dimanche 20 mai 2012

Expo ArtCeram (Eye Candy)

Dimanche dernier, je suis partie pour Sèvres en vélo. Je savais à peu près la route qu'il fallait suivre, et je me suis dit que je pouvais traverser le Bois de Boulogne. Je n'ai pas été dans le bois depuis des années, et j'avais oublié à quel point c'est agréable. J'étais dépaysée ! Ensuite, j'ai traversé la Seine et le Parc de St-Cloud. Quand on arrive au bout du parc, on tombe sur le Musée de la céramique. Mais ce dimanche là, ma destination n'était pas le Musée mais le SEL, pour l'expo ArtCeram.

J'étais au courant de l'expo parce que je suis sur le mailing liste de François Debien, de la Poterie de la Genevraye. Si vous vous rappellez de mon article sur le Festival dans le 11e, vous savez que j'ai espéré gagner une pièce de François Debien dans le tirage au sort. Je n'ai pas eu cette chance, alors je me contente d'aller regarder ses œuvres dans les expos. Ses émaillages me coupent le souffle !



D'autres artistes intéressants participaient à l'exposition. Voici ceux qui m'ont le plus plu.








L'expo fini le 30 mai et je vous conseille vivement d'y aller. En tout il a du y avoir une vingtaine d'artistes, tous d'une qualité exceptionnelle.


vendredi 18 mai 2012

Première Récolte

Vous habitez Paris? Vous regrettez la campagne de votre enfance? Vous habitez rez-de-chaussez dans un immeuble où la cour ne sert qu’accueillir les poubelles?

Ne pleurez plus! Vous pouvez avoir un jardin!

Voici des instructions:

1. Trouvez une baignoire. Non non, c'est pas une blague. Il suffit de se promener dans Paris. De temps en temps quelqu'un se débarrasse d'une baignoire, la laissant simplement sur le trottoir.
2. Dispersez des poteries cassées sur le fond de la baignoire, histoire de laisser passer l'eau et les racines au fond. Quoi? Vous n'avez pas de poteries cassées? Si vous n'êtes pas potier, je vous conseille de casser les tasses moches achetés chez Ikea (etc.) et d'en commander ensuite chez Khnoum !
3. Remplissez la baignoire de terreau.
4. Courez chez Leroy Merlin ou Castorama et achetez des graines. Moi, cette année j'ai pris des petits poix, des radis, des salades, des tournesols, la lobelia, des tomates... ah oui, c'était la fête !
5. Plantez les graines.
6. Attendre avec patience.
7. Sautez avec joie quand les plantes apparaissent. C'est magique!
8. Attendre avec patience.
9. Se faire un repas accompagné de radis et de jeunes salades. Délicieux!




vendredi 11 mai 2012

Venez voir les Poteries de Khnoum !


Je serai au salon des créateurs samedi, le 12 mai. J'espère vous voir là-bas !
Cliquez sur les images pour plus d'infos sur le salon.


mardi 8 mai 2012

Verre et Terre

Après une journée d'absence, j'ai trouvé plein de bols miniatures et autres formes sur la table de l'atelier. C'est A. qui les a modelés dans la terre rouge chamottée. Je les ai biscuité. A. a pilé une bouteille verte et a rempli les bols avec des morceaux de verre. J'ai mis les pièces dans le four pour la deuxième cuisson. A. avait lu que le verre fritté allait se fondre vers les 870°, donc pas de problème dans le four qui allait monter à 1260°.


Avant cuisson


A l'ouverture du four, les résultats étaient magiques !




"Ce sont juste des échantillons" disait A. Ça voulait dire que je pouvais les prendre ! J'ai tout de suite couru  les mettre dans mon jardin.



Je ne sais pas si A. va continuer à jouer avec le verre. Je ne me suis pas lancée dedans moi même car j'ai toujours eu l'impression qu'il y avait d'autres techniques à maîtriser avant de passer au verre. Finalement, c'est vraiment très facile à utiliser, et le résultat est très agréable. J'ai l'impression que A. s'est lancé dedans surtout pour m'en montrer la simplicité et pour m'encourager à l'utiliser. Ce qui a marché : dans la cuisson suivante j'ai rajouté de la fritte au fond d'une de mes petites boites, et je suis très contente du résultat !

dimanche 29 avril 2012

Je suis la chasseresse de lézards

Je vous ai promis un article sur le Pays basque, mais j'ai eu du mal à m'y mettre, car il y a le four à remplir, de la terre recyclée qui est prête à tourner, un poisson pot-à-fleurs en grès chamotté à peaufiner, et la déclaration d'impôts à faire. Je vous laisse deviner ce que je vais faire en dernier !

