dimanche 2 décembre 2012

Plaisirs, pots & pensées du dimanche

Les mugs à anses plates sont sorties du four. Oui, je sais, je n'étais plus censée parler des anses, mais ne vous inquiétez pas : ce billet concerne principalement le café, les émaux, et le réchauffement planétaire.

Le café
J'ai eu le plaisir d’accueillir M. deux fois dans mon atelier, et la dernière fois elle m'a apporté du café brésilien, fraîchement moulu.


Depuis, tous les matins je passe un moment à savourer ce café qui surpasse mon ordinaire. Et pourtant, je considère que mon café habituel est assez bon - c'est un café bolivien, le seul au supermarché qui est marqué bio et commerce équitable. Je me demande toujours pourquoi les autres cafés sont l'un ou l'autre mais jamais les deux. J'aurais pensé que le fait de ne pas utiliser des produits toxiques rendrait le bio forcement meilleur pour les travailleurs, mais bon, il reste toujours l'histoire du salaire.
Oops, je suis partie sur un autre sujet.
En ouvrant le paquet, j'ai su à l'odeur que j'allais boire un bon café.
La cafetière fini son travail, l'odeur parfume l'appart et A. crie "Qu'est-ce que tu fais ? Ça sent la terre". (Il faut dire qu'il ne bois pas de café.) Je me verse un café, et mmmmmm, il est très doux. La notice sur le paquet annonce "...un café très équilibré, corps rond, notes de cacao prononcées et une excellente profondeur pour un expresso onctueux." Et c'est le cas.


Les anses (vite fait)
En créant les mugs à anses plates, je me suis demandée s'ils allaient être confortable en main. Ce matin je peux répondre que ceux avec les anses penchées sont bien, mais ceux aux anses à 90° le sont moins. Je vais donc refaire des mugs à anses plates et penchées.


Les émaux
Ces mugs là m'ont servi aussi pour un test d'émaillage. Je voulais savoir si le marron se marie bien avec mon transparent craquelé. Et la réponse est oui ! Sur les mugs, la partie où le marron est recouvert de craquelé présente des jolies nuances de vert. Par contre, sur les parties couvertes seulement du craquelé, l'émail  est un peu plus rugueux que d'habitude. Pas au point de devenir gênant  mais ça me dérange tout de même car je ne sais pas si la différence est causée par le froid (le four se refroidi plus vite en ce moment. brrrrr !), par le fait de ne pas avoir mélangé l'émail correctement, par l'atmosphère dans le four (le marron est assez volatile) ou par autre chose. En gros, j'ai encore des expériences à faire avec mes émaux !

St. Amand + Oribe
Et, en parlant d'expériences, j'ai pu tester aussi un nouveau émail. C'est l'émail Oribe que A.I. m'a ramené du Japon. Vous vous rappelez peut.être du billet sur le Shigaraki - et bien, en même temps j'ai eu le plaisir de recevoir de la terre Bizen et cet émail Oribe. J'ai enfin tourné des tasses à thé avec le Bizen, et j'ai prévu de les recouvrir d'Oribe. Normalement, je devrais les enrober de paille et les faire enfourner dans un immense four à bois. Mais on n'a toujours pas eu le temps de construire ce four là dans la cour de notre immeuble (imaginez "l’excitation" des voisins lors de la première cuisson...)

Bizen (regardez les bulles !!) + Oribe
En tout cas, avant d'émailler les tasses avec l'Oribe, j'ai fait un test avec une petite tasse Bizen que j'avais fait avec ce qui me restait de cette terre. Ensuite, j'ai aussi fait un test sur le grès de St. Amand et sur le grès roux chamotté. J'ai enfourné ces tests avec mes autres pièces et j'ai fait une cuisson qui montait à 1260°, comme d'habitude. Les résultats pour chaque terre étaient différents : vert sur le grès de St. Amand, brun avec nuances de vert sur le Bizen, et marron avec nuances noires sur le grès roux chamotté.
Chamottée + Oribé

