mardi 25 juin 2019

Terre, Air, Eau, Feu

Cette année mes élèves ont travaillé sur le thème des quatres éléments. Nous nous sommes ensuite réunis autour d'un goûter pour admirer nos oeuvres.


Je suis vraiment ravie des résultats de ce projet. Quasiment tous mes élèves réguliers, enfants et adultes, ont joué le jeu, ce qui n'est pas évident quand on a un thème à respecter. Tout le monde a bien réfléchi et leurs idées étaient très diverses. Et en conséquence, chacun a pu faire appel à des techniques, des formes, et des coloris différents.

D. me disait qu'il trouve qu'un tel projet permet de sortir de sa zone de confort, de s'essayer à des techniques qu'on n'aurait pas utilisé autrement. C'est exactement le sentiment que j'ai eu à Ger quand j'ai du choisir un projet pour l'Expo poisson d'avril. Je voulais lancer un thème à l'atelier cette année pour permettre à tout le monde de faire l'expérience d'une contrainte qui, étrangement, augmente la créativité... et c'est une bonne opportunité de se réunir autour de gâteaux à la fin de la saison des cours !

Le projet m'a motivé à faire un peu de modelage, avec une sculpture par élément représentant la potière dans tous ses états : au tour, au four, se débarrassant de l'odeur de la fumée, et sur son tapis volant. Bon, pour l'instant j'ai une Opel, mais on peut toujours rêver....


Je me suis amusée à utiliser tous les grès de l'atelier : Grès rouge de Bourgogne, Grès de Treigny, Grès de Saint Amand, et Grès Blanc. Comme je n'avais pas énormément de temps à consacrer au projet, j'ai sculpté plus vite que jamais auparavant et j'étais ravie de voir que tout avait bien tenu à la cuisson, malgré un séchage rapide et des épaisseurs un peu variables.

Et maintenant nous voilà partis pour un nouveau projet, car mes élèves sont intéressés par le concours Embouteillage proposé par le Musée de la Poterie à Ger. Ils sont nombreux à avoir déjà développé une idée et on va se rejoindre en été pour travailler le projet. J'ai à nouveau hâte de voir la matérialisation de leurs imaginations !

mardi 28 mai 2019

Minigamas avec Xiaolin


Je suis récemment revenue d'une expérience extraordinaire : un stage avec Xiaolin, céramiste chinois spécialisé dans la création de minigama, organisé par l'association Terres d'Echange.

"Gama" veut dire "four" en japonais, et ainsi un "minigama" est un mini-four. Au début du stage, Xiaolin nous a montré des exemples de four (cf. à gauche) et il a expliqué leur fabrication. Ensuite il nous a guidé dans la création de nos fours.

L'intérieur du four doit, évidement, respecter certains critères afin de réaliser des cuissons haute température, mais on est libre de sculpter l'extérieur comme on veut. Nous étions nombreux à adopter l'idée d'un animal qui crache le feu.

Ici on voit le plan du four. En soulevant le couvercle visible sur la droite, on charge le four avec le combustible. Une grille l'empêche de tomber jusqu'au sol du four et pendant la cuisson les cendres tombent en dessous. En bas à droite, un trou permet le passage d'air et l'évacuation des cendres.



L'air monte par la grille et la flamme passe par des trous vers la gauche pour entrer dans la ou les chambres où sont enfournées les pièces, pour ensuite sortir par la cheminée. Avec plusieurs chambres, on obtient différents effets de cuisson : plus les pièces sont rapprochées du combustible, plus elles recevront des cendres fendues (un émail naturel).

En regardant les fours de Xiaolin avant le stage, j'ai vu que la posture des animaux étaient souvent similaires à celle du sphinx. En regardant des images du sphinx égyptien, perse, ou phénicien, il m'est venu à l'esprit que ça serait sympa de faire hommage à Khnoum, l'éponyme de mon atelier. Khnoum est souvent représenté debout : un homme avec une tête de bélier. Mais on trouve également des statues du dieu en forme de bélier, et j'y ai trouvé mon inspiration.




C'était un challenge de modeler une forme aussi grande en 4 jours. J'ai essayé de privilégier la fonctionnalité du four. Le résultat c'est que je crois avoir assez bien fait les joints entre mes colombins et je pense que le plan du four (pour le chargement, passage de la flamme, etc.) a été respecté. Mais la tête de mon bélier est un peu disproportionnée par rapport à son corps et je n'ai pas vraiment fait de décors à part sur les cornes. Si la tête est trop grande, c'est parce que je veux y charger un maximum de pièces !!


