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mercredi 8 juin 2016

A l'écoute dans l'atelier

Dans l'atelier, j'écoute beaucoup France Inter, et surtout l'émission d'Elsa Boublil, "Vous avez dit classique ?" Pour ceux qui ne connaissent pas l'émission, il s'agit d'un dialogue avec une personnalité (musicien, acteur, autre) où ils discutent des musiques (classique ou autre) qui ont touché l'invité au cours de sa vie. La musique est bonne et les parcours des gens sont intéressants. Et puis, il y a souvent du Bach.

Un jour un psychologue, invité à l'émission, a parlé d'une étude démontrant que l'écoute d'une musique enthousiaste peut rendre une personne plus optimiste et plus sûre de ses capacités. Depuis, je pense à cette étude dès que j'écoute un morceau de musique qui influence positivement mon travail.

En ce moment c'est la musique de Susumu Hirasawa qui me donne un élan particulier dans l'atelier. Hirasawa a fait la musique du film Paprika, et quand j'écoute Parade*, je suis emportée, non seulement par la musique, mais aussi par l'ambiance d'une scène dans ce film : cette musique fait le contrepoint sonore d'un défilé un peu fou.


Mais même si je ne connaissais pas le film, je pense que je serai sensible à cette musique qui est (chez moi) idéale pour le tournage et pour la création des châto-phores.

Le châto-phore qui attend la cuisson

Les jours d'émaillage, j'évite d'écouter les infos ou d'autres émissions radio, car ça peut être une distraction (et les nouvelles sont souvent mauvaises.) La dernière fois, j'écoutais The Weatherman en boucle. Je rentre très facilement dans l'ambiance de cet album qui est comme un road trip. Et puis, avec cette musique, l'émail s'étale correctement sur les pièces.

Par contre, en faisant le tournassage ou les rajouts sur les pièces tournées (anses, oreilles des tirelires, etc.) j'aime écouter des émissions radio. Sur France Inter j'aime la matinale, "Vous avez dit classique", et "D'ici D'ailleurs". J'écoute aussi La Tête au Carré, mais je suis parfois déçue de la qualité de l'émission ; je préfère Science Friday, mais je ne l'écoute plus dans l'atelier car je n'ai pas de connexion internet. Par contre, j'y écoute aussi des Ted talks téléchargés préalablement sur mon téléphone. Le contenu est extrêmement divers et, pour moi, la nature optimiste de ces présentations peut avoir le même effet que la musique euphorique.

En écoutant les Ted talks, j'ai collé deux morceaux tournés.
Un test avec un cône d'encens montre que le dragon saura cracher le feu.

Après quelques présentations sur la neuroscience
 (la communication, les rêves), le dragon attend la cuisson.

Ce n'est pas une liste exhaustive de ce que j'écoute dans l'atelier - ça serait trop long ! (Ah oui, j'ai oublié de dire que j'écoute aussi parfois des livres.) Je donne ces quelques exemples ici sur le blog parce que la musique ou les infos écoutées dans l'atelier sont importantes pour moi, et, je crois, pour beaucoup d'autres potiers.



*J'ai une faiblesse pour les défilés japonais. On en trouve non seulement dans Paprika mais aussi ici dans Pompoko ou ici dans Rêves. C'est la joie du défilé (même dans le défilé funéraire) qui me touche.








vendredi 18 mars 2016

Plats

J'attends anxieusement la fin d'une cuisson (de céramiques), en espérant d'avoir un bon résultat pour un projet dont l'échéance s'approche rapidement. En attendant, j'ai travaillé un peu sur le look de mon stand pour les marchés d'été, fabriqué des magnets, mis un nouveau objet sur Etsy, mis à jour les infos sur l'expo Poisson d'avril sur le site de Terres d'échange... maintenant que j'écris cette liste, je réalise que je n'ai pas complètement perdu mon temps, mais j'ai eu l'impression de me tourner les pouces toute la journée.

Tout à l'heure je me suis dit, "hmm, faire des cookies ? suivre la recette que j'ai trouvée pour la terre sigillée ? partager mes procrastinations sur le blog ?" Allez, pas difficile à choisir. Mais je reste dans le thème recettes !

