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mardi 28 mai 2019

Minigamas avec Xiaolin


Je suis récemment revenue d'une expérience extraordinaire : un stage avec Xiaolin, céramiste chinois spécialisé dans la création de minigama, organisé par l'association Terres d'Echange.

"Gama" veut dire "four" en japonais, et ainsi un "minigama" est un mini-four. Au début du stage, Xiaolin nous a montré des exemples de four (cf. à gauche) et il a expliqué leur fabrication. Ensuite il nous a guidé dans la création de nos fours.

L'intérieur du four doit, évidement, respecter certains critères afin de réaliser des cuissons haute température, mais on est libre de sculpter l'extérieur comme on veut. Nous étions nombreux à adopter l'idée d'un animal qui crache le feu.

Ici on voit le plan du four. En soulevant le couvercle visible sur la droite, on charge le four avec le combustible. Une grille l'empêche de tomber jusqu'au sol du four et pendant la cuisson les cendres tombent en dessous. En bas à droite, un trou permet le passage d'air et l'évacuation des cendres.



L'air monte par la grille et la flamme passe par des trous vers la gauche pour entrer dans la ou les chambres où sont enfournées les pièces, pour ensuite sortir par la cheminée. Avec plusieurs chambres, on obtient différents effets de cuisson : plus les pièces sont rapprochées du combustible, plus elles recevront des cendres fendues (un émail naturel).

En regardant les fours de Xiaolin avant le stage, j'ai vu que la posture des animaux étaient souvent similaires à celle du sphinx. En regardant des images du sphinx égyptien, perse, ou phénicien, il m'est venu à l'esprit que ça serait sympa de faire hommage à Khnoum, l'éponyme de mon atelier. Khnoum est souvent représenté debout : un homme avec une tête de bélier. Mais on trouve également des statues du dieu en forme de bélier, et j'y ai trouvé mon inspiration.




C'était un challenge de modeler une forme aussi grande en 4 jours. J'ai essayé de privilégier la fonctionnalité du four. Le résultat c'est que je crois avoir assez bien fait les joints entre mes colombins et je pense que le plan du four (pour le chargement, passage de la flamme, etc.) a été respecté. Mais la tête de mon bélier est un peu disproportionnée par rapport à son corps et je n'ai pas vraiment fait de décors à part sur les cornes. Si la tête est trop grande, c'est parce que je veux y charger un maximum de pièces !!


Xiaolin était vraiment génial. Il nous a clairement expliqué chaque étape, et il apparaissait toujours pile au moment où l'on avait besoin de lui.

Je n'ai malheureusement pas de photo de nos superbes repas de midi. A chaque fois qu'on participe à ces stages de Terres d'Échange, on mange ensemble à la bonne franquette, dehors au soleil si possible. Pendant ces stages et pendant le repas, Terres d'Echange est toujours fidèle à son nom, d'autant plus cette fois, avec Xiaolin qui passait sa première semaine en France et rencontrait une multitude de fromages et de terrines !

J'ai adoré ce stage.   


vendredi 21 juillet 2017

Stage avec Dany Jung

Vendredi dernier, je suis revenue de Ger en faisant très attention dans les virages : je voulais éviter d'abimer ma sculpture qui reposait dans un carton côté passager.

Je n'ai pas l'habitude de faire des sculptures et je considère que c'est un sujet où il me reste des choses à apprendre. Du coup j'étais attirée par le stage de Dany Jung, organisé par Terres d'Echange, dont le sujet était la composition à partir des pièces tournées. Surtout que j'ai déjà tenté de créer des choses, notamment des châteaux ou des poulpes, de cette façon. A chaque fois, j'ai eu des problèmes d'assemblage ou de séchage et je me disais que ce stage pourrait m'aider.

En plus, dès qu'on voit le travail de Dany Jung, on a forcément envie de suivre son stage !

Oeuvre de Dany Jung. Retrouvez celle-ci et d'autres ici

Nous étions sept à faire le stage. Le premier jour, nous avons fait des croquis sur papier et ensuite des petits models 3-D afin de décider d'un projet de création.

Mon chat, premier modèle
Nous avions la possibilité de choisir notre sujet, mais certains sujets étaient critiquées comme non-sculpturales ou kitsches.