Intéressant ! Pas méga-étonnant car j'ai lu que l'Oribé (connu pour sa couleur verte, qui vient du cuivre) devient brun si on le cuit à trop haute température. Je me demande si je ne vais pas faire une cuisson qui monte moins haut la prochaine fois, afin d'avoir le vert sur le Bizen. En plus j'ai lu que le Bizen est censé cuire longtemps. Je me demande donc si je ne devrais pas également changer la courbe de ma cuisson afin de ne pas faire une montée trop brusque. Surtout que, la petite tasse de test que j'avais fait en Bizen est sortie de la cuisson avec une énorme bulle d'aire dans la paroi. J'étais étonnée, car il ne s'agit pas de terre recyclée et je ne me souviens pas d'avoir eu l'impression d'avoir des bulles en tournant cette pièce. J'ai peur pour les autres tasses, qui sont parfaitement jolies à la sortie de la première cuisson.

Réchauffement planétaire
En attendant le refroidissement du four, j'ai commencé à lire un article sur le réchauffement planétaire. Si vous avez encore envie de lecture et si vous avez le temps de décortiquer l'anglais, je vous conseille vivement Carbon Zero de Alex Steffens. Le magazine "The Grist" est en train de publier un chapitre du livre par jour. Le livre est non seulement un manifeste sur le besoin de limiter les émissions de CO2, mais aussi, et principalement, un guide pour la planification urbaine. Le lisant, j’apprécie le fait de vivre dans une ville qui applique déjà une certaine partie des politiques conseillées par le livre (merci Delanöe).

Paris. No, really!

dimanche 25 novembre 2012

Cookie Jar

Presque décembre, presque la saison des biscuits de Noël ! J'ai transformé une boule de terre recyclée presque inconsciemment en grande jarre... plus précisément, en Cookie Jar :


Je viens de découvrir qu'il existe a même une page Wikipédia dédiée aux Cookie Jars (en anglais). La lisant, j'ai appris que Andy Warhol avait une collection de 175 cookie jars, en céramique, évidement. On se demande s'ils étaient tous remplis de cookies ?!

Ma jarre a eu besoin d'un couvercle. En faisant des esquisses de couvercles, j'ai réalisé qu'elle avait aussi besoin d'anses. (Oui, c'est ma manie en ce moment.) 


Je n'avais jamais fait un pot avec des petites anses sur le coté comme ça; pourtant on trouve souvent ce genre d’accoutrement sur des pots rustiques cuits dans des fours à bois avec glaçure au sel - c'est à dire, le genre de pot que j'aime bien !


Reste à passer mon cookie jar au four et à confectionner les cookies !

Je vous promet que tôt ou tard je parlerai d'autre chose que les anses sur ce blog ;) Cela dit, la page sur les anses dans un de mes manuels de céramique me confirme qu'il reste pas mal de choses à expérimenter !

Ceramics: A Potters Handbook (Fifth edition) de Glenn C. Nelson

dimanche 18 novembre 2012

La Copie (euh, encore des anses)

L'autre jour le blog Musing about Mud a publié un article sur une expo dont le thème était la tasse. Une des tasses à la Charlie Cummings Gallery m'a inspirée. Elle a du être vendue, car je ne la retrouve plus sur le site de la galerie. Dommage, j'aurais voulu vous montrer sa photo. A la place d'une anse, elle avait une petite plaque de terre collée à son flanc. Ah-ha, je me suis dit, voilà encore une jolie idée qui m'évitera de faire des anses sur les mugs que je viens de tourner ! Et voici le résultat d'une première expérience dans ce sens :


Il y 3 ans, sur le marché de St. Sulpice, un céramiste m'a demandé de ne pas prendre ses céramiques en photo. Il me disait qu'il ne pouvait pas savoir si le photographe avait l'intention de prendre ses idées. Il a du avoir une mauvaise expérience. Quelqu'un à du voler un de ses designs et il a du le voir apparaître dans un catalogue d'IKEA. On imagine bien son amertume.

