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mardi 28 mai 2019

Minigamas avec Xiaolin


Je suis récemment revenue d'une expérience extraordinaire : un stage avec Xiaolin, céramiste chinois spécialisé dans la création de minigama, organisé par l'association Terres d'Echange.

"Gama" veut dire "four" en japonais, et ainsi un "minigama" est un mini-four. Au début du stage, Xiaolin nous a montré des exemples de four (cf. à gauche) et il a expliqué leur fabrication. Ensuite il nous a guidé dans la création de nos fours.

L'intérieur du four doit, évidement, respecter certains critères afin de réaliser des cuissons haute température, mais on est libre de sculpter l'extérieur comme on veut. Nous étions nombreux à adopter l'idée d'un animal qui crache le feu.

Ici on voit le plan du four. En soulevant le couvercle visible sur la droite, on charge le four avec le combustible. Une grille l'empêche de tomber jusqu'au sol du four et pendant la cuisson les cendres tombent en dessous. En bas à droite, un trou permet le passage d'air et l'évacuation des cendres.



L'air monte par la grille et la flamme passe par des trous vers la gauche pour entrer dans la ou les chambres où sont enfournées les pièces, pour ensuite sortir par la cheminée. Avec plusieurs chambres, on obtient différents effets de cuisson : plus les pièces sont rapprochées du combustible, plus elles recevront des cendres fendues (un émail naturel).

En regardant les fours de Xiaolin avant le stage, j'ai vu que la posture des animaux étaient souvent similaires à celle du sphinx. En regardant des images du sphinx égyptien, perse, ou phénicien, il m'est venu à l'esprit que ça serait sympa de faire hommage à Khnoum, l'éponyme de mon atelier. Khnoum est souvent représenté debout : un homme avec une tête de bélier. Mais on trouve également des statues du dieu en forme de bélier, et j'y ai trouvé mon inspiration.




C'était un challenge de modeler une forme aussi grande en 4 jours. J'ai essayé de privilégier la fonctionnalité du four. Le résultat c'est que je crois avoir assez bien fait les joints entre mes colombins et je pense que le plan du four (pour le chargement, passage de la flamme, etc.) a été respecté. Mais la tête de mon bélier est un peu disproportionnée par rapport à son corps et je n'ai pas vraiment fait de décors à part sur les cornes. Si la tête est trop grande, c'est parce que je veux y charger un maximum de pièces !!


Xiaolin était vraiment génial. Il nous a clairement expliqué chaque étape, et il apparaissait toujours pile au moment où l'on avait besoin de lui.

Je n'ai malheureusement pas de photo de nos superbes repas de midi. A chaque fois qu'on participe à ces stages de Terres d'Échange, on mange ensemble à la bonne franquette, dehors au soleil si possible. Pendant ces stages et pendant le repas, Terres d'Echange est toujours fidèle à son nom, d'autant plus cette fois, avec Xiaolin qui passait sa première semaine en France et rencontrait une multitude de fromages et de terrines !

J'ai adoré ce stage.   


vendredi 21 juillet 2017

Stage avec Dany Jung

Vendredi dernier, je suis revenue de Ger en faisant très attention dans les virages : je voulais éviter d'abimer ma sculpture qui reposait dans un carton côté passager.

Je n'ai pas l'habitude de faire des sculptures et je considère que c'est un sujet où il me reste des choses à apprendre. Du coup j'étais attirée par le stage de Dany Jung, organisé par Terres d'Echange, dont le sujet était la composition à partir des pièces tournées. Surtout que j'ai déjà tenté de créer des choses, notamment des châteaux ou des poulpes, de cette façon. A chaque fois, j'ai eu des problèmes d'assemblage ou de séchage et je me disais que ce stage pourrait m'aider.

En plus, dès qu'on voit le travail de Dany Jung, on a forcément envie de suivre son stage !

Oeuvre de Dany Jung. Retrouvez celle-ci et d'autres ici

Nous étions sept à faire le stage. Le premier jour, nous avons fait des croquis sur papier et ensuite des petits models 3-D afin de décider d'un projet de création.

Mon chat, premier modèle
Nous avions la possibilité de choisir notre sujet, mais certains sujets étaient critiquées comme non-sculpturales ou kitsches.


