dimanche 15 septembre 2013

Ongles propres

Mes ongles sont très propres car je n'ai rien fait dans l'atelier ce weekend. J'ai passé des heures devant l'ordi afin de refaire mon site web. Après 12 heures de lutte avec le CSS, j'ai réussi à changer le fond noir en fond blanc... plus d'autres modifications. En fin de compte je suis assez contente du résultat :

cliquez pour visiter

A. me dit que c'est un peut trop minimaliste. Et vous ? Vous en pensez quoi ?


dimanche 1 septembre 2013

Pots en série

Nous sommes allés à la mer 

Dans le train, j'ai dessiné des idées de séries. Je fais souvent plusieurs tasses ou bols de la même forme et couleur, mais je ne fais pas des ensembles composés de formes diverses. Quelqu'un comme Picasso peut se permettre de faire que des pièces uniques. Mais moi, simple céramiste, j'ai besoin de travailler les séries.



J'ai observé chez d'autres céramistes qu'une série peut être définie par la forme, la terre, la texture, les rajouts, les émaux, ou par une combinaison de ces éléments. L'essentiel c'est qu'il y ait une caractéristique phare.

Le train est arrivé en Normandie. J'ai du manger des huîtres.

C'est à dire, arrivée à St. Vaast où je sais qu'un vaste parc* d'huîtres est caché par la marée haute et ayant aperçu un bâtiment avec l'enseigne "HUITRES," j'ai pas pu résister à la tentation. Miammm, manger des huîtres, c'est manger la mer.
*merci à l'éditeur. Moi, je croyais qui les huîtres grandissent dans des champs, pas des parcs.

Ensuite, on est revenu à Paris.

Ce weekend j'ai travaillé sur des prototypes pour la première série dessinée dans le train. Je note la quantité de terre utilisée pour chaque pièce afin de pouvoir répéter la même chose une prochaine fois.


Je suis assez contente du résultat, même s'il est évident qu'il faut peaufiner l’exécution du design. Cette fois-ci, j'ai laissé les objets tournés sécher un peut trop longtemps avant d'appliquer les bandes de terre qui définissent la série. Si vous regardez de près le bol à l'arrière plan, vous verrez une petite fissure ; le bol partira donc dans le bac de terre à recycler (d'où il est venu.)

Pour l'instant, on ne peut pas vraiment appeler ça une série, mais c'est un début. Un jour, je mettrai un service complet sur ALM. Pour l'instant, vous y trouverez un mélange hétéroclite reflétant mon esprit au moment du tournage.

vendredi 16 août 2013

Chicken

En été, la moitié des parisiens partent en vacances et le flux des voitures et des piétons sur le boulevard de Clichy diminue. L'Etat en profite pour faire des travaux; du coup, pour les conducteurs, rien ne change : bouchons, comme d'hab.

Nous nous sommes baladés tranquillement sur les nouveaux trottoirs.


Notre mission : Fried Chicken.

Je suis une fausse végétarienne qui ne mange ni oiseaux, ni mammifères mais poissons et fruits de mer prenez garde ! Je sais, c'est arbitraire, mais c'est comme ça. Ayant un esprit très ouvert (A : Ayant un bon sens des priorités surtout.), A. accepte le fait de vivre avec une fausse végétarienne, et de mon coté je ne suis pas dérangée par sa manie  (A : une fois touts les X ans ne constitue pas une manie !!) de vouloir manger du fast-food. [Parenthèse sur le fast-food : je trouve les restos du type McDo super glauques, mais je ne suis pas contre le principe de la cuisine rapide et l'un des meilleurs repas de ma vie a été des huîtres cuites aux wok en deux secondes dans la gare de Bangkok.]

Du coup, on est partis comparer la qualité du poulet KFC à celui de Tasty Chicken.

Devinez quel poulet est le plus satisfaisant !


Poulet 1


Poulet 2


Poule... oops! C'est ma pâtisserie !


On s'est installés dans un petit parc. Pas glauque de tout.



Un avion passait.



Comment ? Vous voulez savoir lequel était le meilleur ? Eh bien, le poulet 1, de chez Tasty Chicken était plus juteux, mais sa croûte était moins bonne, tout en étant mieux proportionnée. Le poulet KFC était un peu sec et il y avait beaucoup trop de croûte.



