Cette année mes élèves ont travaillé sur le thème des quatres éléments. Nous nous sommes ensuite réunis autour d'un goûter pour admirer nos oeuvres.
Je suis vraiment ravie des résultats de ce projet. Quasiment tous mes élèves réguliers, enfants et adultes, ont joué le jeu, ce qui n'est pas évident quand on a un thème à respecter. Tout le monde a bien réfléchi et leurs idées étaient très diverses. Et en conséquence, chacun a pu faire appel à des techniques, des formes, et des coloris différents.
D. me disait qu'il trouve qu'un tel projet permet de sortir de sa zone de confort, de s'essayer à des techniques qu'on n'aurait pas utilisé autrement. C'est exactement le sentiment que j'ai eu à Ger quand j'ai du choisir un projet pour l'Expo poisson d'avril. Je voulais lancer un thème à l'atelier cette année pour permettre à tout le monde de faire l'expérience d'une contrainte qui, étrangement, augmente la créativité... et c'est une bonne opportunité de se réunir autour de gâteaux à la fin de la saison des cours !
Le projet m'a motivé à faire un peu de modelage, avec une sculpture par élément représentant la potière dans tous ses états : au tour, au four, se débarrassant de l'odeur de la fumée, et sur son tapis volant. Bon, pour l'instant j'ai une Opel, mais on peut toujours rêver....
Je me suis amusée à utiliser tous les grès de l'atelier : Grès rouge de Bourgogne, Grès de Treigny, Grès de Saint Amand, et Grès Blanc. Comme je n'avais pas énormément de temps à consacrer au projet, j'ai sculpté plus vite que jamais auparavant et j'étais ravie de voir que tout avait bien tenu à la cuisson, malgré un séchage rapide et des épaisseurs un peu variables.
Et maintenant nous voilà partis pour un nouveau projet, car mes élèves sont intéressés par le concours Embouteillage proposé par le Musée de la Poterie à Ger. Ils sont nombreux à avoir déjà développé une idée et on va se rejoindre en été pour travailler le projet. J'ai à nouveau hâte de voir la matérialisation de leurs imaginations !
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mardi 25 juin 2019
mardi 28 mai 2019
Minigamas avec Xiaolin
"Gama" veut dire "four" en japonais, et ainsi un "minigama" est un mini-four. Au début du stage, Xiaolin nous a montré des exemples de four (cf. à gauche) et il a expliqué leur fabrication. Ensuite il nous a guidé dans la création de nos fours.
L'intérieur du four doit, évidement, respecter certains critères afin de réaliser des cuissons haute température, mais on est libre de sculpter l'extérieur comme on veut. Nous étions nombreux à adopter l'idée d'un animal qui crache le feu.
Ici on voit le plan du four. En soulevant le couvercle visible sur la droite, on charge le four avec le combustible. Une grille l'empêche de tomber jusqu'au sol du four et pendant la cuisson les cendres tombent en dessous. En bas à droite, un trou permet le passage d'air et l'évacuation des cendres.
L'air monte par la grille et la flamme passe par des trous vers la gauche pour entrer dans la ou les chambres où sont enfournées les pièces, pour ensuite sortir par la cheminée. Avec plusieurs chambres, on obtient différents effets de cuisson : plus les pièces sont rapprochées du combustible, plus elles recevront des cendres fendues (un émail naturel).
En regardant les fours de Xiaolin avant le stage, j'ai vu que la posture des animaux étaient souvent similaires à celle du sphinx. En regardant des images du sphinx égyptien, perse, ou phénicien, il m'est venu à l'esprit que ça serait sympa de faire hommage à Khnoum, l'éponyme de mon atelier. Khnoum est souvent représenté debout : un homme avec une tête de bélier. Mais on trouve également des statues du dieu en forme de bélier, et j'y ai trouvé mon inspiration.
C'était un challenge de modeler une forme aussi grande en 4 jours. J'ai essayé de privilégier la fonctionnalité du four. Le résultat c'est que je crois avoir assez bien fait les joints entre mes colombins et je pense que le plan du four (pour le chargement, passage de la flamme, etc.) a été respecté. Mais la tête de mon bélier est un peu disproportionnée par rapport à son corps et je n'ai pas vraiment fait de décors à part sur les cornes. Si la tête est trop grande, c'est parce que je veux y charger un maximum de pièces !!
Xiaolin était vraiment génial. Il nous a clairement expliqué chaque étape, et il apparaissait toujours pile au moment où l'on avait besoin de lui.