Xiaolin était vraiment génial. Il nous a clairement expliqué chaque étape, et il apparaissait toujours pile au moment où l'on avait besoin de lui.

Je n'ai malheureusement pas de photo de nos superbes repas de midi. A chaque fois qu'on participe à ces stages de Terres d'Échange, on mange ensemble à la bonne franquette, dehors au soleil si possible. Pendant ces stages et pendant le repas, Terres d'Echange est toujours fidèle à son nom, d'autant plus cette fois, avec Xiaolin qui passait sa première semaine en France et rencontrait une multitude de fromages et de terrines !

J'ai adoré ce stage.   


jeudi 2 mai 2019

J'ai eu du bol

Je fais mes cuissons la nuit pour profiter des heures creuses. Quand je me lève, j'ai l'habitude d'aller voir la température du four, sachant qu'il reste un jour de refroidissement. 

Lors de ma dernière cuisson émail, au matin, j'ai trouvé le four penché et il était encore à 900°. Deux roulettes du socle du four ont lâché et le four se serait peut-être couché sans le mur à côté duquel il était placé.



J'ai eu un coup d'angoisse, mais le four s'est refroidi sans problème. Premier ouf.

Je craignais toutefois que le four soit très abimé dans le cas où les pièces se seraient collées aux parois ou aux résistances du four.

A l'ouverture, les plaques d'enfournement avaient glissé mais je n'ai eu que deux pièces qui se sont collées aux briques du four. Une troisième pièce était abimée par une des quilles d'enfournement penchées. 


Ni les résistances ni la sonde ne semblaient être touchés. Quelques briques étaient abîmées, mais c'est tout. Deuxième ouf.


Aucune pièce d'élève n'a été abîmée. Troisième ouf.

Avec A (qui arrive à soulever le four !) nous avons enlevé les roues. Le four est maintenant posé directement sur les pieds du socle. Je l'ai remis en route pour une cuisson biscuit le jour d'après. Pas de problème. Et ce matin j'ai ouvert le four après une cuisson émail : tout s'est bien passé.

Je me dis que c'était un exercice de tournage : il me fallait rester centrée en attendant le refroidissement plutôt que de perdre la tête. Soit le four était abimé soit il ne l'était pas et je ne pouvais qu'attendre pour savoir.

Je suis soulagée de ne pas avoir un four hors-service avec les frais et délais associés !

Résultat final : suite à un peu de meulage, l'assiette qui s'est collée à la paroi du four a rejoint la famille de nos poteries dépareillées dans la cuisine.


mardi 23 avril 2019

Qu'adviendra-t-il du bordeau et du blanc ?

Depuis notre arrivée dans les Côtes d'Armor, j'ai du mal à écrire sur le blog. J'avais une phase Instagram pendant laquelle je partagais des photos, mais depuis septembre j'ai du mal à partager quoi que ce soit sur internet. Avec le printemps, je me dis qu'il est temps de reprendre le blog, mais avec des billets plus courts afin de donner un aperçu de la vie à l'atelier.

Cette semaine à l'atelier...

... Deux élèves ont testé l'African Stone de Solargil. Cette terre est rouge, presque bordeau quand elle est crue mais devient noire à la cuisson.  Mes élèves ont tourné de jolies boîtes.


Leur enthousiasme pour la couleur et la texture (finement chamottée) de l'African Stone m'a donné envie de finir le pain de terre. Il en a résulté une série de tasses et bols...


...quelques vases...


...et des tuiles test.


Je vais poser différents émaux sur ces tuiles afin de voir si le rendu diffère de ce que l'on obtient lorsque les mêmes couleurs sont posées sur un grès blanc ou beige. Normalement les couleurs devraient être beaucoup plus foncées voir dominées par la terre noire. Certaines tuiles ont une couche d'engobe blanc afin de tester la pose d'émaux clairs.

L'objectif final est d'émailler l'intérieur de ma série de bols en vert clair, tout en laissant la jolie African stone apparente à l'extérieur. J'ai déjà hâte de lancer les cuissons !

vendredi 20 juillet 2018

Stages d'émaux et autres aventures d'une potière

Si j'écris moins souvent sur le blog, c'est que je consacre tout mon temps libre à plein d'autres activités sympathiques.