Fut un temps, je parlais beaucoup plus de nos repas sur le blog. Vous pensez peut-être que depuis notre arrivée à Ger nous ne mangeons plus que les crumbles et les apple-pies évoqués dans certains billets. La réalité est tout autre ! Depuis notre arrivée ici, on va très peu au resto et A., depuis toujours un bon chef, s'est mis à explorer de nouveaux plats. Voici quelques exemples. La qualité des photos n'est pas toujours top, mais vous comprenez, on était sur le point de manger, c'était trop beau pour ne pas prendre la photo, mais il fallait le faire vite avec le téléphone !

Ochazuke & Oeuf poché de La peau d'ourse


A.I. nous a donné des paquets d'ochazuke qu'il a rapportés du japon. Il s'agit d'un petit paquet d'ingrédients lyophilisés (thé vert, sésame, poisson, par exemple) qu'on étalle sur le riz. Ensuite on y verse de l'eau chaude. Les gourmands (c'est moi !) peuvent y rajouter un œuf poché. Ma vie a changé depuis la lecture de ce billet de La peau d'ourse qui inclut des instructions pour des œufs pochés au micro-ondes. Trop facile ! De plus, le donburi aux aubergines dont on trouve également la recette est délicieux. Pas de photo ici, mais j'en fais régulièrement.

Ce qu'on a trouvé dans le frigo
A. est champion de la cuisine impromptu. "Tu aurais envie de manger quelque chose ?" je lui demande. (Ton innocent. Sous-texte : tu cuisines ?) "Un steak" il dit. (Ton innocent. Sous-texte : ok, je vais nous faire un truc délicieux avec tous ces légumes dans le frigo.)
Ici, par exemple, il nous a fait des légumes épicés avec un peu de feta et un croustillant de feuille de brique.

C'est dommage que je n'ai pas de photo d'un de ses currys. Souvent quand on n'a qu'un tas de légumes dans le frigo, il nous fait des currys avec un mélange de cumin, graines de fenouil, coriandre, garam masala, cardamome, fenugrec, poivre noir, piment,...

Quand A. cuisine, il prête systematiquement attention à la présentation. Ici, omelette aux légumes, maquereaux fumés, mayonnaise, mélange épinards/miso, le tout sur du riz bien caché sous les autres ingrédients.
Nous mangeons beaucoup de maquereaux fumés de la marque Balthor. Parfois on va exprès à la supérette de Ger pour en acheter, car c'est le seul magasin du coin qui en vend. La dame à la caisse doit se dire "Encore ce couple ! 6 boites de maquereaux et 6 bonbons, comme d'hab. Pourtant ils n'ont pas l'aire d'avoir des carences alimentaires..."

Non, mais je vous dis, notre alimentation est encore plus variée depuis notre arrivée ici. J'ai découvert notamment le radis noir, légume que je n'ai jamais mangé auparavant. Ici il est montré en toute simplicité sur du riz avec un peu de je-ne-sais-plus-quoi comme sauce et des graines de sésame noir.

Ah oui, le radis noir est blanc, en fait, une fois qu'on enlève la peau noire. Niveau gout, c'est pas très différent d'un radis rouge. On peut le faire tremper dans du vinaigre pour en faire un pickle qui fait un contrepoint délicieux aux mets un peu gras.

Notre fidèle gaufrier
Il y a peut-être 10 ans, la sœur de A. nous a offert un gaufrier. Cette machine a aujourd'hui tendance à surchauffer après quelques gaufres, mais tant que quelqu'un le branche/débranche au bon moment, elle continue à faire des gaufres superbes (et d'excellents croque-monsieurs.)

Est ce qu'on se contente de manger des gaufres classiques ? Non. Même si nous reconnaissons les mérites des gaufres classiques (surtout en présence de beurre ou de sirop d'érable), ce n'est pas une raison de ne pas explorer d'autres pistes avec son gaufrier.

On peut, par exemple, faire cuire des mochis dans le gaufrier (plus d'explications ici). A condition d'avoir des mochis, bien sûr, mais c'est encore l'un de ces produits que parfois A.I. nous ramène gentiment de Paris ou du Japon.