Je n'ai malheureusement pas de photo de nos superbes repas de midi. A chaque fois qu'on participe à ces stages de Terres d'Échange, on mange ensemble à la bonne franquette, dehors au soleil si possible. Pendant ces stages et pendant le repas, Terres d'Echange est toujours fidèle à son nom, d'autant plus cette fois, avec Xiaolin qui passait sa première semaine en France et rencontrait une multitude de fromages et de terrines !
J'ai adoré ce stage.
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vendredi 8 septembre 2017
Plaque et autres plaisirs
En ouvrant La Revue de la Céramique et du Verre, j'ai retrouvé avec plaisir la BD d'Otto Lindner. Comme à son habitude, il nous livre une vitrine sur la vie du potier, et elle reflète parfaitement notre été.
Comme dit l'auteur, c'est grâce aux visiteurs (touristes et locaux) que nous pouvons vivre ici, et je les remercie vivement.
Ces derniers temps dans l'atelier, j'ai des sentiments d'obligation et de liberté à la fois. D'un côté, il y a la contrainte de faire les objets que les clients aiment le plus. De l'autre, il y a la liberté de tester de nouvelles formes.
Pour l'instant je ne suis pas lasse de la création des tirelires, porte-éponges, tasses, et autres formes vendeuses. Leur création reste intéressante parce que je peux toujours améliorer la finesse, l'émaillage, ou la rapidité de production.
Avant d'ouvrir la boutique à Pontrieux, à la pépinière à Ger, je faisais déjà beaucoup de tests, mais surtout dans l'optique de faire des séries, donc tests de tasses, bols, ou autres formes suivis de tests d'émaux.
Ici c'est différent, car ayant déjà quelques valeurs sûres, je peux faire des pièces uniques, comme un petit plat en forme de bateau avec des cuillères pour rammes, ou comme des mini-animaux (poulpes, cochons, giraffes) ...ou comme les coquillages faits à partir de vrais coquillages que j'ai trouvé, euhm, dans la forêt. (Les restes d'un festin d'elfes peut-être ?)



Et même si le tour reste mon outil de travail préféré, je travaille de plus en plus à la plaque. Mes vases à la plaque plaisent au public, donc je continue à en faire. Chaque vase est unique car la forme et les reliefs dépendent de mon humeur du jour... ou, plus précisément, ça dépend de l'humeur de la plaque.
C'est également le cas pour les plats que je fais d'après la rubrique "moule en écharpe" dans Le Livre du Céramiste.
En gros, on suspend un tissu entre des supports (par exemple, les jambes d'un tabouret) et on pose sa plaque dessus. Ensuite, on est libre de travailler la forme de la plaque qui est bien soutenue par le tissu. En ajoutant d'autres tissus ou du papier, on peut modifier la forme de la plaque. Je commence à faire des plats à fruits avec cette technique et là encore c'est la plaque qui me guide, qui détermine les courbes finales.
Tandis que j'ai l'impression de réussir mes vases à la plaque, je dois encore peaufiner la cuisson des plats à fruits. J'adore la phase de création, mais à la cuisson à 1265°, les plats ont tendance à s'aplatir - mince !
Mon plan est de me fabriquer des supports coniques que je mettrai en dessous du plat à la cuisson. Encore faut-il que je fabrique ces supports et le plat qui va avec ; pour l'instant, je suis occupée à faire des porte éponges et un nouveau vase à la plaque !
Cliquez pour mieux lire le texte.
Comme dit l'auteur, c'est grâce aux visiteurs (touristes et locaux) que nous pouvons vivre ici, et je les remercie vivement.
Ces derniers temps dans l'atelier, j'ai des sentiments d'obligation et de liberté à la fois. D'un côté, il y a la contrainte de faire les objets que les clients aiment le plus. De l'autre, il y a la liberté de tester de nouvelles formes.
Pour l'instant je ne suis pas lasse de la création des tirelires, porte-éponges, tasses, et autres formes vendeuses. Leur création reste intéressante parce que je peux toujours améliorer la finesse, l'émaillage, ou la rapidité de production.
Avant d'ouvrir la boutique à Pontrieux, à la pépinière à Ger, je faisais déjà beaucoup de tests, mais surtout dans l'optique de faire des séries, donc tests de tasses, bols, ou autres formes suivis de tests d'émaux.