Stages d'émaux avec Christine Bruckner.
En février, j'ai passé trois jours au musée de la poterie à Ger pour un stage d'émail mené par Christine Bruckner. Au cours du stage, nous avons fabriqué plus de 70 émaux et approfondi notre savoir à propos des composantes fondamentaux des émaux.

Je fabrique mes émaux à partir de matières premières et je fais de temps à autre des tests dans l'idée de trouver des nouvelles couleurs, mais je suis loin de maîtriser les subtilités de la création d'un émail. Le stage était très informatif : en plus des connaissances riches du maître, on profitait des questions posées par les autres et du fait qu'à plusieurs on peut réaliser beaucoup plus d'échantillons.
En mars et avril, j'y suis retournée pour la suite : une journée sur les shinos...

(avec de superbes résultats qui me donnent très envie de faire des cuissons à bois)

...et une journée sur les céladons. Ce sont des émaux à faire en réduction, donc pas possible dans mon four électrique actuel; mais je voulais y assister pour mon éducation personnelle. C'est fascinant de penser que des siècles avant l'électricité, certains potiers faisaient des cuissons très pointues avec des résultats raffinés réservés aux rois. Si moi, je m'inquiète des résultats sortant de mon four électrique, imaginez le stress des potiers chinois du 13e siècle.

Faute de temps, je n'ai poursuivi que trois émaux découverts lors du premier stage;  deux marchent bien et le troisième reste à perfectionner.

Le chocolat mat marche bien et le craquelé blanc est super pour l'extérieur des vases.
J'adore la couleur de l'émail à droite, mais j'aimerais éliminer les
trous d'épingle avant de le poser sur des pièces utilitaires.

Sorties près de Pontrieux
Il m'arrive encore de faire des choses non liées à la poterie (étonnant mais vrai) et Pontrieux nous offre une suite d'activités adaptées à nos envies. Cette année nous avons profité du club de badminton à Pontrieux et de l'association de jeu de société Grimoires à Pleudaniel: une activité pour le corps et une autre pour l'esprit. Et puis la dance Bretonne ! Grace à l'asso Plijadur an dans je me sens capable de rentrer dans le cercle aux Fest Noz. Avant d'arriver en Bretagne, je ne connaissais pas ces fêtes où un ou plusieurs groupes jouent de la musique Bretonne en live et les gens dansent en cercle ou en couple, selon la chanson. C'est vraiment génial car dans le cercle on voit des gens de tous les ages. De plus la musique est bonne, parfois avec des instruments, parfois en a cappella. J'ai même vu des chanteurs s'intégrer au cercle de danse : ils doivent avoir des poumons en acier !

J'en profite pour vous inviter au Fest Noz de Pontrieux le 28 juillet !

Avec l'été, c'est génial de sortir dans la nature avant ou après une journée dans l'atelier. Nous sommes allés en canoë de chez nous jusqu'au Leff (rivière qui rejoint le Trieux à 5 ou 6 kilomètres de Pontrieux) et j'ai enfin nagé dans la mer, pour la première fois depuis notre emménagement ! Merci I. pour ton conseil de plage et L. pour les sauts du rocher ! Je retournerai nager dans ces endroits idylliques.



Quelques mots sur l'atelier et la boutique 
Nous sommes très contents de notre première année à Pontrieux ! Je suis ravie des contacts que j'ai eu avec mes élèves et enchantée qu'ils aient envie de continuer en septembre. J'ai eu aussi deux stagiaires du lycée Savina à Tréguier qui étaient adorables : ils m'ont bien aidé avec diverses taches (émaillage, créations en terre papier, préparation du tournage...) et en échange ils ont pu découvrir le tournage, d'autres techniques de création, les joies du marché d'artisanat, etc. Une bonne ambiance règne parmi les artisans du coin... sur le marché de potiers à Belle Isle en Terre, sur d'autres petits marchés du coin, et dans Pontrieux (avec l'arrivée d'Eva Chevrier et ses bijoux en porcelaine, et d'Agnes Guillot avec son travail d'émail sur cuivre et ses dessins). Il y a vraiment un esprit d'accueil et de partage ici. 

Lucia de l'Atelier de la Luciole m'a donné un Totoro !!!
Elle a aussi mené une séance raku avec mes élèves - c'est à refaire l'année prochaine !

