant les étagères de la boutique créent un espace un peu trop uniforme et je voudrais y rajouter des pièces plus grandes et une touche de fantaisie.

Le dernier châtophore a été pris dès sa sortie du four. Du coup j'en ai commencé un autre cette semaine, en grès de Treigny. Pour l'instant il n'y a que des tours tournées :


Autrement, en ce moment je fais des essais de moulage à la plaque. Je me suis fabriqué un moule pour des plats à cake, tout simple, en grès de Treigny. En 2017 je m'étais fabriqué d'autres moules en grès biscuité pour des formes simples (assiettes et bols), ce que je trouve beaucoup plus rapide que la fabrication de moules en plâtre. Aujourd'hui il m'est venu à l'esprit de mettre trois bols biscuités (mes moules) à l'envers sur une planche et de poser une plaque par en dessus, ce qui donne ceci :

A voir si la forme tiendra à la cuisson, mais si oui,
ça pourra faire aussi un beau projet pour les cours.

Je vais également tester une technique que j'ai vue dans une vidéo du Ceramic Arts Daily, qui consiste à découper un trou dans du carton avant d'étaler une plaque par en dessus : on encourage ensuite la plaque à descendre dans le trou jusqu'à ce qu'elle prenne la forme d'un bol, un plat, etc. Je pourrai passer toute la journée à regarder des vidéos de ce genre. Ça donne presque envie de tomber malade afin de pouvoir lézarder au lit avec un mug de tisane citron-thym-miel et les potiers sur youtube. Mais non, je suis en forme et il y a de quoi faire dans l'atelier ! Tout va bien :)




samedi 11 novembre 2017

Ça caille à l'étage

Le trou d'aération sur mon nouveau four est dans le couvercle. Par le passé, j'utilisais des fours avec le(s) trou(s) d'aération sur le côté ou dans le sol, avec ou sans plaque glissante permettant de fermer le trou. Je connais aussi quelqu'un qui n'a pas de trou dans son four électrique. Je ne vois pas pourquoi les fabricants ne rajoutent pas systématiquement le trou et un système de fermeture pour ce trou, car il me semble nécessaire d'évacuer les gazes lors de la cuisson biscuit (donc, mieux avec un trou) ainsi que de refermer ce trou quand on fait des cuissons d'émail afin d'avoir des températures plus ou moins similaires à tous les étages du four.

En changeant de four, je m'étais dit que je verrais peut être des différences dans mes émaux. Effectivement, j'ai eu deux problèmes. Dès fois mon bleu, composé d'une couche de rouge de fer et une couche de nacré (titane), faisait des trous d'épingle.








Et mon émail blanc avait parfois l'air sous-cuit.

Il était rugueux et parfois faisait même des grosses bulles, surtout là où l'émail était épais...


...ou alors l'émail se retirait par endroits.












J'ai décidé de ne plus mettre les pièces émaillées en blanc sur l'étage supérieur du four. J'ai recuit les pièces en les mettant sur un étage plus bas du four et l'émail s'est étalé correctement. Hourrah pour la recuisson !

Il y a un mois, ne sachant pas quoi mettre sur l'étage maudit du four, j'y ai placé les mugs bleus aux trous d'épingles pour une deuxième cuisson, sans trop y croire. Ça a très bien marché, plus de trous... mais le bord des mugs est devenu jaune. Ça me rappelle des tests d'émaux que j'avais fait en 2016 avec fer+titane où, au lieu d'obtenir du bleu, j'ai eu du brun, du jaune, et du violet... à peu près tous les tons qu'on voit sur mes mugs recuites.











Je pense que le bleu est plus impacté par l'application de l'émail que par les différences de température dans mon four. J'ai lu quelque part que les trous d'épingle peuvent être un problème quand on applique une deuxième couche d'émail avant le séchage de la première couche. Depuis deux cuissons, j'applique ma première couche et ensuite j'attends 24h avant d'appliquer la deuxième. Pour l'instant, ça marche.