Ici c'est différent, car ayant déjà quelques valeurs sûres, je peux faire des pièces uniques, comme un petit plat en forme de bateau avec des cuillères pour rammes, ou comme des mini-animaux (poulpes, cochons, giraffes) ...ou comme les coquillages faits à partir de vrais coquillages que j'ai trouvé, euhm, dans la forêt. (Les restes d'un festin d'elfes peut-être ?)


Et même si le tour reste mon outil de travail préféré, je travaille de plus en plus à la plaque. Mes vases à la plaque plaisent au public, donc je continue à en faire. Chaque vase est unique car la forme et les reliefs dépendent de mon humeur du jour... ou, plus précisément, ça dépend de l'humeur de la plaque.
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C'est également le cas pour les plats que je fais d'après la rubrique "moule en écharpe" dans Le Livre du Céramiste.
En gros, on suspend un tissu entre des supports (par exemple, les jambes d'un tabouret) et on pose sa plaque dessus. Ensuite, on est libre de travailler la forme de la plaque qui est bien soutenue par le tissu. En ajoutant d'autres tissus ou du papier, on peut modifier la forme de la plaque. Je commence à faire des plats à fruits avec cette technique et là encore c'est la plaque qui me guide, qui détermine les courbes finales.
Tandis que j'ai l'impression de réussir mes vases à la plaque, je dois encore peaufiner la cuisson des plats à fruits. J'adore la phase de création, mais à la cuisson à 1265°, les plats ont tendance à s'aplatir - mince !
Mon plan est de me fabriquer des supports coniques que je mettrai en dessous du plat à la cuisson. Encore faut-il que je fabrique ces supports et le plat qui va avec ; pour l'instant, je suis occupée à faire des porte éponges et un nouveau vase à la plaque !
vendredi 21 juillet 2017
Stage avec Dany Jung
Vendredi dernier, je suis revenue de Ger en faisant très attention dans les virages : je voulais éviter d'abimer ma sculpture qui reposait dans un carton côté passager.
Je n'ai pas l'habitude de faire des sculptures et je considère que c'est un sujet où il me reste des choses à apprendre. Du coup j'étais attirée par le stage de Dany Jung, organisé par Terres d'Echange, dont le sujet était la composition à partir des pièces tournées. Surtout que j'ai déjà tenté de créer des choses, notamment des châteaux ou des poulpes, de cette façon. A chaque fois, j'ai eu des problèmes d'assemblage ou de séchage et je me disais que ce stage pourrait m'aider.
Nous étions sept à faire le stage. Le premier jour, nous avons fait des croquis sur papier et ensuite des petits models 3-D afin de décider d'un projet de création.
En plus, dès qu'on voit le travail de Dany Jung, on a forcément envie de suivre son stage !
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| Oeuvre de Dany Jung. Retrouvez celle-ci et d'autres ici |
Nous étions sept à faire le stage. Le premier jour, nous avons fait des croquis sur papier et ensuite des petits models 3-D afin de décider d'un projet de création.
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| Mon chat, premier modèle |
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| Chat, deuxième modèle |
Certains participants au stage prennaient ces critiques pour un refus de l'objet choisi tandis ce que j'interprétais ceci comme une critique sur l'attitude du sujet ou sur l'utilisation de l'objet ("une lampe n'est pas une sculpture")
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| Chat, modèle avec idée de décors |
C'est le genre de commentaire que tu ne risques pas d'entendre tout seul dans ton atelier, et je trouve que c'est l'un des intérêts d'un stage.
Les croquis et modèles permettent également une réflexion sur la composition finale de la sculpture : sera-t-elle posée directement sur une table ou fixée à un socle ?
Dany nous a fait remarquer que les lignes importantes d'une sculpture peuvent continuer dans le socle.
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| Projet de M-C.P. J'ai hâte de voir si je retrouve ses figures sur le prochain marché de potiers ! |
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| X.R. avec son projet ambitieux ! |
A la fin de la journée, tout le monde avait des projets 3-D plein d'esprit.
Le deuxième jour, nous avons tourné les morceaux nécessaires à nos sculptures. En gros, si on fait un être avec une tête, un ventre, deux bras, et deux jambes, il faut tourner autant de cylindres. Potentiellement la tête et le ventre seraient des boules ou des demi-sphères. Le plus compliqué pour moi c'était de décider des proportions. Pour d'autres, le plus difficile était de tourner des objets suffisamment épais, car les potiers habitués au tournage utilitaire essaient en général de tourner le plus fin possible. Pour la composition d'une sculpture, c'est important de prévoir des épaisseurs qui permettent la déformation de l'objet et qui peuvent porter le poids des autres éléments lors du collage.
