dimanche 6 septembre 2015

Fête des potiers, Ger 2015

Lors de la fête des potiers, j’étais contente de rencontrer quelques personnes qui suivent le blog. Merci pour vos visites et pour votre lecture !



 

Les deux jours du weekend ont été bien chargés avec la soirée du feu le samedi et le marché de potiers le dimanche. Certains sont arrivées en avance le vendredi afin de démarrer la construction de leur four et/ou de le bassiner (sécher et chauffer.) Ici on voit le début de la construction du four à raku créé par l’association Terres d’échange.
Dès samedi matin, il y avait encore plus de de potiers sur le site. Avec A. et Aurélien Sitolle, de la Poterie de Joganville (superbes faîtières, plaques de maison, etc.,) nous avons travaillé sur la construction d’un four gallo-romain. L’alandier et la base ronde du four existaient déjà, construits par d’autres personnes les années précédentes.


 Nous avons nettoyé un peu autour de ces structures. Ensuite, nous avons enfourné quelques pièces – rien de très précieux, car c’était notre première cuisson à bois dans un four inconnu. La prochaine étape était de monter un dôme de briques (colmatées de barbotine) au-dessus des pièces afin de refermer la chambre de cuisson. Nous avons hésité à faire une pente raide, de peur que le dôme s’écroule mais, de ce fait, le dôme devenait trop grand ; du coup, au lieu de finir le dôme en briques, nous avons rajouté un toit plat composé de tuiles reposantes sur des barres de fer.
Nous avons eu un peu de mal à démarrer notre cuisson. L’alandier étant étroit, P. nous a conseillé d’alimenter le feu sur les côtés, en laissant un passage d’air assez important, et sur ce conseil le feu a bien démarré. Le four a commencé à sécher. Quand les briques (et la barbotine, forcément) sont humides, il faut mieux bassiner (sécher) le four un peu avant de tenter la montée de la température. On s’est dit que l’année prochaine il serait mieux de commencer le vendredi, afin de pouvoir démarrer la montée en température tout de suite le samedi après-midi. Cette fois, nous n’avons réussi à faire sortir une belle flamme de la cheminée qu’après la tombée de la nuit.

Finalement le four n’est pas monté à une température assez haute pour faire cuire nos pièces. Au lieu d’être une déception, c’est motivant : ça donne envie de construire d’autres fours à bois !
A la soirée du feu, on a justement l’opportunité de s’inspirer en regardant plein de types de cuissons différents. Une fois notre feu en route, on avait le temps d’aller voir les autres fours. Il y avait beaucoup de fours intéressants, et je ne peux pas tout lister ici sur le blog, mais voici une courte description de certains fours...

Le four bouteille


A la cuisson, le feu jette une lumière fantastique à travers les bouteilles. Leurs goulots se déforment et s’écoulent en filets de verre.

Le micro-four 



Juste assez de place pour une pièce à la plaque ! Mathilde Clerc, qui a construit ce four, ne fait que des cuissons à bois - vous pouvez vous faire une idée de sa belle production en visitant son site.




Le four à papier



Autour d’une structure en bois ou métal on construit un tipi en papier et barbotine qui, à la cuisson, forme une espèce de coque qui résiste aux flammes.








Il s’avère qu’on n’est pas obligé de construire ce genre de four en forme de tipi. On peut aussi le construire en forme de dragon !

Le four raku au bois



Ici on voit que la porte de défournement est ouverte afin d'enlever une pièce chaude. Sorties avec des pinces, les poteries étaient ensuite déposées dans des tas de sciure pour l’enfumage.






Le four portable



Trois grands anneaux (tournés !) formaient la chambre de cuisson du four. Ce contenant, surplombé d’une cheminée, était ensuite couverte de barbotine.


C’est ce four qui a produit les résultats les plus intéressants. Relativement tôt dans la soirée, une jolie flamme sortait de la cheminée et ceux qui tenaient le four disaient qu’ils l’ont fait monter à plus de 1200° en 4 heures. Pas mal ! Dimanche on a vu de très jolis pots en grès sortis de ce four.







Je vous encourage à visiter le facebook de Jérome Colivet où on trouve plus d'infos sur ce four et le travail de ce potier en général.






Le four à pain


Eh oui, en plus des fours à poteries, il y avait des cuissons de pain dans un four construit par la famille qui habite le Earthship Perrine, à Ger.

Il y avait aussi des danseurs qui intégraient le feu dans leur spectacle et une fanfare qui contribuait à l’ambiance festive. J’étais impressionnée par le nombre de visiteurs – c’est génial de voir autant de monde attiré par la poterie !

Il y avait beaucoup de monde le dimanche aussi. Ce jour-là je faisais des initiations au tournage à l’atelier et A. tenait le stand sur le marché. Il y avait une trentaine de potiers, je crois, mais à vrai dire j’ai passé très peu de temps sur le marché, car beaucoup de gens – adultes et enfants - voulaient essayer le tournage ! J’adore faire découvrir le tournage, parce que tout le monde aime la sensation de la terre tournant sous ses mains et (même pendant une initiation très courte) on voit la personnalité de la personne dans son bol. Il y en a qui vont faire des bols hauts (souvent tordus !), d’autres qui font des bols costauds sans trop d’ouverture, d’autres qui finissent par faire des mini-assiettes...

Pendant que je m’amusais à voir les gens apprécier la terre, A. prenait un coup de soleil et faisait plein de ventes sur le stand (merci !). A la fin de la journée, j’étais ravie de voir que le château photophore (photos dans ce billet) était parti. J’espère que sa nouvelle propriétaire sera contente de la lumière émanant du château!

En somme, pour résumer le weekend :
  • Il y avait plein de fours intéressants !
  • L’année prochaine, on pourra faire mieux sur notre propre four. L’expérience de cette année donne envie d’expérimenter plus (avant la prochaine soirée du feu) avec des fours à bois !
  • Le marché était similaire aux autres – pas décevant du tout, mais je me dis que j’ai encore beaucoup de boulot devant moi. Je suis inspirée par les autres potiers qui connaissent vraiment bien leur public et font des stands superbes.
  • Le public était très impliqué ! Certains de mes élèves sont venus et j’ai revu des gens qui avaient visité le musée. Dans mon atelier, j’étais étonnée du nombre de gens qui voulaient faire du tournage. Et il y en avait d’autres qui venaient juste pour regarder. Vraiment, beaucoup d’enthousiasme !
  • Nous avons fait de belles rencontres autour du feu et sur le marché ! C’est la première année que nous faisons les marchés en Normandie, et j’apprécie l’accueil chaleureux des potiers locaux.

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