Le soir, A. a fini ce qu'il restait du poulet (à la base, les yeux plus grands que l'estomac, il avait commandé 12 morceaux) et il a observé que le Tasty Chicken avait développé un goût désagréable tandis que le KFC n'avait pas changé. Il a conclu que rien ne vaux un poulet de qualité tourné à la broche (A: ou du poulet frit maison) !
Nous avons aussi mangé des omelettes : pour moi, il y avait des morceaux d'avocat, de banane, de Comté, et de la sauce piquante, pour lui, des tomates à la place de la banane. A ma grande satisfaction, il a constaté que c'était mieux que son poulet frit.

...ce midi quand j'ai demandé ce qu'il voulait manger, il m'a dit, "Un steak !"







jeudi 8 août 2013

Mélanger les ingrédients, préchauffer le four à 1250°....

Les nouvelles couleurs sorties du four.


Ce sont mes tuiles de test : la bonne pratique c'est de faire des tests avant d'utiliser un émail afin de vérifier son aspect et de savoir s'il va couler. La tuile sert ensuite de référence quand on se retrouve avec trois seaux de bleu sans se rappeler lequel est lequel.

Il faut admettre que pour les deux émaux à droite, je ne me faisais pas trop de soucis. Le rouge est un émail acheté chez Solargil. Ils offrent des nouvelles couleurs cette année et je suis contente d'enfin pouvoir proposer un émail un peu plus vif (pour ne pas dire "flashy") à mes élèves.

Le noir est un tenmoku que A.I. m'a ramené du Japon. Il est très lisse, très profond. Ayant déjà une idée du résultat auquel je pouvais m'attendre, j'ai aussi émaillé une tasse, car je voulais voir ce que le tenmoku allait faire sur des arrêts. Effectivement, sur les arêtes il produit un marron claire, un peu rougeâtre.


Les trois autres tuiles sont des tests d'une nouvelle recette.


La recette de base est sur la tuile de gauche. Ensuite sur cette base j'ai rajouté l'oxyde de cuivre pour obtenir le vert et de l'oxyde de cobalt pour faire le bleu. J'ai rajouté trop de cobalt; le bleu est plus foncé que je ne l'aurais voulu.

Faire ses propres émaux n'est pas difficile, à condition de suivre une recette. J'ai plusieurs livres avec des recettes plus ou moins compliquées et on trouve également toutes sortes de recettes en ligne. Il faut faire attention au type de cuisson associé à l'émail, car les résultats sont différents selon la température et le type de cuisson (oxydation/réduction). Souvent les recettes qu'on trouve en ligne sont en anglais, et la température est donné selon le cône pyrométrique. Mes cuissons en four électrique (oxydation, donc) montent à 1250°, ce qui correspond à cône 9.

Cette fois-ci, je suis partie d'une recette toute simple pour un émail transparent. J'ai trouvé la recette "Clear Gloss" sur le site de Ceramics Today:

Feldspath potassique     44
Carbonate de chaux      18
Kaolin                            10
Silice                              28
Cuisson à 1250°, en oxydation ou réduction
pour un vert clair : +1.2 d'oxyde de cuivre
pour un bleu foncé : +1 d'oxyde de cobalt

Les chiffres sont en fait des pourcentages, mais souvent ce n'est pas noté de cette façon dans les recettes. En gros, si vous voulez un kilo d'émail (avant de rajouter l'eau), vous allez utiliser 440g de feldspath potassique, 180g de carbonate de chaux, etc. Quand on rajoute des colorants, on les rajoute sur la totalité de la recette principale. C'est à dire, si je fais du vert, je rajoute 12g d'oxyde de cuivre au kilo. Oui, ça fait plus de 100% à la fin :-}

Le résultat de cette recette est l'échantillon transparent dans la photo; le résultat est plutôt blanc là où j'ai mis deux couches sur la tuile. Si je voulais absolument un transparent parfait, je passerais du temps à perfectionner cette recette afin d'éliminer le blanc.

Pour l'instant, je n'entame pas cette recherche, car l'amélioration d'une recette est plus difficile que le simple fait de la suivre. J'ai fait deux kilos de vert et de bleu, et je vais passer un peu de temps à émailler le stock qui commence à prendre de la place dans mon atelier. Après cuisson, j'ouvrirai la couvercle du four avec une profonde satisfaction : Quand on mange des cookies du magasin, c'est bon. Mais quand on les fait maison, c'est mieux. C'est pareil avec les émaux.

dimanche 28 juillet 2013

Déformations

A. m'a amenée à la campagne urbaine.



Ça nous a permis d'entretenir nos bronzages d'Hawaii. Dans un champ de trèfles, j'ai regardé des abeilles qui travaillaient dur. Ce faisant, je me suis endormie.

