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vendredi 18 mars 2016

Plats

J'attends anxieusement la fin d'une cuisson (de céramiques), en espérant d'avoir un bon résultat pour un projet dont l'échéance s'approche rapidement. En attendant, j'ai travaillé un peu sur le look de mon stand pour les marchés d'été, fabriqué des magnets, mis un nouveau objet sur Etsy, mis à jour les infos sur l'expo Poisson d'avril sur le site de Terres d'échange... maintenant que j'écris cette liste, je réalise que je n'ai pas complètement perdu mon temps, mais j'ai eu l'impression de me tourner les pouces toute la journée.

Tout à l'heure je me suis dit, "hmm, faire des cookies ? suivre la recette que j'ai trouvée pour la terre sigillée ? partager mes procrastinations sur le blog ?" Allez, pas difficile à choisir. Mais je reste dans le thème recettes !

Fut un temps, je parlais beaucoup plus de nos repas sur le blog. Vous pensez peut-être que depuis notre arrivée à Ger nous ne mangeons plus que les crumbles et les apple-pies évoqués dans certains billets. La réalité est tout autre ! Depuis notre arrivée ici, on va très peu au resto et A., depuis toujours un bon chef, s'est mis à explorer de nouveaux plats. Voici quelques exemples. La qualité des photos n'est pas toujours top, mais vous comprenez, on était sur le point de manger, c'était trop beau pour ne pas prendre la photo, mais il fallait le faire vite avec le téléphone !

Ochazuke & Oeuf poché de La peau d'ourse


A.I. nous a donné des paquets d'ochazuke qu'il a rapportés du japon. Il s'agit d'un petit paquet d'ingrédients lyophilisés (thé vert, sésame, poisson, par exemple) qu'on étalle sur le riz. Ensuite on y verse de l'eau chaude. Les gourmands (c'est moi !) peuvent y rajouter un œuf poché. Ma vie a changé depuis la lecture de ce billet de La peau d'ourse qui inclut des instructions pour des œufs pochés au micro-ondes. Trop facile ! De plus, le donburi aux aubergines dont on trouve également la recette est délicieux. Pas de photo ici, mais j'en fais régulièrement.

Ce qu'on a trouvé dans le frigo
A. est champion de la cuisine impromptu. "Tu aurais envie de manger quelque chose ?" je lui demande. (Ton innocent. Sous-texte : tu cuisines ?) "Un steak" il dit. (Ton innocent. Sous-texte : ok, je vais nous faire un truc délicieux avec tous ces légumes dans le frigo.)
Ici, par exemple, il nous a fait des légumes épicés avec un peu de feta et un croustillant de feuille de brique.

C'est dommage que je n'ai pas de photo d'un de ses currys. Souvent quand on n'a qu'un tas de légumes dans le frigo, il nous fait des currys avec un mélange de cumin, graines de fenouil, coriandre, garam masala, cardamome, fenugrec, poivre noir, piment,...

Quand A. cuisine, il prête systematiquement attention à la présentation. Ici, omelette aux légumes, maquereaux fumés, mayonnaise, mélange épinards/miso, le tout sur du riz bien caché sous les autres ingrédients.
Nous mangeons beaucoup de maquereaux fumés de la marque Balthor. Parfois on va exprès à la supérette de Ger pour en acheter, car c'est le seul magasin du coin qui en vend. La dame à la caisse doit se dire "Encore ce couple ! 6 boites de maquereaux et 6 bonbons, comme d'hab. Pourtant ils n'ont pas l'aire d'avoir des carences alimentaires..."

Non, mais je vous dis, notre alimentation est encore plus variée depuis notre arrivée ici. J'ai découvert notamment le radis noir, légume que je n'ai jamais mangé auparavant. Ici il est montré en toute simplicité sur du riz avec un peu de je-ne-sais-plus-quoi comme sauce et des graines de sésame noir.

Ah oui, le radis noir est blanc, en fait, une fois qu'on enlève la peau noire. Niveau gout, c'est pas très différent d'un radis rouge. On peut le faire tremper dans du vinaigre pour en faire un pickle qui fait un contrepoint délicieux aux mets un peu gras.

