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jeudi 2 mai 2019

J'ai eu du bol

Je fais mes cuissons la nuit pour profiter des heures creuses. Quand je me lève, j'ai l'habitude d'aller voir la température du four, sachant qu'il reste un jour de refroidissement. 

Lors de ma dernière cuisson émail, au matin, j'ai trouvé le four penché et il était encore à 900°. Deux roulettes du socle du four ont lâché et le four se serait peut-être couché sans le mur à côté duquel il était placé.



J'ai eu un coup d'angoisse, mais le four s'est refroidi sans problème. Premier ouf.

Je craignais toutefois que le four soit très abimé dans le cas où les pièces se seraient collées aux parois ou aux résistances du four.

A l'ouverture, les plaques d'enfournement avaient glissé mais je n'ai eu que deux pièces qui se sont collées aux briques du four. Une troisième pièce était abimée par une des quilles d'enfournement penchées. 


Ni les résistances ni la sonde ne semblaient être touchés. Quelques briques étaient abîmées, mais c'est tout. Deuxième ouf.


Aucune pièce d'élève n'a été abîmée. Troisième ouf.

Avec A (qui arrive à soulever le four !) nous avons enlevé les roues. Le four est maintenant posé directement sur les pieds du socle. Je l'ai remis en route pour une cuisson biscuit le jour d'après. Pas de problème. Et ce matin j'ai ouvert le four après une cuisson émail : tout s'est bien passé.

Je me dis que c'était un exercice de tournage : il me fallait rester centrée en attendant le refroidissement plutôt que de perdre la tête. Soit le four était abimé soit il ne l'était pas et je ne pouvais qu'attendre pour savoir.

Je suis soulagée de ne pas avoir un four hors-service avec les frais et délais associés !

Résultat final : suite à un peu de meulage, l'assiette qui s'est collée à la paroi du four a rejoint la famille de nos poteries dépareillées dans la cuisine.


mardi 23 avril 2019

Qu'adviendra-t-il du bordeau et du blanc ?

Depuis notre arrivée dans les Côtes d'Armor, j'ai du mal à écrire sur le blog. J'avais une phase Instagram pendant laquelle je partagais des photos, mais depuis septembre j'ai du mal à partager quoi que ce soit sur internet. Avec le printemps, je me dis qu'il est temps de reprendre le blog, mais avec des billets plus courts afin de donner un aperçu de la vie à l'atelier.

Cette semaine à l'atelier...

... Deux élèves ont testé l'African Stone de Solargil. Cette terre est rouge, presque bordeau quand elle est crue mais devient noire à la cuisson.  Mes élèves ont tourné de jolies boîtes.


Leur enthousiasme pour la couleur et la texture (finement chamottée) de l'African Stone m'a donné envie de finir le pain de terre. Il en a résulté une série de tasses et bols...


...quelques vases...


...et des tuiles test.


Je vais poser différents émaux sur ces tuiles afin de voir si le rendu diffère de ce que l'on obtient lorsque les mêmes couleurs sont posées sur un grès blanc ou beige. Normalement les couleurs devraient être beaucoup plus foncées voir dominées par la terre noire. Certaines tuiles ont une couche d'engobe blanc afin de tester la pose d'émaux clairs.

L'objectif final est d'émailler l'intérieur de ma série de bols en vert clair, tout en laissant la jolie African stone apparente à l'extérieur. J'ai déjà hâte de lancer les cuissons !

samedi 11 novembre 2017

Ça caille à l'étage

Le trou d'aération sur mon nouveau four est dans le couvercle. Par le passé, j'utilisais des fours avec le(s) trou(s) d'aération sur le côté ou dans le sol, avec ou sans plaque glissante permettant de fermer le trou. Je connais aussi quelqu'un qui n'a pas de trou dans son four électrique. Je ne vois pas pourquoi les fabricants ne rajoutent pas systématiquement le trou et un système de fermeture pour ce trou, car il me semble nécessaire d'évacuer les gazes lors de la cuisson biscuit (donc, mieux avec un trou) ainsi que de refermer ce trou quand on fait des cuissons d'émail afin d'avoir des températures plus ou moins similaires à tous les étages du four.

En changeant de four, je m'étais dit que je verrais peut être des différences dans mes émaux. Effectivement, j'ai eu deux problèmes. Dès fois mon bleu, composé d'une couche de rouge de fer et une couche de nacré (titane), faisait des trous d'épingle.