Côté boutique, ça tourne au niveau attendu - on ne roule pas sur l'or mais on peut acheter des produits frais/locaux toutes les semaines sur le marché - que demander de plus ? (J'ai mangé des kilos de fraises cette année. Merci S. de m'avoir fait découvrir la cueillette à la ferme Goazio !) Et au niveau personnel dans l'atelier, je suis contente de mes progrès en tant que potière. Je tourne plus fin et surtout un peu plus vite, avec le rythme imposé par la boutique. Je suis plus rodée dans les finitions et dans l'émaillage. Après l'été, j'espère avoir le temps d'écrire un billet sur le travail dans l'atelier : techniques, formes, émaillage... mais pour l'instant, il faut que j'aille tournasser les tasses expresso tournées hier sur la motte !

dimanche 21 janvier 2018

Inspirée par les élèves

Je me préparais à passer un hiver calme à Pontrieux, mais finalement non, nous sommes très occupés. Je voudrais remercier les élèves et clients qui font que les jours restent aussi dynamiques même en dehors de la période estivale ! J'étais ravie de faire des ventes aux alentours des fêtes, sachant que c'était surtout des gens du coin. Vraiment, ça fait plaisir et j'espère que ceux qui ont reçu ces cadeaux vont aimer les céramiques et s'en servir.

Depuis septembre j'ai le plaisir de donner régulièrement des cours. Les élèves, adultes et enfants, ont la liberté de choisir leurs projets, mais il y a des contraintes, définis par la matière et par les capacités de la personne. Parfois l'élève arrive avec des envies concrètes, parfois il/elle préfère suivre une suggestion. Une fois le projet défini, il y a souvent plusieurs façons de le réaliser et c'est intéressant de choisir ensemble les techniques à employer.

Voici quelques projets complétés et en cours :

On faisait des pots "pincés" dans la masse, 
et en pinçant le bol, il nous a chuchoté que
son destin était de devenir un éléphant.

J'aime beaucoup l'idée de mon élève d'attacher ses feuilles en céramique 
à une branche. Ça donne envie d'expérimenter des projets multimédia, n'est-ce pas ? 

Cette fille aux lunettes de natation est le fruit d'un
cadavre exquis. Au départ mon élève ne savait pas trop 
quoi faire,  alors nous avons joué et le dessin sorti du jeu 
est devenu le plan pour sa figurine.

L'élève avec la tête de licorne sur son t-shirt, par contre,
savait tout de suite ce qu'elle voulait faire.

Le lion pot-à-fleurs est trop beau.

Last but not least, je suis ravie d'avoir une élève qui vient
apprendre le tournage. Elle vient régulièrement : du coup
elle arrive déjà à faire des belles tasses avec 400g de grès ! 


L’enthousiasme des élèves est contagieux. J'ai naturellement tendance à faire des objets utilitaires, surtout tournés. Après un cours de tournage, j'ai encore plus envie de tourner. Après un cours de modelage je me demande si je devrais pas faire moi aussi des choses figuratives. Ces derniers temps j'ai pu satisfaire les deux envies à la fois, avec le châtophore et le poulpe. 

Le château était composé de trois tours et deux "toits" tournés. Le reste c'est du colombin. Pour le poulpe, seulement la tête était tournée. La tortue, par contre était moulée sur un saladier biscuité.

Il faut dire que les châteaux et les poulpes sont des choses que j'ai déjà faites par le passé et que j'avais le projet de refaire depuis un petit moment. Les tasses, les porte-savons, les bols et les autres petits objets occupant les étagères de la boutique créent un espace un peu trop uniforme et je voudrais y rajouter des pièces plus grandes et une touche de fantaisie.

Le dernier châtophore a été pris dès sa sortie du four. Du coup j'en ai commencé un autre cette semaine, en grès de Treigny. Pour l'instant il n'y a que des tours tournées :


Autrement, en ce moment je fais des essais de moulage à la plaque. Je me suis fabriqué un moule pour des plats à cake, tout simple, en grès de Treigny. En 2017 je m'étais fabriqué d'autres moules en grès biscuité pour des formes simples (assiettes et bols), ce que je trouve beaucoup plus rapide que la fabrication de moules en plâtre. Aujourd'hui il m'est venu à l'esprit de mettre trois bols biscuités (mes moules) à l'envers sur une planche et de poser une plaque par en dessus, ce qui donne ceci :

A voir si la forme tiendra à la cuisson, mais si oui,
ça pourra faire aussi un beau projet pour les cours.