Depuis cette rencontre, je demande aux exposants si je peux prendre leurs pièces en photo, et personne ne m'a jamais dit non. Mais à vrai dire, j'ai pris ma photo à St. Sulpice dans l'idée d'imiter la pièce plus tard. Je suis une voleuses d'idées. Garde à vous, génies de la poterie ! Si j'aime bien votre pièce, je risque d'essayer de faire la même chose chez moi. A ce stade de mon aventure avec la poterie, je considère ces plagiats comme des exercices. ...Dans les limites de mes capacités... A ce stade de mon aventure avec la poterie, je considère ces plagiats comme des exercices.

Prenons un autre exemple :

Souvenez-vous des Plattenvasen de Markus Klausmann ?


Vraiment géniaux, ses vases composés de deux plaques tournées.
Voici ma copie :


Elle a l'air pas mal si on ignore que le mien a un diamètre de 13 cm tandis que les vrais plattenvasen de Klausmann sont aussi large qu'un tour, genre 35 cm de diamètre.

Et puis l'émail a craqué et coulé dans le four. Aïe ! 

Je trouve instructif de m'inspirer des pièces que j'admire. Le regard sur les pièce des autres me fait tenter des nouvelles techniques ; avant les Plattenvasen, je n'avais jamais pensé à tourner une plaque. En imitant les anses des mugs, je me suis demandé si le design était non seulement joli mais aussi pratique. Je ne sais toujours pas la réponse, vu que je ne m'en suis pas encore servi pour mon café !

Je vais donc continuer à passer du temps à regarder le travail des autres et à m'inspirer des techniques qui me sont inconnues. Avec les magazines de poterie qui sont arrivés dans ma boite aux lettres cette semaine et avec le flux constant sur le web, c'est sûr que je ne serai jamais à court de sources d'inspiration !



dimanche 4 novembre 2012

Anses

Des belles anses sont difficiles à faire, même après avoir lu des instructions dans des livres et regardé des vidéos en ligne. Suite à un peu d'entrainement, j'ai enfin l'impression d'avancer dans la création des anses.

Comment faire une anse ?

  1. Prenez un bloc de terre et allongez le un peu pour en faire un petit colombin épais. Pour mes mugs à 500g, j'ai du prendre 150 - 200g pour les anses; j'aurais pu en prendre moins.
  2. Prenez un bol d'eau.
  3. Tenez le bloc fermement par un bout au dessus du bol. Trempez l'autre main dans l'eau et avec cette main mouillée, encerclez le bloc et tirez fermement pour allonger la terre.
  4. Répétez ce mouvement plusieurs fois, jusqu'à ce que l'anse prenne forme.

J'en ai fait plusieurs:


On voit bien là qu'elles sont toujours trop épaisses.

La solution est de poursuivre l'allongement de l'anse une fois qu'elle est fixée sur le mug.


Pour la fixer, quelques égratignures, un peu de barbotine, et hop, on presse l'anse fermement contre la parois. Ceci laisse des traces de doigts sympathiques. 


Ensuite, rebelote avec la technique d'allongement. Cette fois, comme l'anse est déjà attaché au mug, on voit bien si la longueur et l'épaisseur sont correctes.



Quand je regarde mes mugs 15 minutes plus tard, je les trouve moches.


(Au moins ils passent le test du lave-vaisselle : 
Je peux les poser à l'envers. 
C'est important qu'une anse ne dépasse pas le dessus du mug.)


En plus, je sais que A. va les regarder et me dire, "Mais, tu arrives à mettre ta main là dedans ?!?" Hmm...  Je vais quand même les laisse sécher. Je vais continuer à tourner des mugs et faire des anses, jusqu'à ce que je produise des anses jolies, confortables en main, et qui s'accordent avec leur mugs !