Avant de partir en balade, j'ai entamé le Shigaraki noir que A.I. m'a ramené du Japon. Lors de son dernier voyage, il m'a encore ramené plein de choses magiques : plusieurs sortes de Shigaraki (noir, rouge, blanc), des émaux (temoku, rouge), et de l'engobe.

Ça peut sembler contradictoire, mais je continue à avoir à la fois l'impression de faire toujours la même chose et de ne jamais développer un style. Du coup, avant de me lancer avec la terre venue de si loin, j'avais besoin de réfléchir sur ce que j'allais produire.

J'ai commencé avec des bols à thé. Et afin d'éviter la reproduction des formes déjà explorées, j'ai joué avec la déformation de l'objet. Quand je regarde les bols à thé faits par d'autres potiers, les plus agréables (de mon point de vue) sont ceux qui sont imparfaits. Mais l'imperfection est un sujet difficile. Les déformations et les couleurs aléatoires produites dans les fours à bois sont celles qui me plaisent le plus. N'ayant pas de four à bois, je me demande parfois si c'est la forme qui me plait, ou le résultat de la cuisson : même si le potier y contribue, les objets sont des ressortissant des flammes, des produits naturels.

Je me suis contentée de déformer les bols. J'espère que l'émaillage mettra en valeur les courbes ! Pour déformer un bol, il suffit de faire des traces de doigt à l'intérieur ou bien à l'extérieur du bol. Ensuite, je fais tourner la girelle et je remets le bord du bol en forme. Je trouve qu'un bord régulier rend la déformation plus subtile.  Avant le tournassage, le bol déformé est lourd et moche. Au tournassage, le pied de l'objet ressort : il était caché dans la matière depuis le début. Si le bol de base est bien centré, le bord et le pied après déformation ressortent dans tout leur rondeur parfaite. Je ne peux pas m’empêcher de penser que ça fait la différence entre un bol qui est simplement déformé et un bol qui est déformé exprès.

 



Euh, mais, c'est irrégulier de toute façon, c'est quoi cette histoire ?

Peut être qu'un bol déformé sera plus agréable en main une fois cuit, émaillé, recuit, et rempli de thé. Peut être qu'un bol déformé fera mieux semblant d'être un rocher.
Un rocher au bord du lac ....
Un rocher avec un peu d'eau limpide dans une dépression.
Vous y serez transporté en une gorgée.*

*J'entends la voix de A. me disant, "boire de l'eau sans la purifier ?! Ils vont finir par avoir des parasites !"  

samedi 13 juillet 2013

Récoltes

En juin, j'avais peur que mes plantes se noient dans la baignoire qui me sert de "jardin." (J'ai récupéré une baignoire pour la remplir de terreau, et je vous conseille de faire pareil si vous habitez en ville et si vous avez une cour ensoleillée.) Depuis une semaine, je suis contente d'avoir un nouveau problème : il faut arroser !

J'ai eu une première récolte de mange-touts
 et de radis.
 J'attends la deuxième récolte des deux.

Quand je sème les graines de radis, j'en mets trop, ce qui permet de faire une première récolte de pousses de radis. Du pain frais, du beurre (salé, si vous plait) et les jeunes pousses de radis.... trop bon ! 


Dans la cour, l'avocat de S. a non seulement survécu à l'hiver, mais maintenant il domine le "jardin."


Je croyais que mes tomates cerises n'avaient pas poussé, mais en fait si. Aujourd'hui je les ai découvert sous une voûte de fleurs. Les fleurs sauvages et la menthe n'étaient pas trop dérangées par le printemps pluvieux.


Quelle chance d'avoir un mini jardin en ville ! Quand j'aurai fini de partager mes nouvelles avec vous, je vais m'y planquer avec mon livre. Ou avec un seau d'email à mélanger, tiens.

Coté atelier, mes élèves font des objets de plus en plus ravissants.

Voici une tasse de F. Superbe, non?


Et moi qui aime surtout l'utilitaire, je suis en train de créer une série de petites têtes. Non, je ne sais pas d'où cette idée est venue.



Elles ne sont pas ce qu'on pourrait appeler réussies, mais au moins les animaux sont mieux que les humains que je ne vous montre même pas !

J'attends une livraison de Solargil, et j'ai (enfin) des projets d'émaux. Je vais essayer de fabriquer un tenmoku et un bleu qui me plait plus que mes bleus actuels.