Et mon émail blanc avait parfois l'air sous-cuit.

Il était rugueux et parfois faisait même des grosses bulles, surtout là où l'émail était épais...


...ou alors l'émail se retirait par endroits.












J'ai décidé de ne plus mettre les pièces émaillées en blanc sur l'étage supérieur du four. J'ai recuit les pièces en les mettant sur un étage plus bas du four et l'émail s'est étalé correctement. Hourrah pour la recuisson !

Il y a un mois, ne sachant pas quoi mettre sur l'étage maudit du four, j'y ai placé les mugs bleus aux trous d'épingles pour une deuxième cuisson, sans trop y croire. Ça a très bien marché, plus de trous... mais le bord des mugs est devenu jaune. Ça me rappelle des tests d'émaux que j'avais fait en 2016 avec fer+titane où, au lieu d'obtenir du bleu, j'ai eu du brun, du jaune, et du violet... à peu près tous les tons qu'on voit sur mes mugs recuites.











Je pense que le bleu est plus impacté par l'application de l'émail que par les différences de température dans mon four. J'ai lu quelque part que les trous d'épingle peuvent être un problème quand on applique une deuxième couche d'émail avant le séchage de la première couche. Depuis deux cuissons, j'applique ma première couche et ensuite j'attends 24h avant d'appliquer la deuxième. Pour l'instant, ça marche.


Depuis mes deux dernières cuissons, j'ai aussi une nouvelle démarche qui me permet de charger le four entier sans problèmes de température :
- Je remplis le four jusqu'à l'avant-dernière étage avec des pièces émaillées (biscuitées).
- Sur l'étage supérieure, je fais cuire en mono-cuisson des pièces en porcelaine-papier.
- Je lance le four (électrique) en heures creuses, avec le trou ouvert pour que les gazes des pièces en mono-cuisson sortent.
- Je dors un peu.
- Le four me réveille au milieu de la nuit. Je traverse la courette sous les étoiles pour boucher le trou avec un morceau de fibre couvert d'un morceau de plaque.
- Je finis ma nuit. Au réveille, je bois mon café dans ma tasse de G. Heizmann achetée cet été à Tréguier.
- J'attends (toute excitée) le jour suivant pour ouvrir le four et voir si les porcelaines ont pété et si mon bleu est comme je le veux.

En ce qui concerne la porcelaine-papier, c'est une technique que j'avais laissée de côté le temps d'ouvrir la boutique et d'organiser ma production. (Plus d'infos sur cette technique dans ce billet de 2016.) En octobre j'avais enfin le temps de faire une barbotine de porcelaine-papier et avec deux autres potières du coin nous avons fait quelques pièces. Pour l'instant je n'en ai cuit que quelques unes, mais je suis assez contente des résultats de ces porcelaines cuites à l'étage froid du four !





lundi 20 février 2017

Réduction en four à gaz

Jusqu'à présent je n'avais jamais fait de cuisson en réduction dans un four à gaz. Je fais mes cuissons en oxydation dans un four électrique. Avec les deux types de cuissons on peut obtenir des effets différents car la présence (oxydation) ou l'absence (réduction) d'oxygène peut impacter les émaux. Par exemple, avec une cuisson en oxydation, un émail au cuivre sera vert, tandis qu'en réduction il pourra être rouge. Dans le four électrique, on est limité aux cuissons en oxydation car il n'y a pas de combustion à l'intérieur du four, qui est chauffé par des résistances. Dans un four à gaz ou un four à bois, la combustion se passe à l'intérieur du four et si on réduit l'apport en oxygène, la flamme va chercher l'oxygène nécessaire à la combustion dans les émaux. Ça change la composition chimique des émaux et produit des couleurs différentes.

Ça aurait été un peu dommage de quitter la pépinière sans avoir fait de cuisson en réduction - d'autant plus que le musée a récemment acheté un four à gaz flambant neuf. La semaine dernière j'ai enfin pu apprendre à faire une cuisson dans ce four, et c'étais à la fois simple et compliqué.