Cette fois, A. a suggéré de faire des okonomiyakis dans le gaufrier. La photo à droite montre la moitié d'un okonomiyaki normal (l'autre moitié étant sur une autre assiette.) C'est une galette composée d'une pâte liquide (comme pour les crêpes), chou haché, d'autres ingrédients (viande, fruits de mer) si on veut, le tout couvert de sauce et de katsuobushi.

Au lieu de faire une galette, il a donc versé la pâte dans le gaufrier et ça a super bien marché :
















Très content de ses bons résultats, il a décidé de faire des falafels dans le gaufrier. Le falafel est un mélange de pois-chiches et épices. Normalement ce mélange est frit, mais là, A. a simplement mis la pate dans le gaufrier, et presto:


Le gout était semblable à un falafel "normal." Hourah - falafels sans friture !

Le falafel classique se mange dans un pita avec d'autres ingrédients qui varient selon l'origine du cuistot (libanais, isralien, autre.) N'ayant pas de pain pita, nous avons utilisé des tortillas (version maïs) et en plus du falafel, il y avait des morceaux d'aubergine, des cornichons, de la feta, et une sauce (tahiné, lait de coco, mayonnaise.)

Fromages... anglais !
Nous voisins anglais nous ont invités à goûter à plus d'une vingtaine de fromages anglais.

Ce n'est pas une blague!

En tant qu'américain, j'ai appris dans mon pays et ensuite en France que la France est LE pays du fromage. Ce stéréotype étant fermement ancré dans mon esprit, je n'ai pas beaucoup réfléchi à l'état du fromage dans d'autres pays. Notre voisine nous a dit qu'une fois qu'elle a pris la décision de nous faire découvrir les fromages anglais, elle a fait une liste de plus de 100 fromages ! Elle a du se limiter à une vingtaine dans un premier temps, tout en nous promettant de faire une autre soirée fromage à une autre date. Incroyable.


Nous avons mangé les fromages sur du pain mais aussi sur des crackers, ce qui m'a rappelé les Etats Unis où on fait la même chose. J'aime le pain mais j'adore aussi grignoter du fromage sur des crackers. Yum.

Suite et faim
Voilà. Avant de lire ce billet vous vous demandiez si on fait autre chose que de la céramique. Maintenant vous vous demandez si on ne fait que manger. Mais c'est une activité qu'on exerce plusieurs fois par jour, alors autant y prendre plaisir. En plus, c'est une activité qui nécessite... des céramiques ! Quelle harmonie parfaite.

dimanche 28 juillet 2013

Déformations

A. m'a amenée à la campagne urbaine.



Ça nous a permis d'entretenir nos bronzages d'Hawaii. Dans un champ de trèfles, j'ai regardé des abeilles qui travaillaient dur. Ce faisant, je me suis endormie.

Avant de partir en balade, j'ai entamé le Shigaraki noir que A.I. m'a ramené du Japon. Lors de son dernier voyage, il m'a encore ramené plein de choses magiques : plusieurs sortes de Shigaraki (noir, rouge, blanc), des émaux (temoku, rouge), et de l'engobe.

Ça peut sembler contradictoire, mais je continue à avoir à la fois l'impression de faire toujours la même chose et de ne jamais développer un style. Du coup, avant de me lancer avec la terre venue de si loin, j'avais besoin de réfléchir sur ce que j'allais produire.

J'ai commencé avec des bols à thé. Et afin d'éviter la reproduction des formes déjà explorées, j'ai joué avec la déformation de l'objet. Quand je regarde les bols à thé faits par d'autres potiers, les plus agréables (de mon point de vue) sont ceux qui sont imparfaits. Mais l'imperfection est un sujet difficile. Les déformations et les couleurs aléatoires produites dans les fours à bois sont celles qui me plaisent le plus. N'ayant pas de four à bois, je me demande parfois si c'est la forme qui me plait, ou le résultat de la cuisson : même si le potier y contribue, les objets sont des ressortissant des flammes, des produits naturels.