Je vais également tester une technique que j'ai vue dans une vidéo du Ceramic Arts Daily, qui consiste à découper un trou dans du carton avant d'étaler une plaque par en dessus : on encourage ensuite la plaque à descendre dans le trou jusqu'à ce qu'elle prenne la forme d'un bol, un plat, etc. Je pourrai passer toute la journée à regarder des vidéos de ce genre. Ça donne presque envie de tomber malade afin de pouvoir lézarder au lit avec un mug de tisane citron-thym-miel et les potiers sur youtube. Mais non, je suis en forme et il y a de quoi faire dans l'atelier ! Tout va bien :)




samedi 11 novembre 2017

Ça caille à l'étage

Le trou d'aération sur mon nouveau four est dans le couvercle. Par le passé, j'utilisais des fours avec le(s) trou(s) d'aération sur le côté ou dans le sol, avec ou sans plaque glissante permettant de fermer le trou. Je connais aussi quelqu'un qui n'a pas de trou dans son four électrique. Je ne vois pas pourquoi les fabricants ne rajoutent pas systématiquement le trou et un système de fermeture pour ce trou, car il me semble nécessaire d'évacuer les gazes lors de la cuisson biscuit (donc, mieux avec un trou) ainsi que de refermer ce trou quand on fait des cuissons d'émail afin d'avoir des températures plus ou moins similaires à tous les étages du four.

En changeant de four, je m'étais dit que je verrais peut être des différences dans mes émaux. Effectivement, j'ai eu deux problèmes. Dès fois mon bleu, composé d'une couche de rouge de fer et une couche de nacré (titane), faisait des trous d'épingle.








Et mon émail blanc avait parfois l'air sous-cuit.

Il était rugueux et parfois faisait même des grosses bulles, surtout là où l'émail était épais...


...ou alors l'émail se retirait par endroits.












J'ai décidé de ne plus mettre les pièces émaillées en blanc sur l'étage supérieur du four. J'ai recuit les pièces en les mettant sur un étage plus bas du four et l'émail s'est étalé correctement. Hourrah pour la recuisson !

Il y a un mois, ne sachant pas quoi mettre sur l'étage maudit du four, j'y ai placé les mugs bleus aux trous d'épingles pour une deuxième cuisson, sans trop y croire. Ça a très bien marché, plus de trous... mais le bord des mugs est devenu jaune. Ça me rappelle des tests d'émaux que j'avais fait en 2016 avec fer+titane où, au lieu d'obtenir du bleu, j'ai eu du brun, du jaune, et du violet... à peu près tous les tons qu'on voit sur mes mugs recuites.











Je pense que le bleu est plus impacté par l'application de l'émail que par les différences de température dans mon four. J'ai lu quelque part que les trous d'épingle peuvent être un problème quand on applique une deuxième couche d'émail avant le séchage de la première couche. Depuis deux cuissons, j'applique ma première couche et ensuite j'attends 24h avant d'appliquer la deuxième. Pour l'instant, ça marche.


Depuis mes deux dernières cuissons, j'ai aussi une nouvelle démarche qui me permet de charger le four entier sans problèmes de température :
- Je remplis le four jusqu'à l'avant-dernière étage avec des pièces émaillées (biscuitées).
- Sur l'étage supérieure, je fais cuire en mono-cuisson des pièces en porcelaine-papier.
- Je lance le four (électrique) en heures creuses, avec le trou ouvert pour que les gazes des pièces en mono-cuisson sortent.
- Je dors un peu.
- Le four me réveille au milieu de la nuit. Je traverse la courette sous les étoiles pour boucher le trou avec un morceau de fibre couvert d'un morceau de plaque.
- Je finis ma nuit. Au réveille, je bois mon café dans ma tasse de G. Heizmann achetée cet été à Tréguier.
- J'attends (toute excitée) le jour suivant pour ouvrir le four et voir si les porcelaines ont pété et si mon bleu est comme je le veux.

En ce qui concerne la porcelaine-papier, c'est une technique que j'avais laissée de côté le temps d'ouvrir la boutique et d'organiser ma production. (Plus d'infos sur cette technique dans ce billet de 2016.) En octobre j'avais enfin le temps de faire une barbotine de porcelaine-papier et avec deux autres potières du coin nous avons fait quelques pièces. Pour l'instant je n'en ai cuit que quelques unes, mais je suis assez contente des résultats de ces porcelaines cuites à l'étage froid du four !