Pour ceux qui commencent, ne perdez pas espoir ! Au début, je n'étais même pas capable de faire des anses moches. J'y mettais trop d'eau, l'anse cassait dans mes mains. Je n'y mettais pas assez d'eau, l'anse cassait dans mes mains. Pour quelques temps j'ai évité le problème en utilisant des colombins pour mes anses, ce qui donne des bons résultats aussi.

Voilà ! Si vous êtes tombé sur ce billet en cherchant des instructions ou du réconfort...  courage ! En y travaillant, on va y arriver.

mercredi 31 octobre 2012

Apple Pie

Il y a quelque temps, j’ai tourné des ramequins. En théorie, ils étaient pour ma mère, mais ensuite, je les ai  trouvés lourdes et moches, et je les ai cachés au fond d’un placard.

L’autre jour, j’ai ouvert la fenêtre qui donne sur la cour, j’ai respiré profondément et j’ai respiré l'automne à plein poumons. La chatte s’est arrêtée net sur le bord de la fenêtre. J’ai traduit son miaulement grincheux comme, “Comment tu oses me présenter un monde si froid!!” Elle est sortie quand même faire un tour dans la cour. Moi, je suis retournée à la cuisine faire un apple pie. Quand l’automne sent bon comme ça  il faut célébrer avec des mets qui font honneur à la saison.

Ici, dans le 17e arrondissement, on a un four de potier depuis toujours, mais ce n’est que récemment qu’on a récupéré un petit four pour la cuisine. C’est vraiment pas grand du tout et à chaque fois que je fais un gâteau, j’ai du mal à ne pas brûler la surface. Du coup, j’ai pensé aux ramequins et j’ai décidé de faire des mini-pies, au lieu d’un seul grand pie.

J'avais juste assez de pâte pour refermer les pies!

Lorsque j'étais en train de dérouler la pâte, je pensais à la poterie. Parfois je compare la préparation d'un bélier à la préparation du pain, mais souvent l'élève me dit "je n'ai jamais fait de pain", alors, ce n'est pas forcement une comparaison très parlante. De l'autre coté, les mêmes élèves peuvent me dire que la poterie leurs rappelle la cuisine. En faisant ces pies, je me suis dit que ce n'est pas tellement la matière ni les techniques qui sont similaires, mais plus l'état d'esprit. Quand on est focalisé sur la création manuelle, on s’épanouit.

Les voilà à la sortie du four

Et en plus, le résultat était délicieux ! Je suis contente d'avoir trouvé un raison d'être pour ces ramequins, qui sont beaucoup plus beau remplis de pie !

Dommage qu’ils ont tous déjà été vidés.

dimanche 21 octobre 2012

Halloween!!!!

Halloween ne se fête pas en France, mais ce petit problème ne m'empêche pas d'adorer cette fête. Tous les ans, on se fait un jack-o'-lantern. On n'a pas encore vu de citrouille au supermarché cette année, mais voici celui de l'année dernière:


J'ai récemment été aux Etats Unis (eh oui, c'est pour ça que je n'ai pas écris depuis un petit moment), voyage opportun car j'ai pu ramener des décorations d'Halloween à une copine américaine qui organise une fête déguisée. J'ai tout acheté chez Target, le genre d'immense magasin américain qui vend tout et qui a une odeur particulière - un mélange de plastique, sucre, et de produit nettoyant. Normalement j'évite ce genre de magasin, mais cette fois, j'ai trouvé exactement ce que je voulais: des décorations horriblement kitsch que je trouve géniales. Fausses toiles d’araignée, araignées plastiques, et mêmes des chauve-souris fluorescentes. "Mais, tu n'en a pas acheté pour toi?" a demandé ma copine....
Une vrai fête d'Halloween! Je suis contente car je ne savais pas quelle excuse j'allais trouver pour porter le superbe masque que A. m'a confectionné. C'est une tête de mante religieuse en papier mâché et avec des yeux en scotch que j'ai ensuite peint à l'acrylique:


Là je suis dans la phase où j'essaye de coudre des pâtes d'insecte. Je ne suis pas très douée.....