Chat, deuxième modèle

Certains participants au stage prennaient ces critiques pour un refus de l'objet choisi tandis ce que j'interprétais ceci comme une critique sur l'attitude du sujet ou sur l'utilisation de l'objet ("une lampe n'est pas une sculpture")

Chat, modèle avec idée de décors

C'est le genre de commentaire que tu ne risques pas d'entendre tout seul dans ton atelier, et je trouve que c'est l'un des intérêts d'un stage.




Les croquis et modèles permettent également une réflexion sur la composition finale de la sculpture : sera-t-elle posée directement sur une table ou fixée à un socle ?
Dany nous a fait remarquer que les lignes importantes d'une sculpture peuvent continuer dans le socle.
Projet de M-C.P. J'ai hâte de voir si je retrouve
 ses figures sur le prochain marché de potiers !

X.R. avec son projet ambitieux !

A la fin de la journée, tout le monde avait des projets 3-D plein d'esprit.

Le deuxième jour, nous avons tourné les morceaux nécessaires à nos sculptures. En gros, si on fait un être avec une tête, un ventre, deux bras, et deux jambes, il faut tourner autant de cylindres. Potentiellement la tête et le ventre seraient des boules ou des demi-sphères. Le plus compliqué pour moi c'était de décider des proportions. Pour d'autres, le plus difficile était de tourner des objets suffisamment épais, car les potiers habitués au tournage utilitaire essaient en général de tourner le plus fin possible. Pour la composition d'une sculpture, c'est important de prévoir des épaisseurs qui permettent la déformation de l'objet et qui peuvent porter le poids des autres éléments lors du collage.

Les objets tournés pour le projet de sculpture de femme de V.L.

Quand les pièces tournées étaient consistance cuir, nous avons commencé nos assemblages.

En cours : la sculpture de femme de V.L.

En cours :  l'ours de K.M.

Pour éviter les problèmes d'assemblage, il faut juste être prévoyant. L'astuce c'est d'avoir les choses suivantes à portée de main : un vaporisateur (vulgairement appelé le "pschitt-pschitt"), des gros pans de plastique, des mousses (chutes de matelas), et de la terre molle. Au cours de la construction de la sculpture, on la ré-humidifie, on la soutient avec des cales, et à la fin de la journée on fait attention à ce que tout soit bien emballé sous plastique.

Même en calant les différents morceaux de la sculpture, j'ai eu du mal à garder ma sculpture en équilibre. Pour gérer ce problème et les problèmes d'enfournement ou risque de casse, Dany nous a conseillé de faire nos sculptures en plusieurs morceaux qui seraient collés après cuisson. Ainsi ma sculpture est composée de trois morceaux : le corps du chat, la queue, et le socle. Si mon socle s'avère être trop léger après cuisson, Dany m'a conseillé d'y faire couler du ciment. Tout ça c'est logique, mais ne vient pas naturellement quand on à l'habitude de faire des pièces utilitaires : les anses doivent tenir sans colle.

5 jours de stage, ça passe très vite. Certains ont réussi à finir leurs oeuvres.

Eléphant de C-M.F

Arrosoir avec nuage de P.J. et Femme de X.R. 

D'autres, dont moi-même, ont décidé de finir leurs pièces chez eux. Rentrée à Pontrieux j'ai découvert que A. a vendu pas mal de pièces à la boutique et j'ai du tout de suite vider le four, faire de l'émail, et émailler des pièces. Le four en route, je me suis remise à la production... Tout ça pour dire que mon chat (chat en terre, non en chair !) reste emballé dans son plastique, mais je compte m'y remettre aujourd'hui !

Miaou



lundi 31 octobre 2016

Rencontres

Quand nous sommes arrivés à Ger, on nous a souvent dit, "vous n'allez pas vous sentir trop seuls ici ? Et l'hiver ?" Mais il s'avère qu'on fait beaucoup de rencontres et qu'on voit même, occasionnellement, des gens à Ger après le mois de septembre ! Nous avons plus facilement échangé avec les personnes ici que durant nos 10 ans à Paris (bisous à tous nos amis parisiens !), ville où l'état naturel est l'anonymat.
On voit moins d'humains dans la Manche...

 

 ...mais on fait des rencontres de qualité.

construction de four lors de la soirée du feu

Certains échanges commencent sur ce blog, et je tiens à remercier les personnes rencontrées à la boutique, sur les marchés, ou par email qui m'ont dit qu'ils le lisent. Ça fait plaisir de savoir que quelqu'un suit l'activité de l'atelier et j'espère que, de temps en temps, je partage des infos qui se révèlent utiles pour ceux qui touchent à la céramique !