A la base, nous sommes partis voir une cuisson à bois, mais pendant le refroidissement du four nous sommes partis à l'aventure. En louant la voiture, on a dit non au GPS : avec notre vielle carte de la France datant d'il y a plus de 10 ans, nous étions prêts pour tout ! L'objectif était de voir la mer et de se balader dans les montagnes. En Pyrénées Atlantiques, les deux se rencontrent.

Une énorme plage sans fin donne sur le golfe de Gascogne.

En allant vers le Sud, on s'est subitement trouvé en Espagne. Nous nous sommes arrêtés dans un "parc naturel" qui avait l'air d'être un terrain vague trop proche de l’aéroport en face pour être vendu à un développeur immobilier. Cela dit, c'était au bord d'un estuaire, et on y a vu pas mal d'animaux.
Chevalier gambette
Cormorants, dont un décapité ?

Eider à duvet

Carcasse d'un bateau

Je suis la chasseresse de lézards ! 



 Ils sont trop cools, ces mini-dinosaures qui aiment les bains de soleil.

Il faisait beau. Dans un autre parc en Espagne (un vrai, celui-ci) on s'est baladé en longeant la côte. 


Il y avait des genêts partout, jaune éclatant. 






Et j'ai découvert pour la première fois 
les asphodèles, fleur blanche comme
 une explosion d'étoiles.


Nos prochaines balades étaient dans les montagnes. Il ne faisait plus beau (le mois de pluie avait commencé). Nous nous sommes réfugiés dans des cavernes, comme les hommes préhistoriques. Je n'ai pas d'images à partager car dans les grottes du coin (enfin, celles qu'on a visité) on n'a pas le droit de prendre des photos. Nous avons trouvé les grottes d'Isturitz et Oxocelhaya spectaculaires. Les deux grottes sont deux cavernes creusées par la même rivière. Apparemment une troisième caverne est située encore en dessous, et la rivière y coule encore. Dans la partie ouverte à la visite, on peut voir des animaux qui ont été taillés dans la roche par des hommes préhistoriques. On y trouve également des stalactites, des stalagmites, et des minéraux qui étincellent dans la lumière électrique.

En sortant de la grotte, nous avons décidé d'aller visiter une fromagerie. C'était une bonne décision ! La fromagerie d'Agour était très intéressante. Nous avons découvert tous les stades de la production de fromage...


... et nous sommes partis avec un fromage de chèvre (St. Sauveur) et deux fromages de brebis (un Ossau-Iraty et un autre dont on a oublié le nom).


La voiture sentais la brebis, mais on s'en foutait. C'était tellement bon.


Agour a deux fromageries. Nous avons visité la petite qui est perchée sur le flanc de la montagne. En partant de la fromagerie, on a demandé si on avait le temps d'arriver dans un village avant la tombée de la nuit. Et c'est comme ça qu'on a atterri dans Larrau. Mais seulement après avoir passé le col.



Larrau est un petit village caché dans les montagnes, d'où on a fait une belle randonnée - ou, comme dirait A, "on s'est tapés 18 bornes sous la pluie".

Non, mais au début, il ne pleuvait pas. On a longé cette crevasse:


J'admets avoir un peu retouché ces deux photos pour qu'on voit la crevasse. Super difficile à prendre en photo, et vraiment génial dans la réalité ! Il y avait un bruit de fond - c'était l'eau qui coulait. Dans chaque courbe de la crevasse, dans chaque fissure noire, l'eau ruisselait.


Il y avait tellement d'eau qu'on a trouvé des têtards dans un flaque au milieu du chemin !


C'est à ce moment là (à mi-chemin, je dirais) qu'il a commencé à pleuvoir. Le bruit de l'eau est devenu plus fort. On a tranquillement marché sous la pluie.


A la fin de notre randonnée nous étions tellement trempés qu'on a décidé de rester une deuxième nuit à Larrau.

Le jour d'après, nous sommes retournés à Morlanne pour le défournement. Ensuite nous sommes rentrés, en passant par la côte Atlantique, où j'ai insisté que nous visitions la dune de Pyla. Après tout, qui peu résister aux sables mouvants ?