Chat, deuxième modèle

Certains participants au stage prennaient ces critiques pour un refus de l'objet choisi tandis ce que j'interprétais ceci comme une critique sur l'attitude du sujet ou sur l'utilisation de l'objet ("une lampe n'est pas une sculpture")

Chat, modèle avec idée de décors

C'est le genre de commentaire que tu ne risques pas d'entendre tout seul dans ton atelier, et je trouve que c'est l'un des intérêts d'un stage.




Les croquis et modèles permettent également une réflexion sur la composition finale de la sculpture : sera-t-elle posée directement sur une table ou fixée à un socle ?
Dany nous a fait remarquer que les lignes importantes d'une sculpture peuvent continuer dans le socle.
Projet de M-C.P. J'ai hâte de voir si je retrouve
 ses figures sur le prochain marché de potiers !

X.R. avec son projet ambitieux !

A la fin de la journée, tout le monde avait des projets 3-D plein d'esprit.

Le deuxième jour, nous avons tourné les morceaux nécessaires à nos sculptures. En gros, si on fait un être avec une tête, un ventre, deux bras, et deux jambes, il faut tourner autant de cylindres. Potentiellement la tête et le ventre seraient des boules ou des demi-sphères. Le plus compliqué pour moi c'était de décider des proportions. Pour d'autres, le plus difficile était de tourner des objets suffisamment épais, car les potiers habitués au tournage utilitaire essaient en général de tourner le plus fin possible. Pour la composition d'une sculpture, c'est important de prévoir des épaisseurs qui permettent la déformation de l'objet et qui peuvent porter le poids des autres éléments lors du collage.

Les objets tournés pour le projet de sculpture de femme de V.L.

Quand les pièces tournées étaient consistance cuir, nous avons commencé nos assemblages.

En cours : la sculpture de femme de V.L.

En cours :  l'ours de K.M.

Pour éviter les problèmes d'assemblage, il faut juste être prévoyant. L'astuce c'est d'avoir les choses suivantes à portée de main : un vaporisateur (vulgairement appelé le "pschitt-pschitt"), des gros pans de plastique, des mousses (chutes de matelas), et de la terre molle. Au cours de la construction de la sculpture, on la ré-humidifie, on la soutient avec des cales, et à la fin de la journée on fait attention à ce que tout soit bien emballé sous plastique.

Même en calant les différents morceaux de la sculpture, j'ai eu du mal à garder ma sculpture en équilibre. Pour gérer ce problème et les problèmes d'enfournement ou risque de casse, Dany nous a conseillé de faire nos sculptures en plusieurs morceaux qui seraient collés après cuisson. Ainsi ma sculpture est composée de trois morceaux : le corps du chat, la queue, et le socle. Si mon socle s'avère être trop léger après cuisson, Dany m'a conseillé d'y faire couler du ciment. Tout ça c'est logique, mais ne vient pas naturellement quand on à l'habitude de faire des pièces utilitaires : les anses doivent tenir sans colle.

5 jours de stage, ça passe très vite. Certains ont réussi à finir leurs oeuvres.

Eléphant de C-M.F

Arrosoir avec nuage de P.J. et Femme de X.R. 

D'autres, dont moi-même, ont décidé de finir leurs pièces chez eux. Rentrée à Pontrieux j'ai découvert que A. a vendu pas mal de pièces à la boutique et j'ai du tout de suite vider le four, faire de l'émail, et émailler des pièces. Le four en route, je me suis remise à la production... Tout ça pour dire que mon chat (chat en terre, non en chair !) reste emballé dans son plastique, mais je compte m'y remettre aujourd'hui !

Miaou



lundi 3 avril 2017

Semaines mouvementées

Pendant les trois dernières semaines de la pépinière, j'ai fait deux cuissons par semaine afin de vider l'atelier, rendre les dernières pièces aux élèves, et faire un peu de stock en préparation de l'ouverture de mon atelier à Pontrieux.
Bizarrement, c'est aussi devenu une période d'expérimentation :  j'ai fait quelques objets un peu plus larges que ce que je faisais d'habitude (comme ce bol à fruits d'environs 45cm de large) et j'ai testé le grès rouge de Bourgogne. C'est une terre que j'ai découverte grâce aux participants des cours du lundi soir au musée ; je suis très contente des bols à cidre faits avec cette nouvelle terre !