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| Les objets tournés pour le projet de sculpture de femme de V.L. |
Quand les pièces tournées étaient consistance cuir, nous avons commencé nos assemblages.
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| En cours : la sculpture de femme de V.L. |
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| En cours : l'ours de K.M. |
Pour éviter les problèmes d'assemblage, il faut juste être prévoyant. L'astuce c'est d'avoir les choses suivantes à portée de main : un vaporisateur (vulgairement appelé le "pschitt-pschitt"), des gros pans de plastique, des mousses (chutes de matelas), et de la terre molle. Au cours de la construction de la sculpture, on la ré-humidifie, on la soutient avec des cales, et à la fin de la journée on fait attention à ce que tout soit bien emballé sous plastique.
Même en calant les différents morceaux de la sculpture, j'ai eu du mal à garder ma sculpture en équilibre. Pour gérer ce problème et les problèmes d'enfournement ou risque de casse, Dany nous a conseillé de faire nos sculptures en plusieurs morceaux qui seraient collés après cuisson. Ainsi ma sculpture est composée de trois morceaux : le corps du chat, la queue, et le socle. Si mon socle s'avère être trop léger après cuisson, Dany m'a conseillé d'y faire couler du ciment. Tout ça c'est logique, mais ne vient pas naturellement quand on à l'habitude de faire des pièces utilitaires : les anses doivent tenir sans colle.
5 jours de stage, ça passe très vite. Certains ont réussi à finir leurs oeuvres.
D'autres, dont moi-même, ont décidé de finir leurs pièces chez eux. Rentrée à Pontrieux j'ai découvert que A. a vendu pas mal de pièces à la boutique et j'ai du tout de suite vider le four, faire de l'émail, et émailler des pièces. Le four en route, je me suis remise à la production... Tout ça pour dire que mon chat (chat en terre, non en chair !) reste emballé dans son plastique, mais je compte m'y remettre aujourd'hui !
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| Miaou |
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mercredi 7 décembre 2016
Explorations
Cet été j'ai suivi le stage d'Ana-Belén Montero (voir les stages d'été 2016) sur la fabrication des objets en terre papier, et particulièrement en porcelaine papier. Il s'agit d'un mélange d'argile et de papier (voir recette) et à la cuisson la partie papier part en fumée, permettant de faire des objets d'une extrême légèreté.
Lors du stage nous étions invités à napper toutes sortes d'objets organiques dans une barbotine de porcelaine papier. Chaque personne a apporté des choses à tremper dans la porcelaine : fleurs, plumes, pâtes, gâteaux apéritifs, coton-tiges, tissus, origamis, etc. La barbotine de porcelaine papier permet également de coller des formes déjà sèches entre elles. Les membres du groupe ont alors créé des formes par trempage ou modelage avec toutes sortes de choses collées sur les surfaces.
A la fin du stage, j'avais de nouvelles connaissances, une nouvelle sympathie pour la barbotine terre papier, et la tête pleine d'idées ! Je remercie Ana-Belén, qui est une excellente formatrice, apportant des connaissances techniques toute en stimulant la créativité.
Je suis également reconnaissant à Terres d'Echange pour les journées d'après-stage. J'aurais pu travailler la porcelaine papier dans mon atelier, mais c'est pas évident : je suis entourée de pains de grès, des morceaux de grès desséchés demandant à être reconditionnés, des seaux de barbotine de grès, du grès étalé sur plâtre... Lors de l'après-stage, avec les autres membres de l'association, j'ai pu me poser dans l'atelier du Musée et travailler sur les deux idées que je voulais revoir après le stage : les bols et les nids.
L'année dernière, j'ai créé des bols en étalant du papier trempé dans une barbotine de porcelaine sur des ballons (voir ce billet) et le stage m'avais donné des idées pour améliorer ce genre de bol. Cette fois j'ai mis un chiffon au tour du ballon et j'ai ensuite trempé (plusieurs fois) cet ensemble dans une barbotine de porcelaine papier. Avant cuisson, j'ai retiré le ballon et le chiffon.
La réalisation de ces bols était beaucoup plus facile que la réalisation des bols en papier + barbotine de porcelaine, et le résultat est beaucoup plus régulier ; les autres avaient tendance à se déformer à la cuisson.