Je me suis contentée de déformer les bols. J'espère que l'émaillage mettra en valeur les courbes ! Pour déformer un bol, il suffit de faire des traces de doigt à l'intérieur ou bien à l'extérieur du bol. Ensuite, je fais tourner la girelle et je remets le bord du bol en forme. Je trouve qu'un bord régulier rend la déformation plus subtile.  Avant le tournassage, le bol déformé est lourd et moche. Au tournassage, le pied de l'objet ressort : il était caché dans la matière depuis le début. Si le bol de base est bien centré, le bord et le pied après déformation ressortent dans tout leur rondeur parfaite. Je ne peux pas m’empêcher de penser que ça fait la différence entre un bol qui est simplement déformé et un bol qui est déformé exprès.

 



Euh, mais, c'est irrégulier de toute façon, c'est quoi cette histoire ?

Peut être qu'un bol déformé sera plus agréable en main une fois cuit, émaillé, recuit, et rempli de thé. Peut être qu'un bol déformé fera mieux semblant d'être un rocher.
Un rocher au bord du lac ....
Un rocher avec un peu d'eau limpide dans une dépression.
Vous y serez transporté en une gorgée.*

*J'entends la voix de A. me disant, "boire de l'eau sans la purifier ?! Ils vont finir par avoir des parasites !"  

samedi 9 mars 2013

Il s'en passe des choses à Paris !

Quel plaisir d'avoir pu pique-niquer (on est passé dans un super traiteur italien) dans un parc et prendre un bain de soleil avec A. Je résiste à la tentation de semer des graines dans la baignoire qui me sert de "jardin". Je sais que de la neige est prévue pour la semaine prochaine.

Cela dit, c'est bientôt le printemps pour de vrai, et pour fêter ça je participe le 30 et 31 mars au Printemps des créateurs à Paris.


D'ici là, j'ai assez de pièces dans l'atelier (les miennes et celles des élèves) pour faire deux ou trois cuissons de pièces émaillées. Youpi ! C'est toujours Noël quand on ouvre le four après une cuisson, même au printemps !

Cookie jar & vase mural récemment sortis du four

Si vous êtes à Paris, j'espère que vous aurez non seulement le temps de venir me saluer au Printemps des créateurs, mais aussi de voir deux expos, le Festival de Céramique et l'expo VanGogh/Hiroshige.

Le Festival de Céramique a lieu tous les ans dans le 11e (cette année, du 12-14 avril) et c'est l'occasion de voir une grande variété de styles et de techniques. On trouve de la porcelaine, du grès chamotté, des pièces rustiques cuites au four à bois, des pièces très lisses couvertes de formes cristallines qui n'apparaissent qu'à des températures précises.... Cette année, si j'en ai les moyens, je vais m'offrir un objet de la Poterie de la Genevraye.

Les expos Van Gogh et Hiroshige valent le déplacement aussi. Ce sont deux expos liées, ouvertes jusqu'au 17 mars à la Pinacothèque - il faut se dépêcher !
Apparemment, Van Gogh a été un admirateur de Hiroshige et le musée cherche à exposer des liens directs entre les tableaux de Van Gogh et certaines estampes japonaises. Avec M. qui m'a accompagné, on avait du mal à imaginer Van Gogh en train de "copier" des Hiroshigé, car les tableaux de Van Gogh sont très particulier, rien à voir avec les Hiroshige. Cela dit, pour moi, il était intéressant de voir les estampes juxtaposés avec les tableaux et de lire des extraits de courriers écrits par Van Gogh dans lesquels il parlait des estampes et du japon. Ma citation préférée c'était, "Alors, pourquoi ne pas partir dans un pays qui sera notre Japon, dans le Midi ?" Ha ha ! Partons sur le champ manger des okonomiyakis à Arles !
Peu importe le rapport avec le Japon, ce qui m'a le plus plu c'était le fait de regarder des tableaux de Van Gogh. Quelle lumière !! C'est très rare qu'un peintre me donne l'impression de participer à un moment, mais c'est le cas avec Van Gogh. Pour certains œuvres d'art (parfois même en poterie), la photo me suffit, mais pour Van Gogh ce n'est pas le cas; l'effet est beaucoup plus fort face aux tableaux. Ce qui ne m’empêche pas de vous mettre une photo quand même :)

Il se permet de faire des troncs d'arbres avec des couleurs 
qui n'ont rien à voir avec la réalité - et ça marche !