Première complication : je n'avais pas d'émaux pour réduction. J'ai donc cherché des recettes et surtout des recettes comprenant des ingrédients que j'avais déjà dans l'atelier. J'ai pas mal de livres avec des recettes d'émaux et on en trouve aussi sur internet. J'ai choisi un rouge de cuivre, un bleu de fer, un shino, et un céladon.
Deuxième complication : normalement, pour tester un nouvel émail, je glisse une tuile et/ou un petit bol couvert de cet émail dans une de mes cuissons, ce qui évite de fabriquer beaucoup d'émail pour rien. Cette fois-ci j'ai du remplir le four avec des pièces couvertes de ces quatre émaux inconnus. J'ai donc choisi des pièces biscuitées qui traînaient dans l'atelier depuis des mois (des trucs un peu moins réussis.) J'ai laissé de la marge aux pieds des pièces au cas où les émaux couleraient.
Troisième complication : c'était la première cuisson en réduction dans ce beau four avec réglage automatique ou manuel, et avec P. nous avons découvert ensemble comment gérer la réduction.

Première simplicité : Ce que j'appréhendais toujours dans la cuisson à gaz (par manque d'expérience) c'est de ne pas bien gérer l'arrivée du gaz. C'est un peu ridicule, car tout ce qu'il faut faire c'est ouvrir une vanne et gérer la pression.
Deuxième simplicité : En bas, le four a quatre brûleurs. A l'arrière il y a une série de cheminées, dont les sorties sont juste en dessous de la hôte du four. Pour créer un atmosphère réductrice, on ferme partiellement le registre du four, couvrant en partie les sorties de cheminée. Cherchant l'oxygène, la flamme sort par les cheminées. Quand on voit cette flamme, bleue ou verte selon la composition des émaux, on sait que la réduction est en cours.

Ici, le registre est à moitié fermé et on y voit les flammes.

Si on ferme trop le registre, la température stagne. Pour monter, on peut augmenter la pression ou rouvrir un peu le registre. Si les flammes à la sortie des cheminées disparaissent, c'est qu'on est retourné en oxydation.

Petit hic :  nous sommes passés de cuisson automatique en cuisson manuelle, au milieu de la cuisson. Il y avait un petit temps mort pendant lequel la température a baissé et nous sommes retournés en oxydation. Nous avons ensuite redémarré le four, la température a remonté et nous avons redémarré la réduction.

En ouvrant le four, j'ai trouvé...

...un beau shino. Plus c'est épais, plus c'est blanc.
Posé assez finement sur du grès de Treigny, on a un beau teint orange.


...un bleu de fer pas bleu du tout ! Il est vert comme des haricots trop cuits.
Sur les pièces où j'ai superposé shino sur bleu de fer,
il y a une zone bleu-grise, pleine de cloques !


...un céladon raté sur le vase posé en haut du four, mais pas mal sur 
les assiettes du bas sauf qu'il est très gris. Dans les deux cas, c'est du grès de St. Amand ;
à mon avis, il serait mieux sur une terre plus blanche.


...un rouge de cuivre qui est devenu plus ou moins rose/bordeaux selon les pièces. Les assiettes posées au fond en bas du four sont bien bordeaux sur leur moitié en rouge de cuivre mais les bols posés plus hauts dans le four sont verts avec des points rouges. Les objets en grès blanc sont restés plus verts que ceux en grès de St. Amand.


Hmmm... qu'est-ce que ça veut dire, tout ça ? Il faudrait refaire une cuisson avec les mêmes émaux et sans retour en oxydation en haut de la courbe afin de voir si les émaux réagissent mieux. Ensuite il faudrait potentiellement changer la période de réduction, la courbe de cuisson, ou les recettes.

Je ne vais pas avoir le temps de faire tous ces tests avant de quitter la pépinière et je ne pense pas que je vais avoir un four à gaz dans l'avenir proche. Néanmoins je suis ravie d'avoir fait cette cuisson. Je comprends mieux à quel point la pratique est nécessaire pour contrôler et/ou prédire les résultats en réduction, mais je vois aussi que le déroulement de la cuisson est relativement simple. Qui sait, peut-être un jour j'aurai un four à gaz permettant de continuer ce genre de recherches. Et entre temps, je trouve l'expérience motivant sur d'autres niveaux. Ça me donne envie de poursuivre mes recherches en oxydation et d'approfondir d'autres types de cuissons, comme le raku et le pit-fire. En céramique, chaque découverte est une porte ouverte vers de nouvelles aventures !





dimanche 31 juillet 2016

L'arrivée du beau temps

Certains sont en vacance...

 .... tandis que pour nous, l'arrivée du beau temps signale l'arrivée des touristes. Du coup, les weekends, nous découvrons la Normandie en exposant sur des marchés et en semaine je m’entraîne au tournage avec des démos pour les visiteurs au musée.