Depuis mes deux dernières cuissons, j'ai aussi une nouvelle démarche qui me permet de charger le four entier sans problèmes de température :
- Je remplis le four jusqu'à l'avant-dernière étage avec des pièces émaillées (biscuitées).
- Sur l'étage supérieure, je fais cuire en mono-cuisson des pièces en porcelaine-papier.
- Je lance le four (électrique) en heures creuses, avec le trou ouvert pour que les gazes des pièces en mono-cuisson sortent.
- Je dors un peu.
- Le four me réveille au milieu de la nuit. Je traverse la courette sous les étoiles pour boucher le trou avec un morceau de fibre couvert d'un morceau de plaque.
- Je finis ma nuit. Au réveille, je bois mon café dans ma tasse de G. Heizmann achetée cet été à Tréguier.
- J'attends (toute excitée) le jour suivant pour ouvrir le four et voir si les porcelaines ont pété et si mon bleu est comme je le veux.

En ce qui concerne la porcelaine-papier, c'est une technique que j'avais laissée de côté le temps d'ouvrir la boutique et d'organiser ma production. (Plus d'infos sur cette technique dans ce billet de 2016.) En octobre j'avais enfin le temps de faire une barbotine de porcelaine-papier et avec deux autres potières du coin nous avons fait quelques pièces. Pour l'instant je n'en ai cuit que quelques unes, mais je suis assez contente des résultats de ces porcelaines cuites à l'étage froid du four !





vendredi 8 septembre 2017

Plaque et autres plaisirs

En ouvrant La Revue de la Céramique et du Verre, j'ai retrouvé avec plaisir la BD d'Otto Lindner. Comme à son habitude, il nous livre une vitrine sur la vie du potier, et elle reflète parfaitement notre été.

Cliquez pour mieux lire le texte.

Comme dit l'auteur, c'est grâce aux visiteurs (touristes et locaux) que nous pouvons vivre ici, et je les remercie vivement.

Ces derniers temps dans l'atelier, j'ai des sentiments d'obligation et de liberté à la fois. D'un côté, il y a la contrainte de faire les objets que les clients aiment le plus. De l'autre, il y a la liberté de tester de nouvelles formes.

Pour l'instant je ne suis pas lasse de la création des tirelires, porte-éponges, tasses, et autres formes vendeuses. Leur création reste intéressante parce que je peux toujours améliorer la finesse, l'émaillage, ou la rapidité de production.

Avant d'ouvrir la boutique à Pontrieux, à la pépinière à Ger, je faisais déjà beaucoup de tests, mais surtout dans l'optique de faire des séries, donc tests de tasses, bols, ou autres formes suivis de tests d'émaux.

Ici c'est différent, car ayant déjà quelques valeurs sûres, je peux faire des pièces uniques, comme un petit plat en forme de bateau avec des cuillères pour rammes, ou comme des mini-animaux (poulpes, cochons, giraffes) ...ou comme les coquillages faits à partir de vrais coquillages que j'ai trouvé, euhm, dans la forêt. (Les restes d'un festin d'elfes peut-être ?)





Et même si le tour reste mon outil de travail préféré, je travaille de plus en plus à la plaque.  Mes vases à la plaque plaisent au public, donc je continue à en faire. Chaque vase est unique car la forme et les reliefs dépendent de mon humeur du jour... ou, plus précisément, ça dépend de l'humeur de la plaque.



Cliquez ici pour lire en plus grand

C'est également le cas pour les plats que je fais d'après la rubrique "moule en écharpe" dans Le Livre du Céramiste.

En gros, on suspend un tissu entre des supports (par exemple, les jambes d'un tabouret) et on pose sa plaque dessus. Ensuite, on est libre de travailler la forme de la plaque qui est bien soutenue par le tissu. En ajoutant d'autres tissus ou du papier, on peut modifier la forme de la plaque. Je commence à faire des plats à fruits avec cette technique et là encore c'est la plaque qui me guide, qui détermine les courbes finales.


Tandis que j'ai l'impression de réussir mes vases à la plaque, je dois encore peaufiner la cuisson des plats à fruits. J'adore la phase de création, mais à la cuisson à 1265°, les plats ont tendance à s'aplatir - mince !