L'expo Hiroshige est très différente. Après la folie de Van Gogh, on a l'impression de voir des photos, des cartes postales. Normal : à l'époque les estampes servait de cartes postales et d'illustrations dans des guides de voyage. Mais quand on les regarde pour de vrai, ça n'a rien à voir avec de simples clichés.

Les couleurs dépassent la réalité

Le mont Fuji dépasse le cadre. Ciel en dégradé. Neige. Grues.


J'ai trouvé ces images grâce à ce site. Si vous n'avez pas le temps d'aller voir l'expo, je vous encourage à visiter le site, qui présente les estampes créées pour illustrer la route Tokaido. On y trouve même la carte avec  les étapes de la route et leurs estampes correspondantes. Toutes les estampes de l'expo à la Pinacothèque sont également richement annotées, nous permettant de voyager dans le temps et l'espace.

...

Quoi !
Vous êtes toujours là en train de lire ?
Allez ouste, au musée !

dimanche 17 février 2013

Cuissons en cours !

La semaine dernière j'ai fait deux cuissons. La première était réservée aux pièces recouvertes d'Oribe, un des émaux que A.I. m'a ramené du Japon (plus d'infos dans ce billet). Afin d'éviter la formation des bulles dans cet émail, j'ai fait monter la température du four à seulement 1220°C. Voici quelques objets issus de cette cuisson !

Une chawan, fait par A.I. en grès roux chamotté et recouvert d'Oribe. Wow. 


Le bol de S.E., joliment tourné en grès de St. Amand. Le verre pilé au fond s'est mélangé de façon extraordinaire avec l'Oribe.


Et une sélection de mes pièces qui méritaient d'être couvertes de cet émail exotique dont il ne me reste q'une petite quantité.


La deuxième cuisson de la semaine était une cuisson "normale", c'est à dire, sans Oribe. Récemment j'avais décidé de baisser la température de ma cuisson "normale" aussi. Auparavant, la température maximum était 1260°, mais maintenant je ne la fais monter qu'à 1250°, et pour l'instant je suis satisfaite des résultats.

Je trouve les œuvres des élèves particulièrement réussis !


Il me reste encore des objets à émailler, mais aussi toute une collection de paquets de terre entamés. Du coup ce weekend, au lieu d'émailler, je me suis attaquée à ce qu'il me reste de la terre "africain stone" dont la chamotte est tellement grande que je ne l'utilise que pour le modelage.

Au début, il y avait des stries uniquement parce que je travaillais au colombin et je voulais poser plusieurs "serpents" avant de lisser la surface. Mais je trouvais la texture plutôt sympathique, et finalement je ai seulement lissé la parois à l'intérieur.


Dupuis le début mon intention était de faire un vase à trois cous.


Le papier sert à soutenir la base. Une fois séché, j'espère que l'objet sera stable, étanche, et pas trop moche. A. m'a dit "cuit le," alors pour l'instant, je le garde :)


dimanche 20 janvier 2013

Oishinbo

Je vous invite à commencer l'année doucement, avec les volets fermés contre la grisaille et la neige fondue, sous la couette peut-être, juste le temps de regarder un petit morceau d'animé japonais. A. m'a montré un  extrait de la version télé du manga gastronomique Oishinbo, un extrait à propos de poterie. Dans cet épisode, il s'agit de la visite d'un sénateur américain qui essaie de persuader le gouvernement japonais de s'ouvrir à l'import du riz américain. Pendant un dîner, l'américain découvre le riz en passant par la poterie et les mets.



J'étais ravie de retrouver les terres Shigaraki et Bizen, vu mes expériences récentes avec ces terres qu'A.I. m'a rapporté du Japon !

D'habitude, je n'associe pas dessin animé et poterie. Mais finalement, il ne me semble pas très étrange de retrouver cette scène dans une série japonaise. Dans les séries animées du japon les personnages sont tout le temps en train de manger (c'est génial !) Et quand on mange dans un resto japonais, c'est beaucoup plus probable qu'on tombe sur des poteries intéressantes (ça m'est arrivée avant-hier, c'était délicieux !) Alors rien de plus normal que cette scène.