Notre fidèle gaufrier
Il y a peut-être 10 ans, la sœur de A. nous a offert un gaufrier. Cette machine a aujourd'hui tendance à surchauffer après quelques gaufres, mais tant que quelqu'un le branche/débranche au bon moment, elle continue à faire des gaufres superbes (et d'excellents croque-monsieurs.)

Est ce qu'on se contente de manger des gaufres classiques ? Non. Même si nous reconnaissons les mérites des gaufres classiques (surtout en présence de beurre ou de sirop d'érable), ce n'est pas une raison de ne pas explorer d'autres pistes avec son gaufrier.

On peut, par exemple, faire cuire des mochis dans le gaufrier (plus d'explications ici). A condition d'avoir des mochis, bien sûr, mais c'est encore l'un de ces produits que parfois A.I. nous ramène gentiment de Paris ou du Japon.

Cette fois, A. a suggéré de faire des okonomiyakis dans le gaufrier. La photo à droite montre la moitié d'un okonomiyaki normal (l'autre moitié étant sur une autre assiette.) C'est une galette composée d'une pâte liquide (comme pour les crêpes), chou haché, d'autres ingrédients (viande, fruits de mer) si on veut, le tout couvert de sauce et de katsuobushi.

Au lieu de faire une galette, il a donc versé la pâte dans le gaufrier et ça a super bien marché :
















Très content de ses bons résultats, il a décidé de faire des falafels dans le gaufrier. Le falafel est un mélange de pois-chiches et épices. Normalement ce mélange est frit, mais là, A. a simplement mis la pate dans le gaufrier, et presto:


Le gout était semblable à un falafel "normal." Hourah - falafels sans friture !

Le falafel classique se mange dans un pita avec d'autres ingrédients qui varient selon l'origine du cuistot (libanais, isralien, autre.) N'ayant pas de pain pita, nous avons utilisé des tortillas (version maïs) et en plus du falafel, il y avait des morceaux d'aubergine, des cornichons, de la feta, et une sauce (tahiné, lait de coco, mayonnaise.)

Fromages... anglais !
Nous voisins anglais nous ont invités à goûter à plus d'une vingtaine de fromages anglais.

Ce n'est pas une blague!

En tant qu'américain, j'ai appris dans mon pays et ensuite en France que la France est LE pays du fromage. Ce stéréotype étant fermement ancré dans mon esprit, je n'ai pas beaucoup réfléchi à l'état du fromage dans d'autres pays. Notre voisine nous a dit qu'une fois qu'elle a pris la décision de nous faire découvrir les fromages anglais, elle a fait une liste de plus de 100 fromages ! Elle a du se limiter à une vingtaine dans un premier temps, tout en nous promettant de faire une autre soirée fromage à une autre date. Incroyable.


Nous avons mangé les fromages sur du pain mais aussi sur des crackers, ce qui m'a rappelé les Etats Unis où on fait la même chose. J'aime le pain mais j'adore aussi grignoter du fromage sur des crackers. Yum.

Suite et faim
Voilà. Avant de lire ce billet vous vous demandiez si on fait autre chose que de la céramique. Maintenant vous vous demandez si on ne fait que manger. Mais c'est une activité qu'on exerce plusieurs fois par jour, alors autant y prendre plaisir. En plus, c'est une activité qui nécessite... des céramiques ! Quelle harmonie parfaite.

jeudi 24 septembre 2015

Un dragon de plus dans l'Atelier Khnoum

Le mois de septembre passe comme un éclair, rempli de cours avec les enfants, de production de poteries, et de collecte des pommes.

Les enfants, dans mes trois cours de TAP, créent des châteaux et des personnages autour du thème du moyen âge. Ce dragon se sèche les ailes avant d'affronter le feu du four.


Avec les enfants qui viennent au musée, on a pu faire des tours basées sur des tubes extrudés avec la boudineuse (machine évoquée dans ce billet). Voici la tour faite par P. qui sera cuite en raku afin d'introduire cette technique aux enfants.

J'adore le personnage avec la parapluie au dessus des mâchicoulis - c'est une tour normande !

A. aussi contribue au succès des cours pour enfant. Il m'a fabriqué des tampons en forme d'épées et de boucliers qui ont un grand succès avec les enfants.