Mon plan est de me fabriquer des supports coniques que je mettrai en dessous du plat à la cuisson. Encore faut-il que je fabrique ces supports et le plat qui va avec ; pour l'instant, je suis occupée à faire des porte éponges et un nouveau vase à la plaque !




vendredi 21 juillet 2017

Stage avec Dany Jung

Vendredi dernier, je suis revenue de Ger en faisant très attention dans les virages : je voulais éviter d'abimer ma sculpture qui reposait dans un carton côté passager.

Je n'ai pas l'habitude de faire des sculptures et je considère que c'est un sujet où il me reste des choses à apprendre. Du coup j'étais attirée par le stage de Dany Jung, organisé par Terres d'Echange, dont le sujet était la composition à partir des pièces tournées. Surtout que j'ai déjà tenté de créer des choses, notamment des châteaux ou des poulpes, de cette façon. A chaque fois, j'ai eu des problèmes d'assemblage ou de séchage et je me disais que ce stage pourrait m'aider.

En plus, dès qu'on voit le travail de Dany Jung, on a forcément envie de suivre son stage !

Oeuvre de Dany Jung. Retrouvez celle-ci et d'autres ici

Nous étions sept à faire le stage. Le premier jour, nous avons fait des croquis sur papier et ensuite des petits models 3-D afin de décider d'un projet de création.

Mon chat, premier modèle
Nous avions la possibilité de choisir notre sujet, mais certains sujets étaient critiquées comme non-sculpturales ou kitsches.


Chat, deuxième modèle

Certains participants au stage prennaient ces critiques pour un refus de l'objet choisi tandis ce que j'interprétais ceci comme une critique sur l'attitude du sujet ou sur l'utilisation de l'objet ("une lampe n'est pas une sculpture")

Chat, modèle avec idée de décors

C'est le genre de commentaire que tu ne risques pas d'entendre tout seul dans ton atelier, et je trouve que c'est l'un des intérêts d'un stage.




Les croquis et modèles permettent également une réflexion sur la composition finale de la sculpture : sera-t-elle posée directement sur une table ou fixée à un socle ?
Dany nous a fait remarquer que les lignes importantes d'une sculpture peuvent continuer dans le socle.
Projet de M-C.P. J'ai hâte de voir si je retrouve
 ses figures sur le prochain marché de potiers !

X.R. avec son projet ambitieux !

A la fin de la journée, tout le monde avait des projets 3-D plein d'esprit.

Le deuxième jour, nous avons tourné les morceaux nécessaires à nos sculptures. En gros, si on fait un être avec une tête, un ventre, deux bras, et deux jambes, il faut tourner autant de cylindres. Potentiellement la tête et le ventre seraient des boules ou des demi-sphères. Le plus compliqué pour moi c'était de décider des proportions. Pour d'autres, le plus difficile était de tourner des objets suffisamment épais, car les potiers habitués au tournage utilitaire essaient en général de tourner le plus fin possible. Pour la composition d'une sculpture, c'est important de prévoir des épaisseurs qui permettent la déformation de l'objet et qui peuvent porter le poids des autres éléments lors du collage.

Les objets tournés pour le projet de sculpture de femme de V.L.

Quand les pièces tournées étaient consistance cuir, nous avons commencé nos assemblages.

En cours : la sculpture de femme de V.L.

En cours :  l'ours de K.M.

Pour éviter les problèmes d'assemblage, il faut juste être prévoyant. L'astuce c'est d'avoir les choses suivantes à portée de main : un vaporisateur (vulgairement appelé le "pschitt-pschitt"), des gros pans de plastique, des mousses (chutes de matelas), et de la terre molle. Au cours de la construction de la sculpture, on la ré-humidifie, on la soutient avec des cales, et à la fin de la journée on fait attention à ce que tout soit bien emballé sous plastique.

Même en calant les différents morceaux de la sculpture, j'ai eu du mal à garder ma sculpture en équilibre. Pour gérer ce problème et les problèmes d'enfournement ou risque de casse, Dany nous a conseillé de faire nos sculptures en plusieurs morceaux qui seraient collés après cuisson. Ainsi ma sculpture est composée de trois morceaux : le corps du chat, la queue, et le socle. Si mon socle s'avère être trop léger après cuisson, Dany m'a conseillé d'y faire couler du ciment. Tout ça c'est logique, mais ne vient pas naturellement quand on à l'habitude de faire des pièces utilitaires : les anses doivent tenir sans colle.