Ça vous donne envie de plonger de façon plus profonde dans la poterie japonaise ? Allez, restez sous la couette et regarder cette jolie vidéo sur Nakano Kinjiro, sur le blog de Eric Soulé.

dimanche 2 décembre 2012

Plaisirs, pots & pensées du dimanche

Les mugs à anses plates sont sorties du four. Oui, je sais, je n'étais plus censée parler des anses, mais ne vous inquiétez pas : ce billet concerne principalement le café, les émaux, et le réchauffement planétaire.

Le café
J'ai eu le plaisir d’accueillir M. deux fois dans mon atelier, et la dernière fois elle m'a apporté du café brésilien, fraîchement moulu.


Depuis, tous les matins je passe un moment à savourer ce café qui surpasse mon ordinaire. Et pourtant, je considère que mon café habituel est assez bon - c'est un café bolivien, le seul au supermarché qui est marqué bio et commerce équitable. Je me demande toujours pourquoi les autres cafés sont l'un ou l'autre mais jamais les deux. J'aurais pensé que le fait de ne pas utiliser des produits toxiques rendrait le bio forcement meilleur pour les travailleurs, mais bon, il reste toujours l'histoire du salaire.
Oops, je suis partie sur un autre sujet.
En ouvrant le paquet, j'ai su à l'odeur que j'allais boire un bon café.
La cafetière fini son travail, l'odeur parfume l'appart et A. crie "Qu'est-ce que tu fais ? Ça sent la terre". (Il faut dire qu'il ne bois pas de café.) Je me verse un café, et mmmmmm, il est très doux. La notice sur le paquet annonce "...un café très équilibré, corps rond, notes de cacao prononcées et une excellente profondeur pour un expresso onctueux." Et c'est le cas.


Les anses (vite fait)
En créant les mugs à anses plates, je me suis demandée s'ils allaient être confortable en main. Ce matin je peux répondre que ceux avec les anses penchées sont bien, mais ceux aux anses à 90° le sont moins. Je vais donc refaire des mugs à anses plates et penchées.


Les émaux
Ces mugs là m'ont servi aussi pour un test d'émaillage. Je voulais savoir si le marron se marie bien avec mon transparent craquelé. Et la réponse est oui ! Sur les mugs, la partie où le marron est recouvert de craquelé présente des jolies nuances de vert. Par contre, sur les parties couvertes seulement du craquelé, l'émail  est un peu plus rugueux que d'habitude. Pas au point de devenir gênant  mais ça me dérange tout de même car je ne sais pas si la différence est causée par le froid (le four se refroidi plus vite en ce moment. brrrrr !), par le fait de ne pas avoir mélangé l'émail correctement, par l'atmosphère dans le four (le marron est assez volatile) ou par autre chose. En gros, j'ai encore des expériences à faire avec mes émaux !

St. Amand + Oribe
Et, en parlant d'expériences, j'ai pu tester aussi un nouveau émail. C'est l'émail Oribe que A.I. m'a ramené du Japon. Vous vous rappelez peut.être du billet sur le Shigaraki - et bien, en même temps j'ai eu le plaisir de recevoir de la terre Bizen et cet émail Oribe. J'ai enfin tourné des tasses à thé avec le Bizen, et j'ai prévu de les recouvrir d'Oribe. Normalement, je devrais les enrober de paille et les faire enfourner dans un immense four à bois. Mais on n'a toujours pas eu le temps de construire ce four là dans la cour de notre immeuble (imaginez "l’excitation" des voisins lors de la première cuisson...)