Sur les marchés on rencontre beaucoup de monde, et parfois on revoit quelqu'un plus tard sur un autre marché ou à l'atelier. Ces personnes nous reconnaissent par mes poteries, par les jeux de A, par nos visages, ou encore par les conversations que nous avons pu avoir. C'est un plaisir dans tous les cas. Et parfois des personnes rencontrées sur des marchés viennent pour des cours. J'apprécie l'agréable ambiance de ces cours et la dynamique des familles dans l'atelier.

Toute l'année on voit les autres potiers et artisans du coin, surtout sur les marchés.  Etant naturellement un peu timide, lors de mes premières inscriptions je me demandais comment nous serions reçus par les autres artisans. J'avais tort de m'inquiéter, car les nouveaux artisans sont bien accueillis par les anciens qui donnent toutes sortes de conseils : où se garer près du marché, comment gérer les problèmes administratifs, comment éviter les trous d'épingle dans les émaux...

C'est encore plus sympa d'échanger avec d'autres potiers quand nous ne sommes pas au boulot, par exemple quand j'ai passé la journée à créer des assiettes avec les potiers de Terres d'Echange. Lors du  stage d'Ana-Belén en août, le fait de partager une semaine avec des personnes qui ont les mêmes centres d'intérêts que moi à été une expérience riche et inoubliable.

Je voudrais finir ce billet avec une image qui résume un peu l'esprit de partage entre les créateurs. Parfois un potier ou autre artisan (amateur ou pro) me donne un objet en remerciement d'un service quelconque ou tout simplement parce que je l'avais admiré. Ou parfois l'un de nous veut faire un achat et au lieu d'échanger des sous, nous échangeons des créations. Et c'est ainsi que je commence à avoir une petite collection qui me fait chaud au cœur !

Voici des liens vers les créateurs qui exposent/vendent leurs oeuvres :


mercredi 8 juin 2016

A l'écoute dans l'atelier

Dans l'atelier, j'écoute beaucoup France Inter, et surtout l'émission d'Elsa Boublil, "Vous avez dit classique ?" Pour ceux qui ne connaissent pas l'émission, il s'agit d'un dialogue avec une personnalité (musicien, acteur, autre) où ils discutent des musiques (classique ou autre) qui ont touché l'invité au cours de sa vie. La musique est bonne et les parcours des gens sont intéressants. Et puis, il y a souvent du Bach.

Un jour un psychologue, invité à l'émission, a parlé d'une étude démontrant que l'écoute d'une musique enthousiaste peut rendre une personne plus optimiste et plus sûre de ses capacités. Depuis, je pense à cette étude dès que j'écoute un morceau de musique qui influence positivement mon travail.

En ce moment c'est la musique de Susumu Hirasawa qui me donne un élan particulier dans l'atelier. Hirasawa a fait la musique du film Paprika, et quand j'écoute Parade*, je suis emportée, non seulement par la musique, mais aussi par l'ambiance d'une scène dans ce film : cette musique fait le contrepoint sonore d'un défilé un peu fou.


Mais même si je ne connaissais pas le film, je pense que je serai sensible à cette musique qui est (chez moi) idéale pour le tournage et pour la création des châto-phores.

Le châto-phore qui attend la cuisson

Les jours d'émaillage, j'évite d'écouter les infos ou d'autres émissions radio, car ça peut être une distraction (et les nouvelles sont souvent mauvaises.) La dernière fois, j'écoutais The Weatherman en boucle. Je rentre très facilement dans l'ambiance de cet album qui est comme un road trip. Et puis, avec cette musique, l'émail s'étale correctement sur les pièces.

Par contre, en faisant le tournassage ou les rajouts sur les pièces tournées (anses, oreilles des tirelires, etc.) j'aime écouter des émissions radio. Sur France Inter j'aime la matinale, "Vous avez dit classique", et "D'ici D'ailleurs". J'écoute aussi La Tête au Carré, mais je suis parfois déçue de la qualité de l'émission ; je préfère Science Friday, mais je ne l'écoute plus dans l'atelier car je n'ai pas de connexion internet. Par contre, j'y écoute aussi des Ted talks téléchargés préalablement sur mon téléphone. Le contenu est extrêmement divers et, pour moi, la nature optimiste de ces présentations peut avoir le même effet que la musique euphorique.