Même avec la meilleure recette d'émail du monde, on ne dépassera jamais la Nature, toujours surprenante. L'autre jour en plein centre ville, elle m'a présenté cette libellule :

Viens te reposer dans mon jardin, ma belle.

dimanche 2 juin 2013

Kauai - Paris, 7419 miles

Nous sommes rentrés de vacances il y a.... mince, ça fait déjà deux semaines ! Nous sommes toujours un peu bronzés. Ça fait du bien d'avoir de nouveau des tâches de rousseur.

Nous avons passés environ une semaine sur Kauaï et une semaine sur Mauï, deux des îles qui composent l'Etat de Hawaii.

Paris : 7419 miles - youpie !

En gros, les îles sont des volcans. Kauaï est composé d'un seul pic, et Mauï de deux, reliés par un champ de lave qui est aujourd'hui un vaste champ de canne à sucre. Les nuages arrivent sur les îles et sont bloquées par les pics; du coup elles déversent toute leur pluie sur une face de la montagne, et l'autre côté reste sèche. Le résultat est une suite de micro-climats qui permet de se faire cramer à la plage ou de se balader dans une forêt blindée de plantes tropicales sans faire trop de route entre les deux.

Kaui (à gauche) & Maui (à droite)

En parlant de route : sur chaque île, les montagnes sont encerclées d'une route principale. Sur Kauaï, comme il n'y a qu'une seule montagne, il n'y a qu'une seule route. Sur la côté ouest, la face de la montagne est trop raide et la route s'arrête tout simplement. Sur Mauï la route entoure bien chaque montagne, mais il y a des endroits sans goudron et peu fréquentés. Le genre d'endroit qu'on aime bien.

On a profité d'innombrables plages spectaculaires.

Certaines sont couvertes de sable blanc,

 d'autres de sable noir ou rouge
certaines sont longues, d'autres petits baies, parfois on tombait sur des vagues, parfois non.

Souvent et surtout sous la pluie la plage était désertée. Nager sous la pluie, c'est top !

À plusieurs plages on peut faire de la plongée. Je m'attendais à plus de corail. Mais en général les récifs sur les plages étaient rocheuses ou bien composées de coraux morts. Je ne sais pas si les coraux sont morts avec l'activité humaine ou bien avec le passage des tempêtes. En tout cas, mêmes les endroits sans coraux sont recouverts d'algues ou autres plantes/animaux aquatiques et l'habitat est partagé par de nombreuses espèces de poissons. On se faisait plaisir à en découvrir de nouvelles sur chaque récif différent. Les récifs sont souvent des réserves naturelles où la pêche est interdite. Du coup les poissons sont souvent très grands et ne se méfient pas des plongeurs.

J'ai eu la chance de voir trois tortues, dont une avec lequel j'avais l'impression d'avoir un échange personnel : en nageant entre quelques rochers, j'étais surprise par une grosse tortue à moins d'un mètre, mais l’œil ancien de la tortue m'a fixé également avec étonnement :"Encore un de ces humains !" Elle est montée à la surface pour respirer, et ensuite elle s'est débarrassée de mon regard en plongeant sous un roche.

De temps en temps, il fallait sortir de l'eau pour manger.

Mmm, fish tacos.

De plage en plage nous avons fait le tour des îles. Il y avait des endroits très luxuriant, des forêts où la pluie abondante encourage la croissance de grands arbres, de gigantesque vignes à feuilles énormes, et des fleurs charnues rouges.
Oui, c'est la mer qu'on voit derrière

 Sur Mauï, d’innombrables chutes d'eau 

Des forêts entières de bambou !

Et qui dit végétation dit limace ! Super mignon, non ?
Merci A., pour l'animation !

Du côté sec des îles, il y a moins de végétation, ou (sur Mauï) carrément des étendues de lave trop récentes  (15e siècle) pour y avoir beaucoup de plantes.


Il faisait chaud, pas plus froid qu'environ 20°. On a eu froid qu'une seule fois : sur Mauï quand on s'est levés très tôt pour assister au lever de soleil sur la crête de la montagne (Haleakala).

Brr... il faisait 2°... mais c'était spectaculaire !

Et en descendant, on avait des belles vues
 sur les cônes volcaniques, souvenir des dernières éruptions.

Bon, là vous avez une idée de la géographie. Je suis tentée de continuer avec une description de la bouffe, des animaux qu'on a vu, des gens sympathiques qu'on a rencontrés, des petit-déjs (woops, c'est encore de la bouffe)... mais je pense que vous êtes déjà assez jaloux comme ça, non?

Ah, mais je n'ai pas parlé du potier...bon, ça sera pour la prochaine fois !