Il travail également sur des marionnettes et des jeux. Ses premières marionnettes sont simples, et pourtant, elles ont énormément de personnalité !


En plus des cours d'enfant et des cours individuels, je vais bientôt commencer à donner des cours pour adultes le lundi soir au musée. Je suis ravie de reprendre ce groupe de personnes qui ont déjà appris beaucoup de choses avec Vincent Bellanger l'année dernière et qui sont passionnés de céramique.

Entre les cours, j'essaye d’augmenter ma production, sous le regard critique du chat.


Et quand le soir tombe, on déguste les produits du terroir. 
L. nous a donné un chou de son jardin ;  nous n'avons jamais mangé un choux si doux - délicieux !


Pour le dessert, en ce moment c'est crumble ou pie. Nous testons petit à petit tous les pommiers du jardin et du musée. Certains sont trop acides (pommes à cidre), mais d'autres sont parfaites pour ces déserts ! 


Comme quoi, la vie est belle !

jeudi 20 août 2015

Potager (et autres aventures) d'une potière

Si vous avez lu le dernier billet du blog, vous savez que j'ai eu l'opportunité de faire un peu de tournage avec la même terre qu'utilisaient les potiers de Ger. Le premier mug tourné avec cette argile est sorti de la première cuisson à 980° et, comme promis, voici une photo du résultat :



Maintenant il faut que je me décide au niveau de l'émaillage à mettre sur ce mug (dure décision !) Je mettrai une photo du mug émaillé sur le blog, mais le mug n'ira surement pas tout de suite à la deuxième cuisson car les fours du musée tournent à fond en ce moment afin de produire les assiettes pour la Fête des potiers. J'explique : Lors de la soirée du feu le samedi 29, à partir de 19h du soir, on peut assister au cuissons de poterie dans des fours éphémères. Ceux qui réservent leur place en avance (au 02 33 79 35 36) peuvent aussi dîner sur place (pour 9 euros) et partir avec l'assiette en céramique. Le repas est composée de viande, frites, morceau de fromage et grillé aux pommes (miam miam.)

En attendant la Fête des potiers (soirée du feu samedi & marché de potiers le dimanche), on a quelques semaines de calme. Je passe mon temps à donner des cours, à faire des démonstrations de tournage pour les visiteurs au musée, à tourner des pots... et, avec le beau temps, on profite aussi des jolis alentours !

Avec une copine, on est allées au Mont St. Michel. Excursion touristique par excellence, mais franchement, c'était trop bien ! Nous avons commencé par le tour du Mont : on s'enfonce dans le sable argileux et la balade se transforme en massage des pieds.


Nous n'étions pas seuls à apprécier cette expérience :


Ensuite, nous sommes rentrées par l'arrière de la forteresse et, en passant par les remparts, on a complètement évité la ruelle touristique par laquelle je suis toujours rentrée par le passé.

Encore plus près de Ger, on s'est baladé à la Fosse Arthour. Il faisait chaud. Les mûres mûrissent.


Quand il fait un peu moins beau, je m'amuse à reprendre la pâtisserie, car nos adorables voisins, ayant appris que notre four (de cuisine, pas de poterie !) ne marche pas, nous ont prêté un four halogène. J'ai pu enfin refaire des cookies et des petits pies (tartes à l'américaine.)


Par ailleurs, l’alternance entre beau temps et pluie a fait des miracles dans mon petit potager. J'étais contente de voir mes courgettes jaunes pousser...


...surtout que, à Paris je n'ai jamais réussi à faire pousser des courges ; à chaque fois mes courgettes étaient investies par un parasite.

Mais ici, après la dernière pluie, j'ai pu en cueillir deux - hourra ! Hier soir nous avons mangé ces courgettes, simplement sautées avec un peu d'oignon rouge, curcuma, et sel, et étalées sur du couscous.


Je me sens un peu ridicule d'être si enchantée de manger deux courgettes de mon potager, surtout que nous sommes entourés de gens qui ont des belles plantations avec des laitues énormes, des haricots, et des choux... Néanmoins, mon petit potager de 1,5² me procure beaucoup de plaisir et j'espère avoir le temps de l'agrandir l'année prochaine ! Peut-être que la personne qui reprendra la pépinière d'ici deux ans aura envie de l'agrandir encore plus... je l'espère !

mardi 11 février 2014

Distractions

La vie est pleine de distractions. Difficile de publier sur le blog quand....