Le weekend passé, par exemple, nous étions à Honfleur pour le marché de potiers. Etant actuellement à la recherche d'un atelier-boutique pour l'année prochaine, je regarde tous les villages, y compris Honfleur, d'un autre œil : je me demande comment ça serait d'y vivre, où serait le meilleur emplacement dans la ville pour un atelier, etc. En discutant de la ville avec A. après le marché, nous en avons conclu qu'il serait difficile de se garer, que l'immobilier doit être cher, et que la compétition entre les nombreuses boutiques doit être rude.

Vous avez déjà été à Honfleur ? On y rencontre beaucoup de touristes autour d'un petit port entouré de belles maisons à pans de bois ou couvertes de tuiles d'ardoise.









On y trouve également l'homme en blanc que j'ai vu tellement de fois à Paris (notamment sur la porte d'en face de l'atelier où je prenais des cours de tournage.)

En montant la colline, on déambule dans des petites ruelles entre des maisons bombées datant d'une autre époque. Le marché de poterie se tient sur la place St. Catherine, là où se trouve une église exceptionnelle. Elle est apparemment la plus grande église en bois de France et en rentrant dedans j'ai eu l'impression de voyager dans le temps. Notre stand était sur le flanc de l'église, et A. a pris cette photo des vitraux juste au bon moment !

C'est grâce à A. qui m'accompagne que j'ai la chance de pouvoir circuler un peu dans les environs des marchés, au lieu de passer tout mon temps derrière le stand. Il est bizarrement fatiguant de passer deux jours sur un marché, et c'est beaucoup plus facile à deux.

Hier soir nous étions à la fête Foksa Fourmille à Fontenai-les-Louvets, petite fête super conviviale avec des producteurs et des artisans locaux, des stands sensibilisant le public à des thèmes écologiques (consommation énergétique, identification des animaux sauvages, réduction des déchets), des concerts, des jeux et autres activités pour les enfants... Le public était très attiré par les poteries, ce qui nous change de certains autres événements qu'on a pu faire.

Dimanche et lundi prochain (7&8 août) nous serons sur le marché de potiers à Bricquebec, où à priori il s'agira aussi d'un public qui aime la céramique. Pour un aperçu du marché, vous pouvez regarder cette vidéo faîte par V. Rousseau.

Entre les marchés, les journées passent vite. Tout d'un coup il y a beaucoup plus de visiteurs aux musée et donc une partie de chaque journée est dédiée aux démos de tournage. J'apprécie le contact avec le public, car tout le monde aime voir du tournage et c'est enrichissant de discuter des techniques et de l'histoire de la poterie à Ger. En plus, j'en profite pour tester des nouvelles formes.

J'essaie aussi de faire quelques tests d'émaux, à la recherche d'un bleu qui me va.
 Je fais des tests avec du titane et de l'oxyde de fer, sans résultats concluants. Mais une discussion avec C. Bruckner m'a donné des idées à poursuivre, donc c'est reparti pour de nouveaux échantillons !

dimanche 28 février 2016

Défournement

Je me dis que le printemps est là parce que mes élèves commencent à discuter de ce qu'ils vont semer dans leurs potagers et parce que le chat demande à nouveau à sortir.

Qui dit printemps dit marchés de poterie, et je dois me préparer pour mon premier marché de la saison qui aura lieu à Honfleur le 28 & 29 mars. Mais avant de tourner de nouvelles séries pour les marchés, je voulais finir quelques expériences dont les résultats sont sorties du four ce weekend.

Bols sur ballon

Dans le cours que je donne le lundi soir au musée, nous avons créé des bols en grès ou en porcelaine en utilisant un ballon comme support.

Pour les bols en porcelaine, on trempe des morceaux de papier dans un engobe de porcelaine. Ensuite, on les étale sur le ballon. Enfin, après une première période de séchage, on remet une couche d'engobe à l'aide d'un pinceau. Le mieux c'est de rajouter plusieurs couches de porcelaine au pinceau jusqu'à ce qu'on aie un bol qui tiendra à la cuisson, sachant que le support papier brûlera.


Avant les cuissons du cours, je voulais tester si ce genre de bol se déformerait moins en mono-cuisson et si ils seraient translucides une fois émaillés.