En écoutant les Ted talks, j'ai collé deux morceaux tournés.
Un test avec un cône d'encens montre que le dragon saura cracher le feu.

Après quelques présentations sur la neuroscience
 (la communication, les rêves), le dragon attend la cuisson.

Ce n'est pas une liste exhaustive de ce que j'écoute dans l'atelier - ça serait trop long ! (Ah oui, j'ai oublié de dire que j'écoute aussi parfois des livres.) Je donne ces quelques exemples ici sur le blog parce que la musique ou les infos écoutées dans l'atelier sont importantes pour moi, et, je crois, pour beaucoup d'autres potiers.



*J'ai une faiblesse pour les défilés japonais. On en trouve non seulement dans Paprika mais aussi ici dans Pompoko ou ici dans Rêves. C'est la joie du défilé (même dans le défilé funéraire) qui me touche.








dimanche 6 septembre 2015

Fête des potiers, Ger 2015

Lors de la fête des potiers, j’étais contente de rencontrer quelques personnes qui suivent le blog. Merci pour vos visites et pour votre lecture !



 

Les deux jours du weekend ont été bien chargés avec la soirée du feu le samedi et le marché de potiers le dimanche. Certains sont arrivées en avance le vendredi afin de démarrer la construction de leur four et/ou de le bassiner (sécher et chauffer.) Ici on voit le début de la construction du four à raku créé par l’association Terres d’échange.
Dès samedi matin, il y avait encore plus de de potiers sur le site. Avec A. et Aurélien Sitolle, de la Poterie de Joganville (superbes faîtières, plaques de maison, etc.,) nous avons travaillé sur la construction d’un four gallo-romain. L’alandier et la base ronde du four existaient déjà, construits par d’autres personnes les années précédentes.


 Nous avons nettoyé un peu autour de ces structures. Ensuite, nous avons enfourné quelques pièces – rien de très précieux, car c’était notre première cuisson à bois dans un four inconnu. La prochaine étape était de monter un dôme de briques (colmatées de barbotine) au-dessus des pièces afin de refermer la chambre de cuisson. Nous avons hésité à faire une pente raide, de peur que le dôme s’écroule mais, de ce fait, le dôme devenait trop grand ; du coup, au lieu de finir le dôme en briques, nous avons rajouté un toit plat composé de tuiles reposantes sur des barres de fer.
Nous avons eu un peu de mal à démarrer notre cuisson. L’alandier étant étroit, P. nous a conseillé d’alimenter le feu sur les côtés, en laissant un passage d’air assez important, et sur ce conseil le feu a bien démarré. Le four a commencé à sécher. Quand les briques (et la barbotine, forcément) sont humides, il faut mieux bassiner (sécher) le four un peu avant de tenter la montée de la température. On s’est dit que l’année prochaine il serait mieux de commencer le vendredi, afin de pouvoir démarrer la montée en température tout de suite le samedi après-midi. Cette fois, nous n’avons réussi à faire sortir une belle flamme de la cheminée qu’après la tombée de la nuit.

Finalement le four n’est pas monté à une température assez haute pour faire cuire nos pièces. Au lieu d’être une déception, c’est motivant : ça donne envie de construire d’autres fours à bois !
A la soirée du feu, on a justement l’opportunité de s’inspirer en regardant plein de types de cuissons différents. Une fois notre feu en route, on avait le temps d’aller voir les autres fours. Il y avait beaucoup de fours intéressants, et je ne peux pas tout lister ici sur le blog, mais voici une courte description de certains fours...

Le four bouteille


A la cuisson, le feu jette une lumière fantastique à travers les bouteilles. Leurs goulots se déforment et s’écoulent en filets de verre.

Le micro-four 



Juste assez de place pour une pièce à la plaque ! Mathilde Clerc, qui a construit ce four, ne fait que des cuissons à bois - vous pouvez vous faire une idée de sa belle production en visitant son site.




Le four à papier



Autour d’une structure en bois ou métal on construit un tipi en papier et barbotine qui, à la cuisson, forme une espèce de coque qui résiste aux flammes.








Il s’avère qu’on n’est pas obligé de construire ce genre de four en forme de tipi. On peut aussi le construire en forme de dragon !

Le four raku au bois



Ici on voit que la porte de défournement est ouverte afin d'enlever une pièce chaude. Sorties avec des pinces, les poteries étaient ensuite déposées dans des tas de sciure pour l’enfumage.