Pour avoir une terre papier, on rajoute un pourcentage de papier à une terre. Nous avons travaillé avec 3% de papier, mais on peut en rajouter jusqu'à... à vous d'essayer : plus il y aura de papier, plus on va changer la consistance de la terre quand on la travaille, mais plus on aura de légèreté après cuisson. On peut aussi tester différentes sortes de papier ; nous avons pris du papier toilette, qui se désintègre facilement dans l'eau chaude.
Instructions :
Lors du stage nous étions invités à napper toutes sortes d'objets organiques dans une barbotine de porcelaine papier. Chaque personne a apporté des choses à tremper dans la porcelaine : fleurs, plumes, pâtes, gâteaux apéritifs, coton-tiges, tissus, origamis, etc. La barbotine de porcelaine papier permet également de coller des formes déjà sèches entre elles. Les membres du groupe ont alors créé des formes par trempage ou modelage avec toutes sortes de choses collées sur les surfaces.
Le bol d'un autre membre du groupe, avec plein de plantes !
A la fin du stage, j'avais de nouvelles connaissances, une nouvelle sympathie pour la barbotine terre papier, et la tête pleine d'idées ! Je remercie Ana-Belén, qui est une excellente formatrice, apportant des connaissances techniques toute en stimulant la créativité.
Je suis également reconnaissant à Terres d'Echange pour les journées d'après-stage. J'aurais pu travailler la porcelaine papier dans mon atelier, mais c'est pas évident : je suis entourée de pains de grès, des morceaux de grès desséchés demandant à être reconditionnés, des seaux de barbotine de grès, du grès étalé sur plâtre... Lors de l'après-stage, avec les autres membres de l'association, j'ai pu me poser dans l'atelier du Musée et travailler sur les deux idées que je voulais revoir après le stage : les bols et les nids.
Les bols
L'année dernière, j'ai créé des bols en étalant du papier trempé dans une barbotine de porcelaine sur des ballons (voir ce billet) et le stage m'avais donné des idées pour améliorer ce genre de bol. Cette fois j'ai mis un chiffon au tour du ballon et j'ai ensuite trempé (plusieurs fois) cet ensemble dans une barbotine de porcelaine papier. Avant cuisson, j'ai retiré le ballon et le chiffon.
La réalisation de ces bols était beaucoup plus facile que la réalisation des bols en papier + barbotine de porcelaine, et le résultat est beaucoup plus régulier ; les autres avaient tendance à se déformer à la cuisson.
Les nids
Lors du stage, j'avais apporté un nid d'oiseau à tremper dans la barbotine. Ana-Belén m'a dit que ça serait dommage car on ne verra pas, après trempage, tous les détails qui rendent le nid intéressant. (A force de tremper des trucs dans la porcelaine, on se rend compte que cette remarque est vraie pour plein d'objets.) Elle a dit, ça serait peut-être plus intéressant de s'inspirer du nid.
Tiens, je n'avais pas pensé à ça.
Du coup j'ai essayé de coller de la mousse, des poils, des graines, et/ou des épis de blé sur le bord des formes. J'ai mis des gâteaux apéro sur certains pour leur donner des pieds (nids d'Oiseau-Baba-Yaga ?) et voilà le résultat.
J'ai tout cuit en mono-cuisson, à 1265°. J'avais appliqué un peu d'émail sur certaines pièces (le bol à bord brun, les deux pièces un peu brillantes parmi les nids.)
Clairement, il me reste beaucoup de choses à explorer. Je vais peut-être essayer faire des nids qui ressemble plus à des nids et je pense combiner l'idée de ballons couverts d'un chiffon avec celle d'une couche de papier trempé dans de la porcelaine papier... hmmm... il y a tellement de choses à faire !
Pour conclure, voici des instructions pour faire de la porcelaine papier (ou autre terre papier.)
Pour avoir une terre papier, on rajoute un pourcentage de papier à une terre. Nous avons travaillé avec 3% de papier, mais on peut en rajouter jusqu'à... à vous d'essayer : plus il y aura de papier, plus on va changer la consistance de la terre quand on la travaille, mais plus on aura de légèreté après cuisson. On peut aussi tester différentes sortes de papier ; nous avons pris du papier toilette, qui se désintègre facilement dans l'eau chaude.
Instructions :
- Mettez 1 kilo de porcelaine en poudre (porcelaine de coulage ou autre) dans un seau.