Dans ces photos, le bol de gauche a été cuit en mono-cuisson, tandis que celui de droite à été biscuité avant la cuisson émail. Celui de gauche s'est déformé beaucoup moins. On fera donc une mono-cuisson pour les bols du cour, émaillés ou pas, selon le choix des créateurs.

Pour ma part, je suis contente du résultat de l'émaillage : translucide !

Chatôphore

En janvier, j'ai travaillé sur un nouveau chatôphore (voir ce billet), et je l'ai enfin émaillé. Certains éléments du chatôphore sont réussis, d'autres moins. 


Il est pas mal quand les bougies (ici des LEDs) sont allumées, et je suis contente du rendu de l'émail blanc sur le grès de Treigny. Par contre, ci-dessous vous pouvez voir qu'il y a des fissures qui se sont ouvertes à la cuisson. Ca ne m'étonne pas tant que ça, parce que j'ai laissé mes formes de base (trois cylindres tournés) trop sécher avant de faire l'assemblage et la décoration.


Tout ça pour dire que je vais faire un nouveau chatôphore avec la même terre et le même émail. Il sera du même esprit que celui ci, mais mieux construit (j'espère.) Pour l'instant, personne ne m'embauchera comme architecte !

Poissons, engobe au cobalt

Toujours inspirée par l'expo Poissons d'Avril, je m'amuse à faire des assiettes en forme de poisson. Les premières assiettes balançaient un peu sur la table, donc je me suis dit qu'il y avait besoin de pieds. Si vous regardez bien la photo vous verrez alors l'une des quatre pattes de ce poisson. (A. de l'association Terres d'Echange me disait "c'est un poisson Darwinien ?" - ha !)


Sur certaines pièces, je me suis mise à utiliser un engobe bleu composé de grès de St. Amand et de cobalt. Je trouve le rendu pas mal sur ce poisson et je vais surement en refaire. L'engobe est également pratique pour les gens qui viennent faire un seul cours pour découvrir la poterie, car ça leur permet de rajouter un peu de couleur sur la terre crue. Ensuite, je mets une couverte transparente et je cuis leurs pièces.

Nouveaux émaux

J'ai testé deux nouvelles recettes, et le blanc ici à gauche me convient bien.

Quand le blanc recouvre le tenmoku (deuxième tuile en partant de la gauche dans la deuxième image) ça donne des taches de léopard.  





Ensuite, j'ai testé le rajout de différents éléments dans l'autre base blanche, celui qui est à droite dans l'image du haut. De gauche à droite ici on voit:
- la base sans rajout
- la base avec +5% de rutile qui donne un blanc bleuâtre, nacré.
- la base avec +3% de rutile et +3% de carbonate de cuivre qui donne un vert qui devient bleu en épaisseur
- la base avec +3% d'oxyde de cobalt qui donne un bleu un peu trop foncé à mon gout. Je vais retenter l'expérience avec moins de cobalt.

 
Et, dernier essai, j'ai testé une nouvelle recette pour un rouge de fer en oxydation. Qui me plait beaucoup. La photo ne le rend pas justice, mais c'est presque aussi beau que le rouge de fer que A.I. m'avait rapporté du Japon.


En somme, je suis très contente de cette cuisson. J'ai hâte de voir ces nouvelles couleurs sur des pièces à ma prochaine cuisson émail !

mercredi 28 octobre 2015

Atelier Khnoum en Automne

Presque le mois de novembre ! Cette année on ne fêtera pas Halloween comme on a pu le faire d'autres années (2012, 2011). A. m'a suggéré de faire des masques, et nous les avons fabriqués la semaine dernière, mais ils ne seront jamais cuits et émaillés à temps.

Le masque d'A.sera encore plus intriguant une fois sa moustache en place.
 Elle sera en fibre naturelle, contribuée par notre voisine qui fait du filage.

Et j'espère que l'émaillage du mien permettra de mieux
différencier entre le coté lune et le coté soleil.

Bon, pas de déguisement pour Halloween, mais P. m'a appris hier que le Carnaval à Granville est un événement à ne pas rater. Du coup je me dis qu'au lieu d'avoir une semaine de retard sur le déguisement, nous avons plutôt quatre mois d'avance !

En parlant de Granville, nous y serons aussi pour Halloween, car Atelier Khnoum expose au Salon Matières Libres du vendredi 30 octobre au dimanche 1 novembre. C'est un salon des métiers d'art et de la création; si vous aimez les belles choses, venez voir les créations (verre, bijoux, vêtements, boiseries, céramiques, maroquineries, meubles, sculptures...) à la salle de Herel, Boulevard des Amiraux Granvillais.

plus d'infos dans cet article

Je voulais absolument tester deux émaux avant le salon.