Le four portable



Trois grands anneaux (tournés !) formaient la chambre de cuisson du four. Ce contenant, surplombé d’une cheminée, était ensuite couverte de barbotine.


C’est ce four qui a produit les résultats les plus intéressants. Relativement tôt dans la soirée, une jolie flamme sortait de la cheminée et ceux qui tenaient le four disaient qu’ils l’ont fait monter à plus de 1200° en 4 heures. Pas mal ! Dimanche on a vu de très jolis pots en grès sortis de ce four.







Je vous encourage à visiter le facebook de Jérome Colivet où on trouve plus d'infos sur ce four et le travail de ce potier en général.






Le four à pain


Eh oui, en plus des fours à poteries, il y avait des cuissons de pain dans un four construit par la famille qui habite le Earthship Perrine, à Ger.

Il y avait aussi des danseurs qui intégraient le feu dans leur spectacle et une fanfare qui contribuait à l’ambiance festive. J’étais impressionnée par le nombre de visiteurs – c’est génial de voir autant de monde attiré par la poterie !

Il y avait beaucoup de monde le dimanche aussi. Ce jour-là je faisais des initiations au tournage à l’atelier et A. tenait le stand sur le marché. Il y avait une trentaine de potiers, je crois, mais à vrai dire j’ai passé très peu de temps sur le marché, car beaucoup de gens – adultes et enfants - voulaient essayer le tournage ! J’adore faire découvrir le tournage, parce que tout le monde aime la sensation de la terre tournant sous ses mains et (même pendant une initiation très courte) on voit la personnalité de la personne dans son bol. Il y en a qui vont faire des bols hauts (souvent tordus !), d’autres qui font des bols costauds sans trop d’ouverture, d’autres qui finissent par faire des mini-assiettes...

Pendant que je m’amusais à voir les gens apprécier la terre, A. prenait un coup de soleil et faisait plein de ventes sur le stand (merci !). A la fin de la journée, j’étais ravie de voir que le château photophore (photos dans ce billet) était parti. J’espère que sa nouvelle propriétaire sera contente de la lumière émanant du château!

En somme, pour résumer le weekend :
  • Il y avait plein de fours intéressants !
  • L’année prochaine, on pourra faire mieux sur notre propre four. L’expérience de cette année donne envie d’expérimenter plus (avant la prochaine soirée du feu) avec des fours à bois !
  • Le marché était similaire aux autres – pas décevant du tout, mais je me dis que j’ai encore beaucoup de boulot devant moi. Je suis inspirée par les autres potiers qui connaissent vraiment bien leur public et font des stands superbes.
  • Le public était très impliqué ! Certains de mes élèves sont venus et j’ai revu des gens qui avaient visité le musée. Dans mon atelier, j’étais étonnée du nombre de gens qui voulaient faire du tournage. Et il y en avait d’autres qui venaient juste pour regarder. Vraiment, beaucoup d’enthousiasme !
  • Nous avons fait de belles rencontres autour du feu et sur le marché ! C’est la première année que nous faisons les marchés en Normandie, et j’apprécie l’accueil chaleureux des potiers locaux.

samedi 4 juillet 2015

Un artiste quitte la Manche

D. est parti à pied mardi soir. Ça doit déjà faire 30 min en vélo d'ici à Sourdeval, donc une belle ballade à pied. Je peux comprendre son désir de prendre le temps en marchant, de profiter pleinement du lieu avant d'entamer ses aventures à l'Est.

Ici, le soir tombe doucement. Les couleurs traversent le ciel comme des gouttes d'encre se mêlant à l'eau. La lune, énorme, se lève quand les dernières traces rosées du soleil parcourent encore l'horizon occidental.

Je regrette d'être arrivée ici seulement à la fin du séjour de D. Ou, plutôt, je suis ravie d'être arrivée à temps pour le rencontrer. Dès la première semaine à la pépinière, mes expériences ici ont été dynamisées par son énergie, et j'espère être à la hauteur de ses conseils. C'est à dire : refaire des raku nu, tester des recettes d'émaux, construire un four à bois (etc. !)

J'espère avoir des nouvelles de D. de temps en temps. Il est constamment à la recherche de nouveaux défis en céramique et je suis curieuse de savoir dans quelle direction il va avancer ! Je vais vous laisser avec une image de son travail récent, aperçu qui vous donnera surement aussi envie de savoir ce qu'il créera dans l'avenir !