5 jours de stage, ça passe très vite. Certains ont réussi à finir leurs oeuvres.

Eléphant de C-M.F

Arrosoir avec nuage de P.J. et Femme de X.R. 

D'autres, dont moi-même, ont décidé de finir leurs pièces chez eux. Rentrée à Pontrieux j'ai découvert que A. a vendu pas mal de pièces à la boutique et j'ai du tout de suite vider le four, faire de l'émail, et émailler des pièces. Le four en route, je me suis remise à la production... Tout ça pour dire que mon chat (chat en terre, non en chair !) reste emballé dans son plastique, mais je compte m'y remettre aujourd'hui !

Miaou



dimanche 9 juillet 2017

Poterie à Pontrieux

Dès fois, en faisant mon yoga du matin dans la cour, je ferme les yeux très fort pour ensuite les réouvrir. C'est un test : ma vie ici est-elle un rêve ? Mais je suis vraiment là, dans une jolie courette au bord du Trieux en train de respirer l'air frais du matin. Parfois le parfum des fleurs est mélangé aux odeurs agréables du pain ou des oignons caramélisés, selon si le vent passe devant la crêperie ou la boulangerie.
Notre rythme de vie est devenu très agréable depuis l'ouverture de la boutique ici à Pontrieux. Petite sortie dans la courette avant l'ouverture de la boutique. Modelage de tortues avec le café. Tournage ou modelage toute la journée, avec des pauses marquées par l'arrivée des gens dans la boutique. C'est l'opportunité de causer poterie, en leur expliquant ce que j'utilise comme terre, à quelle température ça cuit, comment appliquer l'émail...
Je ne sais pas de tout si cette vie est possible à long terme, car il est trop tôt pour dire si l'atelier sera un succès au niveau des ventes et des cours. Après un mois d'ouverture, tout ce que je peux dire c'est que je suis ravie des cours avec mes premières élèves et que je vends beaucoup de tortues. Du coup j'en ai fait plein. Sorties du four, il y en avait dans tous les coins de la boutique ; les visiteurs commençaient à dire quasi systématiquement, "Oh, la tortue doit être votre animal fetish/totem/préféré." Mais il m'est arrivée aussi qu'une dame me dise, "ma belle-soeur adore les tortues - je vais vous en prendre 5." Je continue à en faire.

 Un poulpe s'est mélangé aux tortues

Si en général je vends soliflores, tasses, et tortues, il est arrivée aussi qu'on m'achète des objets un peu moins communs (à mes yeux), comme mon vase en spiral. Ca m'a poussé à créer de nouveaux vases à la plaque.

Vases avant cuisson

D'habitude, je fais deux plaques sur le tour afin de créer une belle spirale, mais cette fois j'avais envie de faire un vase à partir de plaques roulées. En fin de compte, la construction du vase était beaucoup plus difficile, peut-être parce que mes plaques étaient encores trop molles quand j'ai commencé mon assemblage. Malgrès ces problèmes, je suis contente du résultat et je vais en refaire comme çà. Reste à savoir comment je vais les émailler. Le grès rouge de Bourgogne utilisé pour deux de ces vases est couleur bordeaux après cuisson, me donnant envie de laisser la terre partiellement apparente.
Sinon, je commence à faire plus de tournage à la motte. C'est vraiment pratique pour la fabrication des soliflores et même pour les tirelires, car je ne suis plus obligée de faire un bélier pour chaque objet. Avant je ne me sentais pas à l'aise avec cette technique, mais depuis la création d'une tonne de pions à la motte pour les jeux de A., je m'y mets plus facilement.

Jeu de Hnefatafl (Jeu de stratégie inventé par les vikings)

En théorie je ferme à 18h30 mais souvent je reste plus tard dans l'atelier. Cela dit, avec les longues (c.a.d. glorieuses) journées d'été, nous réussissons quand même à sortir le soir. Une ou deux fois par semaine il y a le badminton avec le club du coin et les autres jours nous continuons à découvrir les environs de Pontrieux en vélo ou à pied. Ici on peut facilement se promener au bord de l'eau, dans la forêt, ou entre des champs de blé dorés longés de coquelicots.