- Pesez 30g de papier toilette, déchirez le, puis déposez le dans un seau.
- Versez de l'eau chaude sur le papier. On peut le laisser se dissoudre tout seul ou alors l'encourager à l'aide d'un mixer.
- Quand le papier est bien dissout, on le tamise pour éliminer l'eau.
- Rajoutez de l'eau à la porcelaine de coulage pour avoir un barbotine épaisse - pas trop d'eau, car on va bientôt rajouter le papier humide.
- Rajoutez le papier humide et mélangez : voilà une barbotine papier !
Pour avoir une plaque de terre papier à modeler/tourner, on peut étaler cette barbotine papier sur une plaque de plâtre et la laisser sécher jusqu'à la consistance voulue.
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dimanche 28 février 2016
Défournement
Je me dis que le printemps est là parce que mes élèves commencent à discuter de ce qu'ils vont semer dans leurs potagers et parce que le chat demande à nouveau à sortir.
Qui dit printemps dit marchés de poterie, et je dois me préparer pour mon premier marché de la saison qui aura lieu à Honfleur le 28 & 29 mars. Mais avant de tourner de nouvelles séries pour les marchés, je voulais finir quelques expériences dont les résultats sont sorties du four ce weekend.
Bols sur ballon
Pour les bols en porcelaine, on trempe des morceaux de papier dans un engobe de porcelaine. Ensuite, on les étale sur le ballon. Enfin, après une première période de séchage, on remet une couche d'engobe à l'aide d'un pinceau. Le mieux c'est de rajouter plusieurs couches de porcelaine au pinceau jusqu'à ce qu'on aie un bol qui tiendra à la cuisson, sachant que le support papier brûlera.
Avant les cuissons du cours, je voulais tester si ce genre de bol se déformerait moins en mono-cuisson et si ils seraient translucides une fois émaillés.
Dans ces photos, le bol de gauche a été cuit en mono-cuisson, tandis que celui de droite à été biscuité avant la cuisson émail. Celui de gauche s'est déformé beaucoup moins. On fera donc une mono-cuisson pour les bols du cour, émaillés ou pas, selon le choix des créateurs.
Pour ma part, je suis contente du résultat de l'émaillage : translucide !
Chatôphore
En janvier, j'ai travaillé sur un nouveau chatôphore (voir ce billet), et je l'ai enfin émaillé. Certains éléments du chatôphore sont réussis, d'autres moins.
Il est pas mal quand les bougies (ici des LEDs) sont allumées, et je suis contente du rendu de l'émail blanc sur le grès de Treigny. Par contre, ci-dessous vous pouvez voir qu'il y a des fissures qui se sont ouvertes à la cuisson. Ca ne m'étonne pas tant que ça, parce que j'ai laissé mes formes de base (trois cylindres tournés) trop sécher avant de faire l'assemblage et la décoration.
Tout ça pour dire que je vais faire un nouveau chatôphore avec la même terre et le même émail. Il sera du même esprit que celui ci, mais mieux construit (j'espère.) Pour l'instant, personne ne m'embauchera comme architecte !
Poissons, engobe au cobalt
Toujours inspirée par l'expo Poissons d'Avril, je m'amuse à faire des assiettes en forme de poisson. Les premières assiettes balançaient un peu sur la table, donc je me suis dit qu'il y avait besoin de pieds. Si vous regardez bien la photo vous verrez alors l'une des quatre pattes de ce poisson. (A. de l'association Terres d'Echange me disait "c'est un poisson Darwinien ?" - ha !)
Sur certaines pièces, je me suis mise à utiliser un engobe bleu composé de grès de St. Amand et de cobalt. Je trouve le rendu pas mal sur ce poisson et je vais surement en refaire. L'engobe est également pratique pour les gens qui viennent faire un seul cours pour découvrir la poterie, car ça leur permet de rajouter un peu de couleur sur la terre crue. Ensuite, je mets une couverte transparente et je cuis leurs pièces.
Nouveaux émaux
J'ai testé deux nouvelles recettes, et le blanc ici à gauche me convient bien.
Quand le blanc recouvre le tenmoku (deuxième tuile en partant de la gauche dans la deuxième image) ça donne des taches de léopard.
Ensuite, j'ai testé le rajout de différents éléments dans l'autre base blanche, celui qui est à droite dans l'image du haut. De gauche à droite ici on voit:
- la base sans rajout
- la base avec +5% de rutile qui donne un blanc bleuâtre, nacré.