Bizen (regardez les bulles !!) + Oribe
En tout cas, avant d'émailler les tasses avec l'Oribe, j'ai fait un test avec une petite tasse Bizen que j'avais fait avec ce qui me restait de cette terre. Ensuite, j'ai aussi fait un test sur le grès de St. Amand et sur le grès roux chamotté. J'ai enfourné ces tests avec mes autres pièces et j'ai fait une cuisson qui montait à 1260°, comme d'habitude. Les résultats pour chaque terre étaient différents : vert sur le grès de St. Amand, brun avec nuances de vert sur le Bizen, et marron avec nuances noires sur le grès roux chamotté.
Chamottée + Oribé

Intéressant ! Pas méga-étonnant car j'ai lu que l'Oribé (connu pour sa couleur verte, qui vient du cuivre) devient brun si on le cuit à trop haute température. Je me demande si je ne vais pas faire une cuisson qui monte moins haut la prochaine fois, afin d'avoir le vert sur le Bizen. En plus j'ai lu que le Bizen est censé cuire longtemps. Je me demande donc si je ne devrais pas également changer la courbe de ma cuisson afin de ne pas faire une montée trop brusque. Surtout que, la petite tasse de test que j'avais fait en Bizen est sortie de la cuisson avec une énorme bulle d'aire dans la paroi. J'étais étonnée, car il ne s'agit pas de terre recyclée et je ne me souviens pas d'avoir eu l'impression d'avoir des bulles en tournant cette pièce. J'ai peur pour les autres tasses, qui sont parfaitement jolies à la sortie de la première cuisson.

Réchauffement planétaire
En attendant le refroidissement du four, j'ai commencé à lire un article sur le réchauffement planétaire. Si vous avez encore envie de lecture et si vous avez le temps de décortiquer l'anglais, je vous conseille vivement Carbon Zero de Alex Steffens. Le magazine "The Grist" est en train de publier un chapitre du livre par jour. Le livre est non seulement un manifeste sur le besoin de limiter les émissions de CO2, mais aussi, et principalement, un guide pour la planification urbaine. Le lisant, j’apprécie le fait de vivre dans une ville qui applique déjà une certaine partie des politiques conseillées par le livre (merci Delanöe).

Paris. No, really!

dimanche 4 mars 2012

信楽

Ca signifie Shigaraki.

Shigaraki est un endroit, un village qui aujourd'hui s'est fusionné avec d'autres villages pour créer la ville de Kôka. A côte, le lac Biwa est source d'une terre qui porte également le nom Shigaraki. Au Japon, les potiers se sont servis de cette argile sableuse depuis le 8e millénaire. C'est une terre solide, utilisée pour fabriquer les pots utilitaires. C'est une terre subtile, dont on se sert pour créer les bols pour la cérémonie du thé.

A.I. m'a ramené 2 kilos de Shigaraki du Japon. Et 2 kilos de Bizen, 2 sacs d'émaille, un paquet d'engobe, et des couleurs à peindre sur porcelaine. Wow !! Un cadeau superbe auquel je ne m'attendais vraiment pas. Après tout, qui voyage avec des kilos d'argile dans ses bagages ?

Je ne veux pas gâcher cette terre exotique. Alors avant de commencer, j'ai fait des dessins.


Ce matin je me suis lancé dans la fabrication des bols à thé. J'ai divisé la Shigaraki en 3. J'ai tourné deux bols comme dans le dessin (enfin, presque), et un troisième qui était plus épais. Avec le fil de fer, j'ai découpé des fines tranches de la parois de ce dernier. Ensuite, je l'ai fait tourner pour adoucir les angles.


La Shigaraki a été très agréable à tourner. Elle est vraiment sableuse. Ça se sent. Du coup, elle monte très facilement, et j'aurais pu faire des pièces plus fines. J'ai un peu surestimé la quantité de terre nécessaire pour atteindre la hauteur que je voulais. Du coup, je me demande si je ne vais pas essayer de trouver une terre pour tournage avec une chamotte fine la prochaine fois que je fais ma commande chez Solargil.

Restent à faire la cuisson et l'émaillage de mes bols. J'espère à la fin avoir des belles pièces à donner à A.I.

Les poteries Shigaraki sont traditionnellement cuits dans des anagamas, et leurs teintes sont différentes selon les éléments présents dans les cendres lors de la cuisson. Ici à Paris, je vais faire ma cuisson dans mon petit four électrique. L'envie de construire un anagama dans la cour est très forte, mais je ne suis pas sure qu'un tel projet serait apprécié par les voisins !

Joli résultats avec un four à bois !