On a dit au revoir à la mer, on a pris le train à Bordeaux, et nous sommes rentrés à Paris. Le métro nous a semblé onirique et la ville étrange.

mardi 17 avril 2012

Le feu de la Salamandre

J'aime les poteries issues des cuissons à bois. Aah, mais c'est difficile d'en faire à Paris... je ne pense pas que mes voisins seraient ravis d'avoir un four artisanal dans la cour ! Mais dès qu'on sera installés à la campagne, le chat se fera des folies dans le jardin, et moi j'y ferai du feu.

Avec A., nous avons participé à une cuisson à bois pour la première fois la semaine dernière. C'était à la Salamandre...


...l'atelier de Bertrand T. à Morlanne. En passant, je vous signale que la Salamandre est à vendre - si vous êtes à la recherche de l'atelier parfait là où se trouve le "A" sur la carte, laissez un commentaire sur le blog pour que je vous mette en contact avec Bertrand.

Morlanne, pas très loin de Pau, de la mer, et des montagnes

Il y a des photos dans cet article grâce à A., qui a eu la présence d'esprit d'en faire. De mon coté, j'étais un peu obnubilée par le lieu, les pots, le feu... Thanks for being camera-man.

Ma première impression de la Salamandre : des poteries par tout !
Se fondant avec le jardin...
...visages, êtres, pots... 

...marqués par les coquillages, par les mains, par l'esprit. Marqués par le feu.

Parlons-en du feu ! Le four de Bertrand est énorme. Il est composé de deux chambres et une cheminée. Cette fois la cuisson était restreinte à la "petite" chambre de 600 litres. (Pour référence, mon four électrique en fait 60.)

Grande chambre - au fond les ouvertures vers
la petite chambre sont bloquées par des briques.
Des ouvertures au fond de la grande chambre permettent le passage de la chaleur et des cendres pendant une grande cuisson ainsi que le réglage du feu pendant une petite cuisson.

Petite chambre
Dans la petite chambre, les pièces sont empilées à droite, tandis ce que le feu est alimenté coté gauche. La petite fenêtre à l'arrière permet d'observer l'état de la cuisson. On surveille la température du four grâce aux montres : cônes pyrométriques qui fondent à une température donnée. Quand la dernière est fondue, c'est que le four a atteint les 1320°. Ça chauffe !

Plusieurs montres fondues.
On distingue encore la forme de la dernière, la blanche.
Pour pouvoir atteindre cette température, le feu a été alimenté en continu de vendredi à dimanche. Lorsque le four est à haute température, on y rajoute du sel (en forme de pâte de bicarbonate de soude) pour le glaçage des pièces. Il y a alors une réaction chimique et des flammes vertes sortent de la cheminée !

Nous n'étions pas les seuls à admirer le feu. Un group de "pyrophiles" fidèles offrent leur soutien à chaque cuisson. Très ouverts, ils ont partagé leurs connaissances et leur amour du feu avec nous - merci à eux ! 
Le feu a faim - 5 stères !
Ensuite, le four refroidit pendant plusieurs jours. Pendant ce temps, nous sommes allés à la mer et à la montagne (peut-être sujet d'un prochain article sur le blog).

Le vendredi, de retour à Morlanne, tout le monde s'était de nouveau rassemblé pour l'ouverture du four.

Déconstruction de la porte - on y entrevoit les pièces

Pots!
Bertrand a fait un bateau à voiles, qu'on voit ci-dessus. Le bateau traverse une mer de verre fondu. Le verre avait coulé dans le sillage du bateau. Trop beau.

Ci-dessous, on voit un mangeoire d'oiseau, derrière lequel se cache un épis de faîtage. Sur l'avant-plan on aperçoit  des pièces faites par les élèves de Bertrand.

More pots!
Chaque pièce est une découverte ! Certaines étaient émaillées, d'autres pas. Certaines étaient déjà cuites une fois auparavant. Les surfaces étaient différentes selon ces facteurs, ainsi que le placement dans le four et les effets du sel. C'était merveilleux de voir les résultats de la cuisson, et c'était génial aussi de voir la réaction des participants, curieux des résultats, étonnés et satisfaits de leurs œuvres.

Quelle jolie expérience, cette cuisson !

Bertrand, merci encore. Le fait d'avoir participé à la cuisson m'a beaucoup inspirée !