- la base avec +3% de rutile et +3% de carbonate de cuivre qui donne un vert qui devient bleu en épaisseur
- la base avec +3% d'oxyde de cobalt qui donne un bleu un peu trop foncé à mon gout. Je vais retenter l'expérience avec moins de cobalt.
Et, dernier essai, j'ai testé une nouvelle recette pour un rouge de fer en oxydation. Qui me plait beaucoup. La photo ne le rend pas justice, mais c'est presque aussi beau que le rouge de fer que A.I. m'avait rapporté du Japon.
En somme, je suis très contente de cette cuisson. J'ai hâte de voir ces nouvelles couleurs sur des pièces à ma prochaine cuisson émail !
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dimanche 7 février 2016
Poulpe Fiction
Je m'étais donnée le mois de janvier (et c'est déjà février !) pour la création de deux pièces non-fonctionnelles : le châtophore dont je parlais dans le dernier billet, et une création pour l'expo Poissons d'Avril qui aura lieu au Musée à partir du premier avril.
Pour cette expo, j'ai décidé de faire un poulpe. Ce n'est pas un poisson, on est d'accord... mais le choix de créations pour l'expo reste un peu libre étant donné qu'il s'agit de poissons d'avril !
Le poulpe est composé de 18 formes tournées : 2 pour la tête et 2 pour chaque tentacule. J'ai pris une petite vidéo juste après l'assemblage initial. On y voit bien les morceaux distincts.
Pour cette expo, j'ai décidé de faire un poulpe. Ce n'est pas un poisson, on est d'accord... mais le choix de créations pour l'expo reste un peu libre étant donné qu'il s'agit de poissons d'avril !
Le poulpe est composé de 18 formes tournées : 2 pour la tête et 2 pour chaque tentacule. J'ai pris une petite vidéo juste après l'assemblage initial. On y voit bien les morceaux distincts.
Les tentacules sont un peu courts... mais au même temps,
il ne fallait pas dépasser les 40 centimètres de largeur du four !
Ici l'assemblage est fini, mis à part le rajout des ventouses.
Le voilà avec les ventouses.
Ce que je trouve sympa dans ce genre de projet, c'est la découverte de l'animal. Je me suis rendue compte que je ne savais pas ce à quoi ressemble les yeux de poulpe : l'iris est rectangulaire. Apparemment, les céphalopodes ont une très bonne vue, surtout étant donné les conditions peu lumineuses de leur environnement. Par contre, il ne voient pas les couleurs.
Imaginez que les humains ne voient qu'en noir et blanc aussi ; alors, je laisserai le poulpe sans émaillage, car je redoute un peu cette étape. En tout cas, avec le temps de séchage et de cuisson, il me reste du temps pour réfléchir sur le choix de couleur(s).
Si vous souhaitez voir le poulpe en couleur, venez voir l'expo avec ses poissons, son poulpe et ses autres êtres aquatiques !
jeudi 21 janvier 2016
Retour dans l'atelier de poterie
On dit que janvier est la période tranquille parce qu'il n'y a pas trop d’événements autour de la poterie (du moins, à la campagne.) Mais ce n'est pas vrai de tout ! Dès notre retour du marché de Noël de Cherbourg, il fallait rattraper les activités administratives que j'ai un peu négligées pendant tout le mois de décembre. Et surtout, janvier c'est le mois où on doit préparer toutes les inscriptions aux événements auxquels on veut participer au cours de l'année. Aussi, avec la reprise des cours avec les enfants, j'ai décidé de passer un peu de temps sur la fabrication des exemples, afin que les enfants puissent plus facilement suivre mes conseils et se faire une meilleur idée de l'objectif de chaque séance. Bref, tout ça m'a pris du temps.
Cette semaine j'ai enfin pu passer plus de temps dans l'atelier, et comme il me reste un peu de stock après le marché de noël (eh oui...), je me sens libre de créer un nouveau châtophore.
Cette semaine j'ai enfin pu passer plus de temps dans l'atelier, et comme il me reste un peu de stock après le marché de noël (eh oui...), je me sens libre de créer un nouveau châtophore.
La base de ce châto est faite à partir de 3 cylindres couchés, et
2 tubes debout. Après leur assemblage, j'ai commencé à faire
la découpe des fenêtreset j'ai testé la capacité d'y insérer
une petite lampe led.
Sur le cylindre central, j'ai rajouté une tour au colombin.
J'ai ensuite fait d'autres découpes et j'ai rajouté des arc-boutants.