...je me trouvais subitement à coté d'une mer tropicale. 
 Je suis revenue bronzée.

Ensuite, la girelle m'a appelée : "Hé ! T'as des pots à tourner !"
En ce moment je continue à travailler sur la série de porcelaines qui a eu un succès à Noël. Ça me laisse avec un mélange de porcelaine et de grès de St. Amand dans mon bac de terre à recycler. Ce mélange n'est pas facile à tourner car la porcelaine et le grès noir ont une consistance très différente. Par contre, quand je réussi à tourner un objet avec cette terre recyclée, le résultat nuageux est très satisfaisant.

Et en dehors de l'atelier il se passe plein de choses, qui en général ne méritent pas d'être racontées ici. A l'exception du la sauce miso et le choix du bon bol.
Nous avons pleins de bols dans la cuisine (étonnant, n'est-ce pas ?), les bols que je considère invendables (que A. décrit comme "expérimentaux.") C'est un plaisir de trouver le bol qui correspond à un plat, et l'autre jour j'étais très contente de l'ensemble bol + salade.
Et encore plus contente d'avoir appris à faire une sauce de salade au miso. Normalement c'est A. qui fait ce genre de salade, mais cette fois-ci il m'a expliqué comment faire. Elle est délicieuse et toute simple ! Voici les instructions :
Ingrédients salade

  • Un bloc de tofu (de préférence du tofu ferme et lisse), coupé en gros dès
  • Une courgette précuite à la vapeur (encore légèrement croquante) et refroidie, coupée en gros dès

Ingrédients sauce

  • Une cuillère à soupe de pâte miso
  • Une ou deux cuillères de vinaigre de riz (selon votre goût)
  • Huile de sésame (quelques goûtes)
    Bien mélangez ces ingrédients dans un bol (en céramique) à coté de la salade. Testez, ajustez à votre goût, et versez sur la salade. Si vous avez du nanami à portée de main, mettez-en un peu - sinon, une pincée de piment d’Espelette/Cayenne devrait faire l'affaire.
Et voilà, un mois est passé très rapidement. J'imagine que c'est pareil pour vous. Mais ce mois-ci, prenez le temps de tester la salade à la sauce miso. N'oubliez pas de la mettre dans un joli bol. Miam !

dimanche 22 décembre 2013

C'est la fin de l'année

C'est la fin de l'année....

...avec ses succès
J'ai livré la commande de tasses en porcelaine à temps et sans casses.

...et ses échecs 
Bol en Shigaraki noir couvert de tenmoku.... et trous d'épingle.

Selon l'émail et peut-être selon la terre, j'ai des problèmes de trous d'épingle. Il s'agit de petits trous dans l'émail qui impactent non seulement l'aspect visuel des objets, mais les rendent également rugueux au toucher. Sur les forums, on trouve principalement deux explications pour ce problème :

  • pièces poussiéreuses : je ne crois pas que ça soit mon problème, car ça m'arrive même sur des pièces qui sont émaillées juste après la première cuisson.
  • échappements de gaz pendant la cuisson : la matière organique peut mettre du temps à s'échapper des parois des pièces, et si l'émail commence à se refroidir avant que tous ces gaz soient partis on fini avec des trous d'épingle. C'est le problème que je vais essayer de résoudre.

J'ai déjà ajusté les températures lors de la dernière cuisson : j'ai changé la courbe de la montée en espérant que ça donnerait aux gaz le temps de s'échapper. La plupart des conseils en ligne recommandent de rallonger la période de cuisson à haute température, donc la prochaine fois je ferrai un palier de 20 min à la température maximale.

Mais dans un premier temps, je ne vais rien faire du tout, à part partager des gâteaux de Noël et autres spécialités de saison avec la famille, lire mon livre, et m'allonger sur le canapé.


Les gâteaux du centre sont des bredeles chocolatées, une nouvelle recette que j'ai découvert grâce à MM.Vous trouverez la recette ici sur son blog. Je suis très contente du résultat !