Ce pôt vous plait ? Vous en trouverez d'autres ici !




dimanche 13 avril 2014

Festival de Céramique 11e 2014

Tous les ans je visite le Festival de Céramique dans le 11e arrondissement à Paris. Les objets au Festival sont plus ou moins fonctionnels, mais souvent les arts de la table virent trop, à mon goût, vers l'Art et pas assez vers la table. J'ai tendance à me demander si un objet fonctionnel fonctionne, et si la réponse est non, alors l'objet ne m'attire plus. Le seul stand où j'étais donc tenté de faire un achat était celui de Marjolaine Berthod. Je me suis retenue en pensant à mes placards déjà débordants de poteries, mais ses pièces en terre noir ou rougeâtre avec une légère couche d'émail blanc m'ont beaucoup plue.


Ça ne veut pas dire que je n'apprécie pas les objets purement artistiques. En fait, les stands qui m'ont frappée le plus cette année privilégiaient l'esthétique plutôt que l'utilitaire. Mais c'était des objets qui ne faisaient pas semblant de vouloir accueillir des lèvres.



Que dire?
 La perfection de ces objets est comme celle d'un œuf d'oiseau sauvage
 trouvé fracturé sur un chemin. Fort et fragile à la fois.





Je vous conseil d'aller voir cet entretien avec l'artiste.
Surtout on y voit mieux ses objets qui  me rappellent
l'espace (le voyage du Petit Prince) ou la mer.
Ses créations reflètent sa joie de vivre.



Sur son site on peut voir d'autres exemples de "boîtiments".
J'ai surtout aimé les bâtiments composés de plusieurs morceaux,
 qui permettent au spectateur de devenir lui même architecte.


Si vous avez manqué le Festival dans le 11e, vous avez toujours l'opportunité de voir une belle exposition de céramiques dans les prochaines semaines : l'expo ArtCeram aura lieu du 24 avril au 18 mai au Sel à Sèvres. (Plus d'infos sur cette annonce - attention, c'est la deuxième expo sur la page.) J'ai hâte d'y voir les céramiques de Eric Soulé, entre autres. On se voit là bas ?


samedi 12 octobre 2013

Salon sous une lumière Art Déco

Le salon Céramique 14 a eu lieu la semaine dernière dans l'annexe de la Mairie du 14e arrondissement.


L'annexe a été construite dans les années 30 et je dois admettre que j'étais autant fascinée par le bâtiment et son intérieur que par les céramiques. 

A mon arrivée, j'ai monté les marches d'un escalier, grandiose sous la lumière qui avait fait son chemin à travers un joli vitrail et deux drapeaux français.


Sur le mur, j'ai vu une première lampe Art Déco.


Dans la salle d'exposition, il y avait également
un superbe vitrail de Raymond Delamarre.


En face, j'ai trouvé des canoéistes qui m'ont interpellée :
le travail de Keisuke Iwata


Près d'une deuxième lampe art déco... 


J'ai vu le travail de Pablo Castillo. Ici l'artiste explique son travail à un visiteur.


Non loin de là, une troisième lampe art déco, belle et kitsch à la fois.
Elle était long de plus d'un mètre !


En dessous de cette lampe (coïncidence ?) les seules pièces qui collaient à la salle d'exposition, crées par Micheline Eschenbrenner.


Il y avait très peu de travail fonctionnel à part les créations de Thierry Luang Rath (voir ce billet.) Après l'expo, j'ai lu en ligne qu'il avait gagné le prix du publique. Apparemment je ne suis pas seule à admirer son travail !

Peut-être que le publique, comme moi, ne comprend pas les œuvres trop abstraites. Typiquement, un bel objet fonctionnel me touche plus. (Résultat : j'ai pris pas mal de photos du bâtiment !) Cela dit, ma pièce préférée de l'expo était cette oeuvre de Sylvain Thirouin qui m'a beaucoup amusée. (Il s'avère sur le site de Céramique 14 que lui aussi a gagné un prix.)


Je lui ai demandé s'il avait été inspiré par une expérience personnelle, car j'avais vu des photos d'effondrement de four dans des manuels de céramique. "Si j'ai eu un effondrement de four ? Non," me dit-il, "jamais. J'ai eu bien pire, mais ça, non." Je n'ai pas eu la présence d'esprit de demander ce qui lui est arrivé, mais qu'y a-t'il de pire que l’effondrement des plaques et des pièces ? Qu'est-ce qui lui est arrivé ?!?