Au fait, j'ai commencé à imaginer la structure du châtophore en décembre quand je me suis arrêtée pour admirer les arc-boutants de l'église à Cherbourg (ci-dessous.) De plus, je venais de terminer la lecture de Les Piliers de la terre, un roman qui tourne autour de la construction d'une église gothique. Tout ça m'a donné envie d'intégrer certains éléments de cette architecture dans le prochain châtophore.
D'accord, structurellement, mon châtophore n'a nullement besoin
des arc-boutants. Et même si l'idée d'un cylindre central avec deux
cylindres adjacents vient aussi des églises, il est loin d'être
une églisophore, J'ai voulu poursuivre l'idée de boiseries que j'ai un peu
travaillé dans le dernier châtophore, et je trouve que ça change tout
le caractère de l'objet.
C'est pas encore fini, mais je le teste de temps en temps avec ma bougie
électrique et ma petite lampe led. Je dois faire attention à leur laisser assez
de place,en prenant en compte le rétrécissement de la terre à la cuisson.
Il me reste encore beaucoup de détails à peaufiner, partout où il n'y a pas
de "boiseries." Et ensuite, le défi de l'émaillage. En somme, au lieu
de glander devant l'ordinateur, je devrais retourner au châto !
Mais avant ça, pour compléter votre vision de la vie à
l'Atelier Khnoum, je vous laisse avec quelques photos de...
...LA NEIGE !!!
Il reste encore un peu de neige par terre, et dans la belle lumière
du matin on a l'impression de vivre dans un royaume enchanté.
Sinon, c'est vrai qu'il fait froid,
sauf sur la couette, dans un rayon de soleil :
Certaines savent comment passer l'hiver.
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vendredi 20 novembre 2015
La valeur du geste
Note de Khnoum : Aujourd'hui c'est A. l'auteur du billet ! Il travaille depuis un certain temps sur la création de jeux en céramique. Chaque jeu a de nombreuses pièces. Certaines sont simples, d'autres plus élaborées. Entouré de toutes ses pièces, il a fait une pause pour partager ses pensées...
L'acte de création occupe les heures de mes jours. De geste en geste, les pièces s'alignent et les rangs s'allongent. Mais quel est la valeur du geste ? Augmente-elle avec chacune des innombrables itérations ? Dans une autre vie, le perfectionnement du geste suffisait… une vie d'artiste peut-être. Quoi qu'il en soit, une vie révolue. Mon présent suit un autre cours; les gestes, ainsi que leur fin, sont différents.
L'Atelier Khnoum se prépare pour le Marché de Noël de Cherbourg et moi aussi.
Nous vivons dans une époque où la valeur des choses est non seulement circonstancielle, mais aussi abstraite. C'est en particulier mis en évidence dans le cas de l'expression créatif.
Je ne saurais dire si mon geste prend de la valeur avec chaque répétition… Sans doute que non, ou alors seulement dans la mesure de leur contribution à la totalité de chacune de mes créations, si infimes et simples qu'elles puissent-être.
Mes pièces seront peut-être appréciées à leur juste valeur. Quoi qu'il en soit, il est temps de faire mes étiquettes de prix.
Ensuite, je retournerai à la répétition du geste.
L'acte de création occupe les heures de mes jours. De geste en geste, les pièces s'alignent et les rangs s'allongent. Mais quel est la valeur du geste ? Augmente-elle avec chacune des innombrables itérations ? Dans une autre vie, le perfectionnement du geste suffisait… une vie d'artiste peut-être. Quoi qu'il en soit, une vie révolue. Mon présent suit un autre cours; les gestes, ainsi que leur fin, sont différents.
L'Atelier Khnoum se prépare pour le Marché de Noël de Cherbourg et moi aussi.
Pièces du jeu d'omok en cours de création.
Nous vivons dans une époque où la valeur des choses est non seulement circonstancielle, mais aussi abstraite. C'est en particulier mis en évidence dans le cas de l'expression créatif.
Je ne saurais dire si mon geste prend de la valeur avec chaque répétition… Sans doute que non, ou alors seulement dans la mesure de leur contribution à la totalité de chacune de mes créations, si infimes et simples qu'elles puissent-être.
Mes pièces seront peut-être appréciées à leur juste valeur. Quoi qu'il en soit, il est temps de faire mes étiquettes de prix.
Ensuite, je retournerai à la répétition du geste.
Jeu d'omok
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