Passez des bonnes fêtes, régalez-vous, restez au chaud, et on se verra l'année prochaine :)

vendredi 16 août 2013

Chicken

En été, la moitié des parisiens partent en vacances et le flux des voitures et des piétons sur le boulevard de Clichy diminue. L'Etat en profite pour faire des travaux; du coup, pour les conducteurs, rien ne change : bouchons, comme d'hab.

Nous nous sommes baladés tranquillement sur les nouveaux trottoirs.


Notre mission : Fried Chicken.

Je suis une fausse végétarienne qui ne mange ni oiseaux, ni mammifères mais poissons et fruits de mer prenez garde ! Je sais, c'est arbitraire, mais c'est comme ça. Ayant un esprit très ouvert (A : Ayant un bon sens des priorités surtout.), A. accepte le fait de vivre avec une fausse végétarienne, et de mon coté je ne suis pas dérangée par sa manie  (A : une fois touts les X ans ne constitue pas une manie !!) de vouloir manger du fast-food. [Parenthèse sur le fast-food : je trouve les restos du type McDo super glauques, mais je ne suis pas contre le principe de la cuisine rapide et l'un des meilleurs repas de ma vie a été des huîtres cuites aux wok en deux secondes dans la gare de Bangkok.]

Du coup, on est partis comparer la qualité du poulet KFC à celui de Tasty Chicken.

Devinez quel poulet est le plus satisfaisant !


Poulet 1


Poulet 2


Poule... oops! C'est ma pâtisserie !


On s'est installés dans un petit parc. Pas glauque de tout.



Un avion passait.



Comment ? Vous voulez savoir lequel était le meilleur ? Eh bien, le poulet 1, de chez Tasty Chicken était plus juteux, mais sa croûte était moins bonne, tout en étant mieux proportionnée. Le poulet KFC était un peu sec et il y avait beaucoup trop de croûte.



Le soir, A. a fini ce qu'il restait du poulet (à la base, les yeux plus grands que l'estomac, il avait commandé 12 morceaux) et il a observé que le Tasty Chicken avait développé un goût désagréable tandis que le KFC n'avait pas changé. Il a conclu que rien ne vaux un poulet de qualité tourné à la broche (A: ou du poulet frit maison) !
Nous avons aussi mangé des omelettes : pour moi, il y avait des morceaux d'avocat, de banane, de Comté, et de la sauce piquante, pour lui, des tomates à la place de la banane. A ma grande satisfaction, il a constaté que c'était mieux que son poulet frit.

...ce midi quand j'ai demandé ce qu'il voulait manger, il m'a dit, "Un steak !"







dimanche 16 décembre 2012

Même thème, même émail

Quand je regarde les sites des autres potiers, je me rends compte qu'ils se préparent tous bien en avance pour les fêtes. C'est une bonne opportunité de faire de la vente.
Je ne me suis pas préparée cette année. Pas de marchés, pas de production spéciale à l'exception des cadeaux personnels et de quelques pièces sur ALM.

Comme cette carafe + tasses 

Et puis, j'étais bien occupée avec la "production" en dehors de l'atelier. Du travail à la chaîne :  Christmas cookies !!!

Almond crescents

Rum balls & Jitterbugs

Ok, les cookies se préparent dans les 3 semaines avant Noël, tandis que les potiers commencent à se préparer en septembre/octobre, étant donné le temps nécessaire pour la production des pièces et l'organisation de la vente. Pour ma part, je me suis presque inscrite à un marché de créateurs, mais A. m'a demandé quel était mon objectif, et sa question m'a fait réfléchir. Surtout, il m'a demandé si je m'attendais à un changement de publique ou si mes nouvelles pièces était assez différentes pour plaire plus que la dernière fois. Mes pièces ont évolué, surtout au niveau du tournage, mais l'esprit de mes pièces n'est pas très différent de l'année dernière. Sur les marchés de potier, les artisans ont tous un style beaucoup plus...hmm, comment dire.... plus caractéristique que le mien.

Mon problème est en partie que j'ai quinze mille envies. A part des séries de 4 tasses, allez, parfois de 6 tasses accompagnées d'une bouteille ou d'une théière, je n'arrive pas à faire tout un ensemble de choses autour d'un même thème. Un même thème et un même émail sur une vingtaine de pièces, voilà ce qu'il me faudrait pour les marchés potier de l'été prochain.