La semaine prochaine je retourne à Ger pour le stage de Dany Jung au Musée de la Poterie.

Oeuvre de Dany Jung - impressionnant !

J'ai hâte d'y retrouver des amis et je suis ravie de faire le stage sur la création d'objets à partir de formes tournées ! J'espère avoir le temps de raconter tout ça sur le blog. C'est difficile de se mettre à écrire quand le chant sirène de l'été enchanteur entre si facilement par la fenêtre ouverte.

lundi 29 mai 2017

L'Atelier Khnoum est ouvert à Pontrieux !

Ça y est, samedi nous avons fait portes ouvertes et un pot le soir pour fêter l'inauguration de la boutique. Je suis vraiment touchée par l'accueil des personnes que nous avons rencontrées pendant nos premiers mois à Pontrieux ; ils étaient nombreux à venir nous voir ce weekend et à nous souhaiter du succès. Mes adorables voisin(e)s du café Au bon goûter 1900, de la charcuterie Mazet, et de Cristal de Roche m'ont donné des fleurs superbes !



La dernière fois que j'ai écrit un billet sur le blog, nous n'avions pas encore de plancher dans la cuisine, l'atelier était orange, il n'y avait pas de bois pour les meubles, et je n'avais pas de four. Tout a changé depuis !

La boutique avant


La boutique maintenant


L'atelier avant


L'atelier maintenant


Ça nous a pris deux mois et c'était sportif avec la peinture, le démantèlement des palettes, et la construction des meubles avec les susdites palettes...



... et des caisses à vin



J'avais déjà des caisses à vin, et heureusement car il s'avère que maintenant on ne peut en récupérer dans les magasins qu'au moment des foires à vin. Concernant les palettes, la plupart des grandes entreprises les recyclent, mais nous avons quand même réussi (merci au Point Vert de Pontrieux !) à en trouver pour ensuite les démonter, poncer, et vernir. Ensuite A. a construit les meubles selon les plans que j'avais dessinés... après quelques modifications, car à l'origine mon design était "contraire aux lois de la physique."

J'essaie d'avoir un esprit pratique ; il devrait être facile pour une potière d'être terre à terre ! Mais j'ai remarqué au cours de la rénovation que je ne comprend pas intuitivement la construction des choses ou le fonctionnement des machines, surtout comparé à A. qui comprend ce genre de chose sans un effort d'analyse. Est-ce une question de nos cerveaux ? de notre éducation ? (J'avais des legos mais c'est vrai que je préférais me déguiser, dessiner, ou courir dehors dans tous les sens.) Aussi, avant de démarrer un projet, A. va chercher des infos sur internet, source incroyable de vidéos expliquant toutes sortes de rénovations/créations, tandis que moi, j'ai plus tendance à essayer un truc, me rendre compte que ça marche pas, et ensuite chercher une solution. Ma façon de faire a ses défauts et j'essaie de m'inspirer de sa façon de faire. Surtout qu'il nous reste encore des rénovations à faire dans le reste de la maison !

Mais avant d'attaquer tout ça, il faut que je tourne quelques pots ! Déjà ce weekend les visiteurs à Pontrieux ont commencé à prendre mes plus belles pièces et je me rends compte que je vais devoir bien travailler pour alimenter le stock de la boutique ! Le nouveau four est branché, il reste juste à le remplir. J'ai hâte de voir mes émaux à l'issue de la première cuisson : chaque four est un peu différent. Aussi, P.B le peintre de Esquisse et Lavis m'a raconté que dans le temps un autre potier a Pontrieux a eu des changements de couleurs en s'installant ici ; l'eau était plus calcaire que celle de son précédant atelier dans le sud de la Bretagne. On verra si mes couleurs restent pareilles quand j'aurais préparé de l'émail avec l'eau du Trieux. Je vous tiendrai au courant sur le blog, ou vous verrez peut-être vous même en passant me voir à Pontrieux :)