Ces vases sont recouverts du nouveau tenmoku...


.... et ces tirelires ont baigné dans le nouveau bleu.


Tout va mieux au niveau de mes émaux depuis que j'ai rallongé le palier final dans mon cycle de cuisson. Quand j'ai changé de four (à mon arrivée à Ger), mes émaux ont développé plus de trous d'épingle. Avec un palier de 45 minutes à la fin de la montée, je n'en ai plus. En plus, mon émail craquelé, qui était jusqu'alors un peu laiteux et/ou rugueux est devenu carrément transparent et brillant.

Après le salon à Granville, je vais avoir tout le mois de novembre pour préparer le marché de noël à Cherbourg. Si j'ai négligé le blog ce dernier temps, c'est surtout parce que je veux être sûre d'avoir suffisamment de stock pour le marché ! Les jours ne sont jamais assez longs (avec, de surcroît, la nuit qui tombe de plus en plus tôt !) pour accomplir tout ce que j'ai de prévu - tournage, finitions, émaillage, cours...

En plus des cours au musée, je vais bientôt donner un cours de poterie pour débutants à la bibliothèque de Mortain. Le cours adulte sera le vendredi 6 novembre et le cours pour enfants le samedi 7 novembre (Inscriptions à la bibliothèque ou par téléphone au 02 33 59 75 65 ). Si vous avez des bons souvenirs de la pâte à modeler, c'est le moment de prendre votre téléphone et de réserver votre place !

A vrais dire, si je n'ai pas écrit un billet depuis quelques semaines c'est aussi que mon temps libre est consacré aux balades ou à la cuisine, les deux étant souvent liées en cette saison. J'ai fais tellement de crumbles avec les pommes ramassées qu'on s'est dit qu'il va falloir refaire des pies, pour changer. Nous avons ramassé des noisettes et des châtaignes. Comme il n'y en avait pas là où j'ai grandi, c'est complètement nouveau pour moi. Je suis ravie de manger des châtaignes bouillies. C'est tellement simple, tellement bon !

Avant

Après

On pourrait penser que je me promène uniquement pour manger, mais en fait non, c'est aussi pour nourrir mes sens en général. Les arbres sont de toutes les couleurs en ce moment, et le ciel aussi. L'air change d'odeur et de texture selon l'heure et la météo. Et le cri des chouettes annonce la tombée de la nuit.


samedi 30 mai 2015

Premières poteries de la pépinière

Cette semaine, j'ai défourné ma première cuisson émail !

J'ai décidé d'émailler avec mon émail craquelé, mon bleu, mon vert, et deux émaux de Solargil (blanc et vert cristallisé). Mes pièces étaient en grès blanc ou en grès roux chamotté. Ici, à la pépinière, je peux émailler au pistolet, ce qui est pour moi une nouveauté (voir ce billet). Dans les fours du musée, je peux également enfourner plus d'objets à la fois. Nouveau four, nouvelle terre, nouvelle technique d'émaillage... je n'étais pas sûre de ce que j'allais avoir comme résultat.

La caverne d'Ali Baba

Il s'avère que sur le nouveau grès roux, mon émail craquelé donne une espèce de rose. La couche d'émail est régulière, mais je ne suis pas sûre d'aimer la couleur.

Ça me plait tout de suite plus si j'y mets des fleurs !

Mon vert me satisfait, mais je ne m'en suis pas encore beaucoup servi, donc pas de photos cette-fois-ci.

Je suis déçue par mon bleu. On voit tout de suite les inégalités de la couche d'émail et il a des trous d'épingle.


Je pense qu'en plus de mon manque d'expérience avec le pistolet, l'émail lui même laisse à désirer. D. m'a conseillé de revoir ma recette et m'a donné quelques pistes d'amélioration à suivre.

Le vert cristallisé de Solargil a donné de bons résultats sur les tirelires en grès blanc. Sur le poisson, j'ai également pulvérisé un peu de blanc par dessus le vert cristallisé.


Mes mugs couvert du même vert cristallisé ne sont pas réussis; la couche d'émail n'est pas uniforme et je ne m'attendais pas à un résultat si terne. 