J'ai fait plein d'autres découvertes grâce au groupe du lundi. J'ai approfondi certaines techniques afin de pouvoir les faire en cours. Ensuite leurs envies et inspirations m'ont montré des nouvelles choses à poursuivre. C'est frappant quand on introduit des techniques et que l'élève se les approprie pour faire une pièce qui lui appartient totalement.

Par exemple, on avait fait des petites tasses
(vraiment mini : taille espresso) "déformées" en mode pot-pincé ... 


... et on avait parlé d'émaillage avec réserves (zones protégées de l'émail, en vue d'une cuisson raku.)
Résultat : M.M. a fait cette grande pièce qui combinait parfaitement les deux techniques. Dans la première photo, on voit sa pièce avant la cuisson.



Les gommettes empêchaient l'émail de couvrir toute la pièce 
et la cire protégeait la partie supérieure. Le résultat en raku était magnifique ! 


Et c'est juste un exemple parmi tant d'autres. En somme, je suis désolée de ne plus faire les cours au musée - à 2h30 de Pontrieux, c'est trop loin ! Heureusement, M.P. reprend les cours et le groupe pourra continuer leurs explorations de la céramique !

Le déménagement a commencé entre les dernières cuissons et les derniers cours. Ayant plusieurs semaines pour le déménagement, nous avons tout transporté en plusieurs voyages dans notre petit utilitaire. Quand je déménage, je pense, "Je suis arrivée en France avec un sac à dos et une guitare. Comment j'ai fait pour acquérir tout ça ?!" (sous-texte : qui a tourné tout ces pots ?!). Ensuite, je pense au projet "Material World" par Peter Menzel, photographe qui a immortalisé des familles partout dans le monde devant leur maison et leur possessions.

En tout cas, ça fait du bien de se poser maintenant à Pontrieux. ...Sauf qu'on ne se pose pas trop parce qu'il y a du boulot !


L'espace qui sera dédié à l'exposition des poteries était jaune, vert, et orange. A. a fait des recherches sur le meilleur moyen d'enlever le papier peint et il s'avère qu'il suffit de l'asperger avec de l'eau chaude. Une fois le papier enlevé, il faut laver les murs avec un mélange d'eau chaude et vinaigre afin d'enlever la colle.

Ensuite, on fait une pause pour photographier...


...la pâte à reboucher. On s'amuse comme on peut.

Ensuite, peinture. Pour l'instant il n'y a que la sous-couche, mais l'aspect de la salle a déjà une toute autre allure !


En parlant de peinture, nous avons acheté la peinture chez peinturokilo.com et si j'en parle c'est parce que leur service client est top. L'un des seaux de peinture s'était brisé, mais je l'avais remarqué seulement après le départ du livreur. Un coup de fil à l'entreprise et c'était tout de suite réglé; ils ont envoyé un nouveau seau.

En parlant de papier peint, dans la maison il y a aussi les restes des jolis papiers des années.... 20? 30? 40? Ce n'est pas ce que je voudrais dans ma maison, mais je les trouve quand même beau.
Oui oui, au tour de ce beau papier on dirait du plancher et de la veille isolation. C'est qu'on a découvert le papier peint quand nous avons enlevé tout le plancher de la future cuisine.
A l'achat de la maison ce sol était recouvert d'une veille moquette et on se doutait qu'il y aurait peut-être du plancher pourris dessous. Après réflexion, on a décidé de refaire le sol.

Quand je pense qu'en janvier je pensais peut-être pouvoir ouvrir pour les JEMA  - c'était ce weekend! Samedi nous sommes allés voir quelques artistes à Pontrieux qui exposaient dans le cadre de cet événement. Nous avons beaucoup apprécié l'installation de Laurence Maillard où de nombreux personnages en fil de fer et papier dansaient suspendus par des fils quasi invisibles tandis que leurs ombres flottaient sur le mur. Je n'ai pas pris de photo, mais voici l'image sur sa carte, pour vous donner une idée.



Et dimanche, je suis retournée à Ger afin de participer au JEMA de Terres d'Echange. Nous avons fait des tasses engobés. C.B. nous a initié au transfert des dessins faits sur une plaque de plâtre (voir visage ci-dessous) et à la technique "mocha tea" (voir tasse de droite ci-dessous.)


Comme à chaque fois, l'activité de l'association était super et j'ai bien envie d'y retourner pour la prochaine activité autour de l'enfumage !