Ces dernier temps, je me suis imposé le thème des calices dans l’espoir de faire une pièce dans le même esprit que le calice évoqué dans ce billet. J'aime cette phase d'expérimentation et maintenant que j'en ai fait 6, dont un de bien, j'ai un peu envie de faire autre chose. Boire du vin, par exemple.


Non, mais plus sérieusement, j'aime beaucoup le mélange d'émail sur celui que je considère "bien". C'est le mélange de marron + transparent craquelé dont j'avais parlé dans un billet précédent.


C'est l'émail qui détermine aujourd'hui si une de mes pièces est réussie ou pas, si elle fait partie d'une série ou non. Le jour où je développerai un style "Khnoum", vous serrez les premiers à le savoir, ici sur le blog !

dimanche 2 décembre 2012

Plaisirs, pots & pensées du dimanche

Les mugs à anses plates sont sorties du four. Oui, je sais, je n'étais plus censée parler des anses, mais ne vous inquiétez pas : ce billet concerne principalement le café, les émaux, et le réchauffement planétaire.

Le café
J'ai eu le plaisir d’accueillir M. deux fois dans mon atelier, et la dernière fois elle m'a apporté du café brésilien, fraîchement moulu.


Depuis, tous les matins je passe un moment à savourer ce café qui surpasse mon ordinaire. Et pourtant, je considère que mon café habituel est assez bon - c'est un café bolivien, le seul au supermarché qui est marqué bio et commerce équitable. Je me demande toujours pourquoi les autres cafés sont l'un ou l'autre mais jamais les deux. J'aurais pensé que le fait de ne pas utiliser des produits toxiques rendrait le bio forcement meilleur pour les travailleurs, mais bon, il reste toujours l'histoire du salaire.
Oops, je suis partie sur un autre sujet.
En ouvrant le paquet, j'ai su à l'odeur que j'allais boire un bon café.
La cafetière fini son travail, l'odeur parfume l'appart et A. crie "Qu'est-ce que tu fais ? Ça sent la terre". (Il faut dire qu'il ne bois pas de café.) Je me verse un café, et mmmmmm, il est très doux. La notice sur le paquet annonce "...un café très équilibré, corps rond, notes de cacao prononcées et une excellente profondeur pour un expresso onctueux." Et c'est le cas.


Les anses (vite fait)
En créant les mugs à anses plates, je me suis demandée s'ils allaient être confortable en main. Ce matin je peux répondre que ceux avec les anses penchées sont bien, mais ceux aux anses à 90° le sont moins. Je vais donc refaire des mugs à anses plates et penchées.


Les émaux
Ces mugs là m'ont servi aussi pour un test d'émaillage. Je voulais savoir si le marron se marie bien avec mon transparent craquelé. Et la réponse est oui ! Sur les mugs, la partie où le marron est recouvert de craquelé présente des jolies nuances de vert. Par contre, sur les parties couvertes seulement du craquelé, l'émail  est un peu plus rugueux que d'habitude. Pas au point de devenir gênant  mais ça me dérange tout de même car je ne sais pas si la différence est causée par le froid (le four se refroidi plus vite en ce moment. brrrrr !), par le fait de ne pas avoir mélangé l'émail correctement, par l'atmosphère dans le four (le marron est assez volatile) ou par autre chose. En gros, j'ai encore des expériences à faire avec mes émaux !

St. Amand + Oribe
Et, en parlant d'expériences, j'ai pu tester aussi un nouveau émail. C'est l'émail Oribe que A.I. m'a ramené du Japon. Vous vous rappelez peut.être du billet sur le Shigaraki - et bien, en même temps j'ai eu le plaisir de recevoir de la terre Bizen et cet émail Oribe. J'ai enfin tourné des tasses à thé avec le Bizen, et j'ai prévu de les recouvrir d'Oribe. Normalement, je devrais les enrober de paille et les faire enfourner dans un immense four à bois. Mais on n'a toujours pas eu le temps de construire ce four là dans la cour de notre immeuble (imaginez "l’excitation" des voisins lors de la première cuisson...)