En ce qui concerne ces mugs, c'était autant un test de forme que d'émail. Je suis contente de la taille de ces mugs ainsi que des anses tordues. Cela dit, bien que la prise en main soit parfaite pour moi, pour A. l'anse est trop petite. Je pense que pour la prochaine série je vais faire des mugs dont l'anse n'est torsadée que sur le haut.

Le blanc de Solargil est une valeur sûre. Etant satisfaite de cette série, je vais tourner plus d'objets dans le même genre.


Je me demande quels seront les émaux qui plairont le plus au public cet été sur les marchés. Personnellement, je préfère des émaux qui donnent à l'objet un effet naturel. Si, en regardant un objet en céramique, je peux m'imaginer de le trouver au bord d'un ruisseau ou poussant sur un arbre, il sera agréable à mon œil. ...et cela n'exclut pas les couleurs brillantes et éclatantes.

En termes de couleurs, la Nature est imbattable !
 Nous avons vu cette merveille en nous baladons à la Tourbière de la Lande Mouton près de Ger. 




vendredi 6 mars 2015

Emaillage par pulvérisation

Jusqu'à présent, j'ai émaillé les pièces en les trempant dans un bain d'émail. Technique simple, car on n'a qu'à plonger les pièces dans le seau d'émail. Mais elle est également compliquée par les problèmes suivants :
  • Comment éviter les traces de doigts ? On peut tenir les pièces avec des pinces, mais je n'ai jamais aimé cette technique. Je fini par tremper les pièces en deux temps, ce qui évite les traces de doigts, mais crée souvent des inégalités au niveau de l'épaisseur de la couche d'émail.
  • Comment gérer une pièce qui est plus grande que le seau ? Comment faire quand l'émail est pratiquement épuisée et qu'il ne reste pas assez de profondeur dans le seau ? On peut contourner ces problèmes en versant l'émail sur l'objet, mais là encore, on risque d'avoir des épaisseurs différentes.
Sachant qu'on obtient une couche d'émail plus uniforme avec un pistolet à peinture à air comprimé, j'imaginais qu'un jour  j'aurais ce genre d'équipement. Mais je n'avais pas prévu d'en acheter dans l'immédiat, faute de cabine d'émaillage dans mon atelier actuel. Puis, cette année pour Noël, AI m'a donné un pulvérisateur manuel.


 Il est composé d'un pot qui contient l'émail, un petit tube qui descend du couvercle et qui permet à l'émail de sortir du pot, et d'une "paille". Quand on souffle dans la paille, une pluie fine d'émail est projetée sur l'objet.


J'ai utilisé cet outil pour la première fois lors de ma dernière séance d'émaillage. 
Voici les résultats :

Soliflores, sur ALM - Shigaraki et émail Iga

Vase, sur ALM 
Grès de St Amand et émaux tenmoku & transparent craquelé

Je trouve ces premiers objets émaillés au pistolet (enfin, à la paille) très encourageants ! J'ai très envie de continuer avec cette technique, sur toute sortes de formes.

Je suis également ravie de savoir que je vais pouvoir expérimenter plus avec l'émaillage en pulvérisation à la pépinière, car là-bas je disposerai d'une cabine d'émaillage ! La vapeur d'émail émise par mon nouvel outil artisanal est aussi nocive que le gouttelettes envoyées par un pistolet pneumatique, ce qui veut dire qu'une vrai cabine (plus masque de protection) sera beaucoup plus pratique que la technique que j'ai utilisée cette fois-ci. (J'avais mis les pièces sur une tournette dans l'évier.)

En passant, j'ai fait une brève recherche sur le web afin de voir si je pouvais trouver des outils semblables à ce que AI m'a donné, car il me l'a ramené du Japon. Pour l'instant, je n'en ai pas vu, mais je pense qu'un tel outil sera relativement facile à créer soi-même. Sinon, j'ai vu ces instructions pour la fabrication d'un pistolet pour émaillage qui utilise un gonfleur à pied pour la propulsion de l'air. En tout cas, j'aime bien ces solutions qui ne demandent pas de compresseur électrique. En ce qui concerne la cabine, on peut en acheter chez Solargil, ou la fabriquer soi-même. Cet article offre une excellente description de la cabine et des raisons pour lesquels c'est pratique, voir nécessaire, d'en avoir une.

Si vous, comme moi, envisagez de vous mettre à l'émaillage par pulvérisation, j'espère que cet article vous sera utile, et que vos objets seront réussis !