Bizen (regardez les bulles !!) + Oribe
En tout cas, avant d'émailler les tasses avec l'Oribe, j'ai fait un test avec une petite tasse Bizen que j'avais fait avec ce qui me restait de cette terre. Ensuite, j'ai aussi fait un test sur le grès de St. Amand et sur le grès roux chamotté. J'ai enfourné ces tests avec mes autres pièces et j'ai fait une cuisson qui montait à 1260°, comme d'habitude. Les résultats pour chaque terre étaient différents : vert sur le grès de St. Amand, brun avec nuances de vert sur le Bizen, et marron avec nuances noires sur le grès roux chamotté.
Chamottée + Oribé

Intéressant ! Pas méga-étonnant car j'ai lu que l'Oribé (connu pour sa couleur verte, qui vient du cuivre) devient brun si on le cuit à trop haute température. Je me demande si je ne vais pas faire une cuisson qui monte moins haut la prochaine fois, afin d'avoir le vert sur le Bizen. En plus j'ai lu que le Bizen est censé cuire longtemps. Je me demande donc si je ne devrais pas également changer la courbe de ma cuisson afin de ne pas faire une montée trop brusque. Surtout que, la petite tasse de test que j'avais fait en Bizen est sortie de la cuisson avec une énorme bulle d'aire dans la paroi. J'étais étonnée, car il ne s'agit pas de terre recyclée et je ne me souviens pas d'avoir eu l'impression d'avoir des bulles en tournant cette pièce. J'ai peur pour les autres tasses, qui sont parfaitement jolies à la sortie de la première cuisson.

Réchauffement planétaire
En attendant le refroidissement du four, j'ai commencé à lire un article sur le réchauffement planétaire. Si vous avez encore envie de lecture et si vous avez le temps de décortiquer l'anglais, je vous conseille vivement Carbon Zero de Alex Steffens. Le magazine "The Grist" est en train de publier un chapitre du livre par jour. Le livre est non seulement un manifeste sur le besoin de limiter les émissions de CO2, mais aussi, et principalement, un guide pour la planification urbaine. Le lisant, j’apprécie le fait de vivre dans une ville qui applique déjà une certaine partie des politiques conseillées par le livre (merci Delanöe).

Paris. No, really!

mercredi 31 octobre 2012

Apple Pie

Il y a quelque temps, j’ai tourné des ramequins. En théorie, ils étaient pour ma mère, mais ensuite, je les ai  trouvés lourdes et moches, et je les ai cachés au fond d’un placard.

L’autre jour, j’ai ouvert la fenêtre qui donne sur la cour, j’ai respiré profondément et j’ai respiré l'automne à plein poumons. La chatte s’est arrêtée net sur le bord de la fenêtre. J’ai traduit son miaulement grincheux comme, “Comment tu oses me présenter un monde si froid!!” Elle est sortie quand même faire un tour dans la cour. Moi, je suis retournée à la cuisine faire un apple pie. Quand l’automne sent bon comme ça  il faut célébrer avec des mets qui font honneur à la saison.

Ici, dans le 17e arrondissement, on a un four de potier depuis toujours, mais ce n’est que récemment qu’on a récupéré un petit four pour la cuisine. C’est vraiment pas grand du tout et à chaque fois que je fais un gâteau, j’ai du mal à ne pas brûler la surface. Du coup, j’ai pensé aux ramequins et j’ai décidé de faire des mini-pies, au lieu d’un seul grand pie.

J'avais juste assez de pâte pour refermer les pies!

Lorsque j'étais en train de dérouler la pâte, je pensais à la poterie. Parfois je compare la préparation d'un bélier à la préparation du pain, mais souvent l'élève me dit "je n'ai jamais fait de pain", alors, ce n'est pas forcement une comparaison très parlante. De l'autre coté, les mêmes élèves peuvent me dire que la poterie leurs rappelle la cuisine. En faisant ces pies, je me suis dit que ce n'est pas tellement la matière ni les techniques qui sont similaires, mais plus l'état d'esprit. Quand on est focalisé sur la création manuelle, on s’épanouit.

Les voilà à la sortie du four

Et en plus, le résultat était délicieux ! Je suis contente d'avoir trouvé un raison d'être pour ces ramequins, qui sont beaucoup plus beau remplis de pie !

Dommage qu’ils ont tous déjà été vidés.